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	<title>Institut Neo Socratique</title>
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	<description>Le site de l&#039;Institut Neo Socratique</description>
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		<title>6ème conférence: L&#8217;idéologie de justification de l&#8217;oligarchie</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 20:56:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
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6ème conférence : L’idéologie de justification de l’oligarchie
 Les oligarques qui règnent sur le « Gestell », et qui ne poursuivent d’autre objectif que la puissance pour la puissance, sont bien obligés de trouver une justification de leur pouvoir. C’est là, selon Heidegger, le rôle des « idées » et des « valeurs » affirmées de façon subjective et arbitraire car elles n’ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p align="center"><strong>6<sup>ème</sup> conférence : L’idéologie de justification de l’oligarchi</strong>e</p>
<p align="center"> Les oligarques qui règnent sur le « Gestell », et qui ne poursuivent d’autre objectif que la puissance pour la puissance, sont bien obligés de trouver une justification de leur pouvoir. C’est là, selon Heidegger, le rôle des « idées » et des « valeurs » affirmées de façon subjective et arbitraire car elles n’ont pas de fondement dans l’être.</p>
<p> Le Gestell ou « dispositif utilitaire » a remplacé ce monde dans lequel nous habitions par un im-monde fondé sur 4 idoles : l’ego, l’argent, la masse et la technique. Cela donne le schéma ci-dessous :</p>
<p align="center">Argent</p>
<p align="center">↑</p>
<p>                                                                                             Ego  ←  im-monde    → Masse</p>
<p align="center">↓</p>
<p align="center">Technique</p>
<ol>
<li>
<div> Les hommes font de ces quatre choses (l’ego, l’argent, les masses, la technique) des idoles. Mais les hommes du dispositif utilitaire (nos contemporains tombés dans l’oubli de l’être) ne sont pas conscients véritablement d’avoir adopté ces quatre idoles. Il est vrai qu’ils méditent peu et se consacrent à poursuivre les idoles sans réfléchir au sens de leur vie. Le dispositif utilitaire fait tout par ailleurs pour empêcher cette prise de conscience. <strong>Les quatre idoles sont donc masquées par un habillage idéologique qui a pour but de faire perdre au citoyen la conscience de son être véritable afin qu’il soit une véritable « matière première » pour l’économie etla politique : consommateur ou électeur interchangeable.</strong></div>
</li>
</ol>
<p> L’habillage (les soi-disant « valeurs ») qui permet de justifier le pouvoir des oligarques qui gouvernent l’Occident correspond au schéma ci-dessous :</p>
<p> </p>
<p align="center"> Egalitarisme</p>
<p align="center">↑</p>
<p>                                                      Droits de l’hommisme  ← justification →  gouvernance dite démocratique</p>
<p align="center">↓</p>
<p align="center">Progrès</p>
<p align="center"> Nous touchons là aux dogmes « sacrés » de notre société dite laïque et moderne qui s’identifie au dispositif utilitaire.</p>
<p> <strong>1/ L’idéologie du « progrès »</strong></p>
<p><strong> </strong>Quoi de plus « sacré » pour le monde actuel que le « progrès » fondé sur les techniques et les sciences ? On a oublié la prédiction de Nietzsche juste avant les deux guerres mondiales et la terreur des totalitarismes : « un monde de barbarie s’avance et la science se mettra à son service ». Les communistes notamment étaient persuadés d’avoir une vision « scientifique » de l’histoire et de la politique. Que leur « science » soit fausse ne change rien au fait qu’ils en aient fait une idole.</p>
<p><span id="more-158"></span></p>
<p> Nietzsche a donné un nom à l’attitude du « dernier homme », « l’homme qui ne sait plus se mépriser lui-même » (pour être capable d’aller vers un idéal supérieur) : cligner de l’œil (blinzeln). Dans « Ainsi parlait Zarathoustra », Il leur fait dire ceci :</p>
<p> </p>
<p>« Amour, étoile, création, qu’est-ce cela ? Disent les derniers hommes et ils clignent de l’œil. (..) Nous avons inventé le bonheur ! Disent les derniers hommes. (..) pas de chef et un seul troupeau. Tous veulent la même chose et tous sont égaux. Qui n’est pas d’accord ira à la maison des fous. Autrefois, tout le monde était fou ! Disent les derniers hommes et ils clignent de l’œil ! »</p>
<p> </p>
<p>Ce texte est d’une grande richesse. Le dernier homme proclame la mort de tous les idéaux (amour, étoile, création, etc…) qui sont remplacés par celui du bonheur stérile. Ce bonheur de consommateur est garanti à tout le monde dans le mythe de l’égalité de tous. Les grands magasins remplacent les cathédrales car ils sont la « cause finale » du système. Tout est fait dans le but ultime de la consommation. Le progrès est le socle de cette idéologie mais sa morale est celle de l’égalitarisme. Cette idéologie est en fait totalitaire. Qui n’est pas « politiquement correct » ira dans la maison des fous. En URSS, cela se passait effectivement ainsi. En Occident, la coercition prend une autre forme : l’exclusion de l’espace public et notamment du champ des medias. Le grand dissident anti communiste Soljenitsyne avait bien vu cela lorsqu’il avait dit : en URSS  règne la censure. En Occident, vous pouvez parler mais cela ne sert à rien.</p>
<p> </p>
<p>A cela se surajoute une autre caractéristique : la dévaluation du passé : « autrefois, tout le monde était fou, disent les derniers hommes et ils clignent de l’œil ». En effet, l’idéologie du « Gestell » est l’utilitarisme de la volonté de puissance. Or, la volonté ne peut rien contre le passé. Elle veut donc se venger de celui-ci. D’où une œuvre de destruction qui porte en politique le nom de « révolution ». C’est toujours au nom du progrès que l’on fait des révolutions ! C’est pourquoi Heidegger explique que pour Nietzsche, la possibilité d’aller vers le surhomme et de quitter la décadence des derniers hommes passe par la libération de l’esprit de vengeance. C’est l’esprit de vengeance qui en sous-main inspire le monde actuel : vengeance contre le passé et vengeance sous la forme de l’égalitarisme autoritaire.</p>
<p> </p>
<p>On comprend mieux alors ce qui se passe aujourd’hui. On n’apprend plus l’histoire aux nouvelles générations. Lorsqu’on l’apprend, c’est pour célébrer l’idéologie de la repentance. Soit on occulte le passé, soit on le déforme ; ainsi la vengeance contre le passé est réalisée. Cette vengeance a aussi un avantage supplémentaire. L’identité est fondée sur la mémoire. En détruisant la mémoire d’un peuple, on détruit son identité. C’est en quelque sorte, un génocide spirituel.</p>
<p> </p>
<p>On fait en réalité mieux que simplement détruire (zerstören). Il y a pire que la destruction, c’est la déshérence (Verwüstung), la création d’un désert (Wüste).</p>
<p> </p>
<p>Selon Heidegger, dans “Was heisst Denken ?” (qu’appelle-t-on penser?) : “la destruction n’élimine que ce qui s’est développé ou a été construit dans le passé. La déshérence (désertification : Verwüstung) empêche toute croissance ou toute construction future. C’est bien pire. (..) La désertification de la terre peut aller de pair avec un haut niveau de vie et l’organisation d’un bonheur égalitaire pour tous. De plus, elle est un processus inconscient, elle se cache. La déshérence ou désertification est en son essence l’expulsion de la mémoire. »</p>
<p> </p>
<p>Lorsque la mémoire est morte, l’identité se dissout et il n’est plus possible de reconstruire ce qui a disparu. Or, il est nécessaire pour le « Gestell », l’arraisonnement utilitaire, que les hommes soient réduits à l’état de la plus importante des matières premières. Or, pour être le plus facilement utilisable, la matière première doit être composée d’éléments interchangeables. Il faut donc que les hommes perdent toute forme d’identité, notamment nationale, qui pourrait gêner ce caractère interchangeable. C’est ici qu’intervient l’égalitarisme, comme justification de ce processus de dissolution des identités.</p>
<p> </p>
<p><strong>2/ L’idéologie égalitaire</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>L’idéologie du progrès était le socle. L’idéologie égalitaire est l’éthique, si l’on peut dire que l’oligarchie met en avant pour justifier son pouvoir. L’oligarchie ne prétend pas qu’apporter le bien être (idéologie du progrès) mais elle prétend l’accorder à tous, de façon le plus semblable possible. Sur ce sujet aussi, c’est sans doute Nietzsche qui a vu le plus clair. Il appelle les prêtres de l’égalitarisme, « les tarentules », c’est-à-dire des araignées venimeuses animées par l’esprit d’envie, de jalousie et de vengeance.</p>
<p> </p>
<p>L’idéologie de l’égalitarisme cherche à se donner un aspect scientifique à l’aide des statistiques. Il s’agit de débusquer les « inégalités » pour mettre en place la « parité » (hommes-femmes), l’égalité des droits (des homosexuels par exemple) et la discrimination positive (privilèges accordés aux minorités ethniques). Ces politiques aboutissent à détruire les principes généraux du droit sur lesquels se fondent nos libertés.</p>
<p> </p>
<p>J’ai eu autrefois une conversation intéressante à ce sujet avec le professeur Milton Friedman, prix Nobel d’économie, aujourd’hui décédé. Il me disait : « je vous plains d’habiter en France, dans un pays où des lois briment la liberté d’expression. » Je lui disais qu’il n’y avait pas que les lois et mais une pratique des medias qui revient à la censure. Mais il précisait : « je suis juif. En tant qu’attaché aux libertés, j’affirme qu’on a le droit de ne pas aimer les juifs, ou les chrétiens, ou toute sorte de catégorie d’homme. Mais le code pénal suffit à me protéger et je suis contre les lois qui protègent des catégories particulières. Il suffit que l’opinion change pour que ces lois s’inversent et c’est dangereux. Je lui répondis de dire cela sur les medias français. « Ah non ! me dit-il ; j’aime venir en France et si je fais cela, je ne serai plus invité ! »</p>
<p> </p>
<p>L’égalitarisme se retourne contre l’égalité des droits, base de notre système juridique. Il se retourne notamment contre les libertés économiques. Car la liberté débouche nécessairement sur des inégalités dues à l’efficacité différente des uns et des autres. Il serait intéressant de connaître combien nous perdons en points de croissance économique chaque année à cause du fisc et des règlementations égalitaires. Le prix Nobel d’économie Friedrich von Hayek disait que cet égalitarisme n’est pas d’origine populaire. Les pays qui ont la démocratie directe comme la Suisse et les USA  ne sont pas particulièrement égalitaristes. C’est le système combiné des lobbies politiques, culturels et syndicaux qui propage l’égalitarisme en flattant leurs clientèles particulières.</p>
<p> </p>
<p>A la limite, l’égalitarisme peut devenir meurtrier : on se souvient du slogan des Babouvistes sous la Révolution française : « les p’tits, on les mettra sur l’escabeau, les grands, on leur coup’ra l’ciboulot ! Y faut qy’tout l’monde y soient égaux ! Les mêmes disaient : périssent les sciences et les arts pourvu que nous ayons l’égalité réelle ! » En fait, l’égalitarisme se pare de sentimentalisme égalitaire, alors que né de la haine, à travers la jalousie et la vengeance, il conduit toujours à la destruction.</p>
<p> </p>
<p>Il y a dans « Essais et Conférences » de Heidegger un passage intéressant sur l’identité (das Selbe ; le même) et l’égalité (das Gleiche). L’identité rassemble à travers les différences, donc respecte les libertés. L’égalité disperse dans une égalité fade qui n’accepte pas les différences. C’est pourquoi le principe d’identité doit avoir la primeur sur le principe d’égalité. On en est loin !</p>
<p> </p>
<p><strong>3/ L’idéologie « droit-de-l’hommiste »          </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Hayek a raison de se méfier de l’expression « droits de l’homme ». Il préfère la formule des « libertés fondamentales » qui, elle, n’est pas ambiguë. Les droits de l’homme peuvent être en effet de 2 natures. Soit il s’agit de liberté, soit il s’agit d’un droit de créance sur la société : droit au travail, droit à un logement, etc.. Dans le deuxième cas, c’est un  prétexte pour une intervention toujours plus grande de l’Etat et pour une restriction des libertés.</p>
<p> </p>
<p>Je me souviens d’un fait divers dans les journaux. Une dame très âgée avait été condamnée sévèrement par un tribunal parce qu’elle avait publié une petite annonce pour avoir une dame de compagnie de race blanche et de religion catholique. Il avait été jugé que c’était discriminatoire et raciste alors que cette pauvre femme voulait juste être entourée par quelqu’un qui lui ressemble avec qui elle aurait des affinités. On voit ici comment la « bonne intention » humanitaire se révèle psychologiquement inhumaine. Heidegger dit que la patrie, c’est un lieu où les visages vous sont familiers. Il est certain que le métro de Paris ne correspond plus à cette définition depuis longtemps !</p>
<p> </p>
<p>Au nom des droits de l’homme, on vient à contester le droit pour un Etat à défendre ses frontières contre les immigrés clandestins. Je lis dans « le Monde » (13 février 2010) ce titre : « le gouvernement veut restreindre les droits des sans papiers » (sic !). Or, la notion de « sans-papiers » n’a aucun sens et a été inventée par la propagande d’extrême gauche pour minimiser le délit des personnes qui franchissent la frontière sans en avoir le droit. L’expression « les droits des sans papiers » est tout-à-fait surréaliste. C’est un bon exemple du droit-de-l’hommisme qui se retourne contre le droit. Car en définitive, qui sont les victimes du franchissement illégal des frontières ? Ceux qui violent la frontière ou les citoyens contribuables sommés de payer des impôts pour entretenir ces fameux sans papiers ? On renverse ainsi la situation : l’innocent voire la victime devient coupable et le délinquant devient une victime qui devient l’objet de la sollicitude médiatique ! Staline, qui parlait souvent de droit de l’homme et a signé sans vergogne la charte universelle des droits de l’homme de l’ONU  savait ce qu’il faisait. Les droits de l’homme sont instrumentalisés à des fins politiques variées, ce qui n’est pas le cas des « libertés fondamentales ».</p>
<p> </p>
<p>De plus, l’expression des « droits » permet de passer sous silence les « devoirs ». Enfin, les droits de l’homme servent surtout à justifier tous les caprices de l’ego de l’individu et c’est en cela qu’ils sont affirmés comme « les valeurs suprêmes ». Derrière les droits de l’homme se tient une conception essentiellement animale de la nature humaine.</p>
<p> </p>
<p>Heidegger a bien vu que l’homme, dans notre Occident actuel, est conçu comme « animal rationnel ». Il doit se servir de sa raison pour s’émanciper des traditions, des préjugés, des disciplines sociales afin de pouvoir satisfaire au mieux sa nature animale. Cette conception rabaisse toujours l’homme à sa dimension biologique et permet de s’opposer à la culture et à ses contraintes comme l’a bien vu Arnold Gehlen. Cette conception de l’homme que Heidegger appelle métaphysique, fait bon marché de la nature affective de l’homme doublement sacrifiée à la raison et aux instincts. L’alliance de la raison et des instincts produit un retour à la sauvagerie que nous constatons aujourd’hui.</p>
<p> </p>
<p>Pourquoi le nombre de  crimes et de délits en France est-il passé de 1,5  million en 1968  à 4,5 millions aujourd’hui, sinon que l’enracinement des individus dans les traditions morales et spirituelles s’est largement effondré. Les droits de l’homme sont un mélange douteux entre les libertés fondamentales, lesquelles sont bien sûr indispensables, et les droits des mafieux et de tous ceux qui parasitent le corps social. Parmi ces derniers, certains ne sont pas du tout en bas de l’échelle sociale mais au sommet !</p>
<p> </p>
<p>Toute l’ambigüité est dans le mot « homme ». Qu’entend-on par là ?  Dans le système du Gestell, l’homme est à la fois conçu comme animal rationnel et comme la plus importante des matières premières. Cette conception détruit en l’homme son humanité même.</p>
<p> </p>
<p>Comme l’écrit Heidegger dans sa « Lettre sur l’Humanisme »<a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftn1">[1]</a>,  « reste à se demander si l’essence de l’homme, d’un point de vue originel et qui décide par avance de tout, repose dans la dimension de l’animalitas ». Le fait d’ajouter que l’homme a la raison ne change rien à cet essentiel. « par là, l’essence de l’homme est appréciée trop pauvrement (..) La métaphysique pense l’homme à partir de l’animalitas, elle ne pense pas en direction de son humanitas. ».</p>
<p> </p>
<p>La spécificité de l’homme est dans son existence, cette façon d’être qui lui permet de recevoir conscience de l’être et d’édifier un monde. Un prêtre dans son Eglise a accès au sens de l’être de cette Eglise, lequel en l’occurrence est religieux. Il n’y a rien d’animal ici. Pour Heidegger, le vrai humanisme est « l’humanisme qui pense l’humanité de l’homme à partir de la proximité de l’être<a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftn2">[2]</a> . L’homme n’a pas simplement une vie biologique. Il a aussi une existence. Cette existence consiste à « habiter » le monde. Cet habitat est une patrie. Le Gestell prive l’homme de patrie.</p>
<p> </p>
<p>L’homme comme existant a besoin que l’on respecte ses libertés fondamentales. Mais la notion de « droit de l’homme » reste à la fois unilatérale et floue. Unilatéral car il ne peut y avoir de droits sans devoirs, flou car on ne sait jamais si à travers cette expression, on parle de libertés ou de droits de créance sur la société. En pratique, la notion de droits de l’homme sert d’arme contre l’Etat et contre la société pour satisfaire les caprices de l’ego devenu une véritable idole.</p>
<p> </p>
<p><strong>4/ L’idéologie de la « gouvernance démocratique ».</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Les oligarques au pouvoir se sentent légitimés : ils sont les artisans du progrès et jouent ainsi de l’espérance humaine en un plus grand bien-être matériel. Ils sont les chantres de l’égalité et s’appuient sur les forces au combien grandes de l’envie et de la jalousie. Ils obéissent aux « droit-de-l’hommisme » et ainsi confirment à chaque individu son droit à affirmer tous les caprices de son ego. Les registres combiné de l’espoir, de l’envie et du caprice constituent une grande force émotionnelle propre à faire accepter le pouvoir régnant.</p>
<p> </p>
<p>Mais les oligarques ont besoin aussi d’une légitimation spécifiquement politique, à savoir qu’ils sont là par la volonté des gouvernés. L’Occident affirme sa légitimité face aux dictatures ou aux régimes totalitaires qui lui sont autant de faire valoir.</p>
<p> </p>
<p>Le problème est que le sentiment de légitimité s’affaiblit au sein du peuple. Les sondages montrent que la confiance dans les institutions politiques majeures (gouvernement et parlement) est de l’ordre de 40% (c’est pareil pour les medias).A titre de comparaison, la confiance des Français dans la police, l’armée ou le système de santé est de l’ordre de 80%. <a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftn3">[3]</a></p>
<p> </p>
<p>La force de l’Occident est dans sa science, sa technique, son économie sans doute mais pas spécialement dans ses institutions politiques. Le politique, le religieux, l’art sont des secteurs en crise à l’heure de l’arraisonnement utilitaire fondé sur l’essence non pensée de la technique.</p>
<p> </p>
<p>Officiellement, nous vivons en démocratie. C’est partiellement exact. La classe politique a verrouillé les mécanismes électoraux. En réalité, les citoyens ne peuvent voter que pour les candidats présélectionnés par les partis politiques. Or, les comités d’investitures des partis choisissent des candidats médiocres le plus souvent pour être sûrs de pouvoir bien les contrôler.</p>
<p> </p>
<p>Les parlements ont perdu dans les faits leurs pouvoirs essentiels. La fonction de rédiger les lois appartient principalement au pouvoir exécutif. Le deuxième pouvoir du parlement, contrôler le gouvernement, ne fonctionne pas vraiment car la majorité parlementaire est asservie à l’exécutif et l’opposition est sans pouvoir car minoritaire. Ceux qui voudraient contrôler ne le peuvent pas et ceux qui le peuvent ne le veulent pas, comme dit le grand juriste allemand, Hans Herbert von Arnim.</p>
<p> </p>
<p>Les gouvernants ont le sentiment qu’ils ont le monopole de l’expertise et qu’à ce titre, ils doivent avoir les coudées franches. Le concept de « gouvernance démocratique » consiste à insister plus sur la gouvernance que sur la démocratie. Cette gouvernance est fondée sur deux types de technicité, celle des « experts » et celle des conseiller en communication. Dans les deux cas, c’est le conformisme de la pensée qui règne (un expert est payé pour dire ce qu’on veut qu’il dise).</p>
<p> </p>
<p>Les citoyens sont réputés incompétents voire dangereux. S’ils expriment des idées politiquement incorrectes, ils sont traités de « populistes ». Le populisme, c’est la démocratie qui défend des idées différentes des vôtres.</p>
<p> </p>
<p>Pourtant, les expériences de démocratie directe sur 150 ans aux USA et en Suisse ont été concluantes. Par exemple, une étude universitaire des professeurs Feld et Kirchgässner a prouvé que dans ces pays, les impôts et les dépenses publiques sont 30% plus faibles qu’avec un régime purement parlementaire  pour des qualités de service publics équivalents.</p>
<p> </p>
<p>La raison pour laquelle les décisions prises à la base sont de meilleures qualité a été bien expliquée par le sociologue Arnold Gehlen <a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftn4">[4]</a>(qui complète l’argument d’Aristote dans sa « politique »). Les hommes prennent leurs décisions sur la base de deux grandes sources d’information : l’information mimétique et l’information expérimentale. L’information mimétique consiste à avoir foi en les autres et à répéter ce qu’ils affirment. La plupart du temps, on est bien obligé de s’y soumettre, faute de source directe d’information. Les opinions forgées par la lecture des journaux relèvent de cette catégorie. L’information expérimentale est celle qui a été vécue en direct.</p>
<p> </p>
<p>Prenons un exemple politiquement incorrect. Un citoyen peut entendre à la télévision que l’immigration est « une chance pour la France », qu’elle promeut une diversité bénéfique sans aucun inconvénient en contrepartie. Mais si ce citoyen vit dans un quartier envahi par des immigrés d’une culture toute autre à la sienne, que si beaucoup d’entre eux deviennent des délinquants suite à leur déracinement, il jugera que cette immigration massive et anarchique est une véritable catastrophe. L’information venue du vécu, c’est-à-dire l’information expérimentale aura plus de poids à ses yeux que l’information mimétique débitée par la télévision.</p>
<p> </p>
<p>La gouvernance dite démocratique qui en réalité est technocratique et oligarchique, prend rarement en compte l’information expérimentale et avance donc aveuglément sur la base de la seule information mimétique. Celle-ci peut constituer un écran qui sépare de la réalité. Les gouvernants surinformés sont en réalité sur-désinformés mais ils sont persuadés du contraire.</p>
<p> </p>
<p>Un mot sur la technocratie  ou « gouvernement des experts ». La technocratie voit les problèmes à travers le prisme de sa vision juridique et budgétaire des choses. Pour parler comme Aristote, elle ne s’intéresse qu’aux causes matérielles et formelles des phénomènes. Elle ignore les causes motrices et finales.</p>
<p> </p>
<p>Reprenons notre exemple de l’immigration. Admettons que des émeutes se produisent dans un quartier à forte densité d’immigrés d’Afrique (du Nord ou subsaharienne). Le technocrate va dire : pour que cela ne se reproduise pas, il faut dépenser beaucoup d’argent pour augmenter le nombre des policiers, réhabiliter les immeubles dégradés et créer éventuellement des emplois. Le technocrate s’attaque à la cause matérielle de l’émeute avec des moyens matériels. Puis il va aussi dire : la loi ne permet pas de réprimer correctement les émeutiers mineurs, et il proposera de changer la loi. Là, il s’attaque à la cause formelle et répond par des moyens formels, c’est-à-dire juridique.</p>
<p> </p>
<p>On observera que la cause motrice de l’émeute (un certain type d’hommes déracinés) n’est pas traitée. Elle n’est pas traitée par incompétence car le technocrate n’a été formé qu’au droit et à l’économie, pas à l’ethnologie et aux sciences humaines. Pire encore, il fermera les yeux sur cet aspect des choses pour ne pas être accusé d’avoir une approche « raciste » ! Dans le système régnant du Gestell, l’homme est toujours vu comme une matière première interchangeable de l’économie. Toute autre vision de l’homme est bannie. Seule la vision d’hommes interchangeables et « égaux » est admise, c’est-à-dire que l’on se refuse à voir les hommes dans leur réalité humaine. Le comble est que cette vision in-humaine au sens propre est considérée comme la seule qui soit humaniste. Voir les hommes dans l’essence qui vient de leur provenance donc de leur être est considéré comme « raciste », ce qui relève de l’imposture la plus totale. Une telle vision permettrait pourtant de s’attaquer au problème réel du déracinement et d’envisager de modifier l’urbanisme et d’organiser le retour au pays des populations non intégrées.</p>
<p> </p>
<p>Reste la cause finale à laquelle le technocrate est aveugle. Si des populations nombreuses se sont entassées anarchiquement dans ce quartier, c’est parce que la politique suivie consiste à voir les hommes comme de simples matières premières. On n’empêche pas les matières premières de circuler ! C’est le système économique et social, libre échange de la main d’oeuvre et prestations sociales garanties qui crée l’appel d’air à l’origine de l’immigration. Si l’on voulait bien considérer la France, non comme simplement une société de consommateurs et de producteurs mais comme une Nation habitant une patrie, la politique prendrait un tout autre cours. On ferait passer l’impératif d’identité nationale avant les impératifs utilitaires des hommes conçus comme de simples agents économiques. La cause finale de l’anarchie des migrations qui a rendu le quartier ingérable est la vision de la France comme un territoire livré aux flux de consommation et de production, sans vision autre. Le technocrate, qui n’est pas un philosophe ignore évidemment totalement cette problématique.</p>
<p> </p>
<p>Par contre, le citoyen qui vit dans le quartier en cause, et qui dispose de l’information expérimentale, est mieux à même de faire le diagnostic de la situation. Il y a des chances qu’il prenne en compte intuitivement les quatre causes du phénomène. Mais faute d’une vraie pensée, il aura du mal à identifier les raisons profondes qui ont conduit à la situation qu’il connaît.</p>
<p> </p>
<p><strong>Conclusion :</strong> le Gestell secrète les armes idéologiques qui permettent à l’oligarchie régnante de justifier son pouvoir. Le progrès, l’égalité, les droits de l’homme, la gouvernance démocratique sont proclamés comme des « valeurs » suprêmes. Ces valeurs n’ont pas de fondements authentiques. Derrière le « progrès » il y a l’utilitarisme du Gestell qui détruit les racines, fait de l’homme une matière première privée de patrie. Derrière l’égalité, il y a la destruction des libertés, l’oppression et la diffusion d’un esprit de haine qui déchire le tissu social. Derrière les droits de l’homme, il y a la volonté de légitimer tous les caprices des ego quitte à menacer l’ordre public et l’Etat de droit lui-même. Derrière la gouvernance démocratique, il y a l’oligarchie et la volonté d’empêcher le peuple de participer vraiment au débat public, sous le prétexte d’étouffer le « populisme ».</p>
<p> </p>
<p>Il faut s’appuyer sur l’information expérimentale pour accomplir le tournant philosophique et politique permettant à l’homme, dans son essence, d’habiter une patrie, de retrouver sa liberté et de protéger la dignité de l’homme en restaurant le sacré et la justice.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p align="center">Yvan Blot</p>
<p> </p>
<hr size="1" /><a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftnref1">[1]</a> Martin Heidegger ; « Lettre sur l’Humanisme », Paris 1983, Aubier, p.55</p>
<p><a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftnref2">[2]</a> Ibidem, p. 111</p>
<p><a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftnref3">[3]</a> Chiffres tirés de Pierre Bréchon et Jean-François Tchernia : « La France à travers ses valeurs » ; Armand Colin 2009</p>
<p><a href="http://www.insoc.fr/wp-admin/#_ftnref4">[4]</a> Arnold Gehlen, « Anthropologie et psychologie sociale », Paris 1990, PUF</p>
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		<title>KOINON l&#8217;essence du communisme</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jan 2010 16:58:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
L’essence du communisme 
Présentation du texte « Koinon »
Le texte présenté ici du philosophe existentiel Heidegger de façon inédite en français est vraiment extraordinaire au sens plein du terme. Il s’intitule « Koinon » du mot grec qui veut dire  « communauté » Aucun autre texte, à notre connaissance, ne pénètre aussi profondément l’essence du régime communiste. Il montre comment le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p align="center"><strong>L’essence du communisme </strong></p>
<p align="center"><strong>Présentation du texte « Koinon »</strong></p>
<p align="center">Le texte présenté ici du philosophe existentiel Heidegger de façon inédite en français est vraiment extraordinaire au sens plein du terme. Il s’intitule « Koinon » du mot grec qui veut dire  « communauté » Aucun autre texte, à notre connaissance, ne pénètre aussi profondément l’essence du régime communiste. Il montre comment le communisme a pu naître de la démocratie, ce qui surprend toujours l’amateur d’histoire. Il montre les racines communes au totalitarisme et à la démocratie, ce qui a permis un jour à Heidegger de dire : l’Union soviétique et les Etats-Unis sont métaphysiquement semblables, formule qui dans un premier temps peut scandaliser.</p>
<p> Politiquement, sociologiquement, idéologiquement, l’URSS n’a jamais été semblable à l’Amérique et Heidegger le sait autant que nous. Mais métaphysiquement, il en est autrement. Qu’est ce que la métaphysique ? C’est la question qui porte sur l’être de tout ce qui existe (tout ce qui existe s’appelle « l’étant »). L’essence de l’histoire du monde moderne actuel, son être, est, selon Heidegger, la poursuite de la puissance pour la puissance dans un monde déserté par la Divinité. Dans ce monde, le « moi » est devenu l’idole suprême et la volonté de puissance du moi est donc ce qui est déterminant. Dans un tel monde, la politique, liée à la puissance prend un rôle envahissant.</p>
<p> La puissance ne tolère le monde (réduit à l’état d’objet) que s’il est utilisable pour elle. Il en est de même de l’homme. La mobilisation implique que tous soient interchangeables d’où l’importance de l’idéal égalitaire : il permet de détruire ce qui empêche les hommes d’être interchangeables : les identités nationales, religieuses, ethniques, voire familiales ou sexuelle (le différence entre l’homme et la femme) sont autant d’obstacles.</p>
<p> La politique prétend être l’incarnation suprême du destin des hommes, dans la mesure où elle est l’outil privilégié de la puissance. Cet état de chose est caché aux hommes à qui l’on fait croire que c’est le peuple qui est souverain. Comme l’écrit Heidegger : «  en réalité, la puissance n’est dans les mains de personne mais on prétend qu’elle est dans les mains de tous.</p>
<p>On croit naïvement que le dictateur totalitaire agit selon son bon plaisir : c’est faux. Il exécute les exigences de sa puissance. »</p>
<p> C’est ce qui explique que les relations entre les dirigeants communistes ne sont pas fraternelles, ce que prétend l’idéologie. Chacun craint la perte du pouvoir et la peur règne dans la nomenklatura. L’homme, y compris le chef, n’est que l’exécutant de la prise du pouvoir par l’être de l’étant qui est volonté de puissance pour la puissance.</p>
<p> D’où cette phrase terrible de Heidegger : « ce serait sous-estimer le communisme que de le concevoir comme un désir humain de vengeance, de bonheur ou de violence pure. La réalité est bien plus inquiétante car le communisme n’a en fait rien d’humain ». Toute résistance à la puissance doit être éliminée d’où la violence du régime : c’est la le fondement métaphysique de cette violence. Le discours idéologique masque l’essence de cette réalité. Or c’est un discours qui se veut « démocratique ». Le processus censé libéré l’homme mais qui en réalité assujettit l’homme à la puissance est celui de la « révolution ».</p>
<p> Le nazisme comme totalitarisme n’est pas différent du communisme sauf que l’idéologie de justification est différente. Il n’utilise pas le mot de « démocratie » mais trouve pourtant bien sa légitimité dans la volonté du peuple, d’où l’importance des plébiscites. D’ailleurs Hitler, à l’inverse des communistes soviétiques à l’issue de la Révolution de 1917, a été élu démocratiquement et il s’en flatte.</p>
<p> Là où les choses deviennent plus délicates, c’est que Heidegger montre que les démocraties occidentales ne sont pas indemnes face à cette machination de la puissance comme essence de l’histoire moderne. C’est tout l’Occident qui se fonde, même sans le savoir, sur une métaphysique qui fait du Sujet le centre du monde. Cela remonte à Descartes pour qui « je pense donc je suis ». Pour Heidegger, c’est parce que je suis d’abord, que je pense ensuite. L’être est primordial. La pensée humaine n’existe que parce qu’il y a de l’être.</p>
<p> La démocratie, bien sûr, se dit non totalitaire car pluraliste. Mais elle prétend incarner la moralité, au dessus même du droit naturel. L’acceptation d’un droit naturel est une limite imposée à la démocratie par une tradition chrétienne laïcisée.</p>
<p> Celle-ci ne connaît en principe d’autre autorité que la volonté du peuple. Comme l’écrit Heidegger : «  on fait comme si la puissance était dans les mains du peuple. Cette apparence est nécessaire au déploiement de la puissance politique. L’apparence politique est cultivée par les gouvernants comme par les gouvernés. » Ce mensonge est plus patent dans les dictatures dites « démocratiques » ou se réclamant du peuple (dictatures du  XXème siècle) que dans les démocraties mais il existe aussi dans celle-ci.</p>
<p> Les démocraties ne vont pas, contrairement au communisme jusqu’au bout de cette logique de la puissance. C’est pourquoi elles préservent certaines libertés. Mais leurs dirigeants sont soumis à la logique de la recherche de la puissance en soi, d’où la décadence des idéologies. La puissance en soi s’exprime plus par l’argent que par le pouvoir physique. L’acquisition de la puissance pour la puissance par l’argent nécessite la mobilisation des hommes dans des processus de massification : production de masse, consommation de masse, mass media. Le processus est très différent de celui du régime communiste mais on saisit bien les ressemblances déjà remarquées dans les années 1950-1960 par ce libéral lucide et sceptique qu’était Raymond Aron, à la suite de Tocqueville.</p>
<p> Dans un tel schéma métaphysique, le souci de l’homme est largement évacué. Non pas que l’on ne fasse pas « d’humanitaire », car l’humanitaire améliore l’image et conforte la puissance, mais l’homme est réduit à une matière première de l’économie, à une « ressource humaine » au service du « dispositif utilitaire » que Heidegger appelle le « Gestell ».</p>
<p> Le Gestell est ainsi structuré :      argent (relativisme des valeurs)</p>
<p align="center">↑</p>
<p align="center">               Idolâtrie du Moi    ← Gestell → massification des hommes</p>
<p align="center">↓</p>
<p align="center">Technique</p>
<p align="center"> </p>
<p>Heidegger ne veut pas dire que le moi, l’argent, la technique, la masse, sont sans importance mais que le moi s’est substitué à la Divinité, l’argent aux valeurs transcendantales (vrai, beau et bien), la masse aux personnes humaines et la technique à l’art d’habiter la terre. Nous sommes donc dans « l’oubli de l’être » qui conduit les hommes à mener des vies « inauthentiques ».</p>
<p> A ce monde dominé par le Gestell dont l’être est la puissance pour la puissance, Heidegger oppose un nouveau commencement où l’homme occidental surmontera la métaphysique « moderne ». Ce nouveau commencement se caractérise par un retour du Sacré. L’homme n’est plus conçu comme « ressource humaine » c’est-à-dire la première des matières premières, conception utilitaire dérivée de l’homme vu comme « animal rationnel ».</p>
<p> Cet humanisme actuel ramène en effet l’homme à un animal dont il faut satisfaire les besoins par le calcul qui permet de maîtriser le monde : telle est la conception du monde moderne (et pas seulement des communistes qui sont une fraction de ce monde moderne). Pour Heidegger, l’homme dans son essence est bien plus que cela car il prend ses distances par rapport aux choses et se situe dans l’histoire contrairement à l’animal. Il est donc créateur et en cela plus proche de la Divinité que de l’animal.</p>
<p> L’homme conscient de son essence d’existant tragique (existant donc créateur, tragique car mortel) est donc apte à être selon Heidegger « le berger de l’être », plutôt que le maître de l’étant (l’exploitant de tout ce qui existe considéré comme un stock). Il ménagera alors le « quadriparti », c’est-à-dire le monde dans ses quatre dimensions issues d’Aristote : les racines , l’idéal, la Divinité et l’homme. On sera alors sorti non seulement du communisme mais de la métaphysique dite moderne qui aura permis son existence et sur laquelle repose la pseudo-démocratie dans laquelle nous vivons.</p>
<p style="text-align: center;"> Yvan BLOT</p>
<h1><em> <span id="more-152"></span></em></h1>
<h1 style="text-align: center;"><em>Koinon</em></h1>
<p align="center">La Seconde guerre mondiale a des traits bizarres. Certains le nient, la disent normale car simplement « moderne ». « Moderne » n’a rien à voir avec normal. Évoquer la modernité pour expliquer et justifier quelque chose est le plus sûr moyen d’abandonner pensée et méditation. La guerre moderne ne se distingue plus de la paix en cela qu’elle est totale. Son but n’est pas la paix avec l’adversaire (voir les guerres d’avant la Révolution française), mais la destruction de l’adversaire.</p>
<p> Au plan philosophique, cette situation nouvelle correspond à l’avènement de la puissance pour la puissance, actrice désormais déterminante du jeu mondial. La puissance est aujourd’hui l’<em>être</em> de l’<em>étant</em>. En tant qu’<em>être</em> de l’<em>étant</em>, la puissance a accaparé la moralité comme moyen. La sauvegarde des valeurs ou l’intérêt du peuple sont ravalés à l’état de prétextes au service de la puissance. Si l’on ne s’y plie pas, c’est que la propagande fonctionne mal.</p>
<p> La puissance use des dehors du droit, mais, en même temps, ne tolère aucun obstacle et ses fins peuvent donc évoluer au gré de ses caprices. La puissance ne tolère l’<em>étant</em> que s’il est exploitable, donc planifiable et bâtissable. L’homme aussi doit être exploitable et son humanité peut alors s’avérer gênante. La mobilisation implique donc que tous les hommes soient interchangeables. Lorsque la puissance se fait l’<em>être</em> de l’<em>étant</em>, l’homme devient une matière première, une « ressource ».</p>
<p> La puissance s’accomplit par l’art de faire – ou « machination », (<em>Machenschaft</em>). La puissance a besoin d’un certain type humain pour accomplir sa domination. Plus l’art de faire domine l’exercice de l’<em>être</em>, plus l’<em>étant </em>prend l’avantage sur l’<em>être</em>. Avantage pratique et succès épisodique sont les signes de la domination de l’<em>étant</em>, laquelle ne supporte aucune résistance. L’<em>être</em>, quant à lui, glisse alors dans le néant. La puissance mondiale qui ne poursuit en fait que des intérêts, met toujours des idéaux en avant. Or, la puissance ne se connaît aucune finalité.</p>
<p> La politique ne ressortit plus à la vie humaine, mais détermine tout l’<em>étant</em>. Les démocraties parlementaires le dénoncent au nom de la séparation des pouvoirs, prétendant ainsi incarner la moralité. Mais elles n’ont pas conscience de l’identité de toute puissance moderne au regard de la métaphysique. La démocratie se réclame d’un idéal défini par le « peuple ». On y fait comme si la puissance était dans les mains du peuple. Ce leurre est nécessaire au déploiement de la puissance politique. Le leurre démocratique est cultivé par les gouvernants comme par les gouvernés. La puissance, dès lors, n’est aux mains de personne, mais on la dit entre les mains de tous. Bien sûr, ce voile jeté sur la détention de la puissance se rencontre d’abord dans le despotisme et la dictature. On croit que le dictateur agit selon son bon plaisir. C’est faux. Il obéit aux exigences de sa puissance. La dictature se ferme et doit tout ramener à une conformation unique. Elle a besoin d’uniformiser tous les individus au sein du collectif pour les besoins de sa puissance planificatrice.</p>
<p> La prise du pouvoir par la puissance grâce à un art de faire que rien ne détermine est l’essence métaphysique du communisme. Il ne s’agit pas là de ses aspects politiques, sociologiques ou idéologiques. C’est le communisme au regard de l’histoire de l’<em>être</em>. Le communisme se définit usuellement comme la communauté des égaux. Il s’agit d’intégrer chacun dans l’uniformité moyenne de tous. Politiquement, cela s’accomplit par la révolution qui transmue la société bourgeoise en société sans classes. On étatise les banques, on partage les propriétés foncières, dissout les monastères et l’on remplace la culture générale par la spécialisation. On libère ainsi l’homme masse qui prend le pouvoir à travers le parti unique. Le comportement des individus est unifié et arasé. Telle est la prise du pouvoir par le « peuple ». Le prolétariat ainsi « libéré » n’a plu d’autre fin que de servir au pouvoir, mais il n’en a pas conscience. Il est prisonnier d’une vision du monde – « Weltanschauung » – qui exige la conscience de classe, l’obéissance au parti, la promotion du progrès, la création de la culture. Par une manière de maléfice s’imposent l’uniformité et l’égalité.</p>
<p> Le prolétariat au pouvoir n’a en réalité aucun pouvoir. Comme il faut bien qu’il y ait des hommes de pouvoir qui gèrent le pouvoir, ils sont peu nombreux et ne peuvent faire ce qu’ils veulent. C’est une erreur de croire qu’ils gouvernent selon leur bon plaisir. La puissance exige leur soumission à un collectif anonyme. La relation entre les dirigeants n’est pas une fraternité, mais une méfiance froide où chacun épie chacun, craignant en permanence la perte du pouvoir. La peur règne chez la <em>nomenklatura</em>. La puissance n’appartient ni au peuple, ni aux individus, ni à l’élite politique. La puissance s’exerce dans l’art de faire – ou « machination ». Le communisme est l’exercice de la puissance sur l’<em>étant</em>, la puissance s’exerçant par la « machination » comme institution de la puissance sans limites sur l’<em>étant</em>, lui-même réduit à son utilité à la « machination » elle-même.</p>
<p> Ce serait méjuger le communisme que de le concevoir comme un désir humain de vengeance, de bonheur ou de violence pure. Le communisme n’a en fait rien d’humain. L’homme n’y est plus que l’exécutant de la prise du pouvoir sur l’<em>étant</em>. La « machination » – comme essence de l’<em>être</em> – s’est emparée de l’<em>étant</em>, mais le communisme a besoin d’une façade trompeuse qui masque sa constitution métaphysique véritable – son être. Toute résistance est éliminée. Tous les liens avec tout antécédent doivent être détruits. Toute dérobade doit être impossible. Ces anéantissements sont exigés par la conquête de puissance, essence même de l’art de faire – ou « machination ». L’essence de l’histoire doit changer, y procède l’anéantissement de l’âge ancien au profit de l’ère nouvelle. Tout savoir est au service de la « machination », est fermé sur lui-même. Qu’il soit théorique ou pratique, il est l’instrument d’une pensée constructiviste qui est la forme la plus pure du communisme – prise du pouvoir de cet art de faire, ou « machination » qui met à son service le calcul utilitaire.</p>
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		<title>Quatrième conférence : L&#8217;enlaidissement du monde</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 16:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[   Quatrième conférence : 
 L’enlaidissement du monde (matériel et moral)
 L’enlaidissement du monde est une conséquence de la prise du pouvoir par le « Gestell » et ses oligarques. Celui-ci, selon Heidegger, est « le dispositif d’arraisonnement utilitaire ». Dans ce dispositif qui fait des hommes ses matières premières sans qu’ils en soient très conscients, le « fonctionnel » et non le Beau, domine les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">  <strong><span style="text-decoration: underline;"> Quatrième conférence : </span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> L’enlaidissement du monde (matériel et moral)</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong>L’enlaidissement du monde est une conséquence de la prise du pouvoir par le « Gestell » et ses oligarques. Celui-ci, selon Heidegger, est « le dispositif d’arraisonnement utilitaire ». Dans ce dispositif qui fait des hommes ses matières premières sans qu’ils en soient très conscients, le « fonctionnel » et non le Beau, domine les préoccupations. L’état d’esprit est d’exploiter le monde, non de l’aimer.</p>
<p> A vrai dire, l’homme s’est toujours tourné vers ce qui est utile, mais cela n’excluait pas une démarche poétique associée. Ainsi, des aviateurs de la première guerre mondiale parmi les meilleurs allaient saluer en battant des ailes la tombe d’un aviateur ennemi tombé au champ d’honneur. Ce n’était pas « utile » mais c’était beau. Les deux ne s’excluaient pas. Dans le « Gestell », l’utile envahit tout et le beau est marginalisé, quand il n’est pas détruit. Beaucoup de villes de banlieue traduisent cet état d’esprit dans leur architecture. Le but n’est pas le bien être de l’habitant mais l’obéissance à des normes administratives et financières qui déterminent le type d’architecture adoptée. Lorsque l’architecte a une marge de manœuvre pour l’esthétique, il va faire prévaloir sa volonté de puissance et son subjectivisme, et non les goûts des futurs habitants où des références à des racines communes pourraient être évoquées.</p>
<p> <span id="more-149"></span></p>
<p><strong>1/ L’amour et la beauté</strong></p>
<p><strong> </strong>Cela nous conduit à un petit détour par la philosophie pour comprendre ce qui se passe sous nos yeux.</p>
<p>Heidegger estime que les grandes passions sont des modes de « présence à l’être » car ils ne dépendent pas d’un calcul utilitariste. Elles sont liées à la liberté, qui est notre essence et cette liberté entre toujours en résistance face à l’être. La passion rassemble donc notre puissance et notre impuissance. Dans l’amour, l’autre reste opaque mais rien n’interdit de ce passionner pour lui. En cela, l’amour nous advient, comme l’être et le temps. Heidegger a beaucoup apprécié cette phrase de Saint Augustin que lui a envoyé Hanna Arendt : « je t’aime ! Je veux que tu sois ce que tu es ». L’amour prend l’allure d’un destin où un autre vous est confié. Aimer, c’est accepter librement ce qui advient (et auquel on ne peut rien). C’est pourquoi on peut écrire : « <strong>l’amour offre l’être à la pensée et la pensée offre alors un poème (une beauté) à l’amour. »</strong> (correspondance entre Arendt et Heidegger lors de leurs retrouvailles en 1950).</p>
<p> La déchristianisation du monde moderne conduit ainsi à un abandon de l’amour de l’être, et de Dieu comme étant suprême. La civilisation occidentale est fondée sur l’amour (agapè en grec) non seulement depuis le Christianisme mais déjà chez les Grecs, chez Platon (le Banquet) ou chez Sophocle (Antigone). A présent, on ne s’intéresse qu’aux étants de façon utilitaire et on n’a plus de gratitude envers ce qui advient (l’être). D’où une rupture de continuité dans notre civilisation. On construit plus Notre-Dame de Paris mais des « maisons de la culture » en béton, comme dans l’ex Union soviétique.</p>
<p> Sans amour, pas de beauté ! (Voir la citation en gras ci-dessus). Le monde moderne, indifférent à l’être, veut exploiter l’étant. La beauté n’est donc plus le but. On le voit dans l’art : un fan de musique contemporaine m’a dit un jour : « le but de la musique n’est pas le beau, c’est le jeu mathématique ! »</p>
<p> Dans ce monde du Gestell, les quatre idoles qui structurent le monde évacuent la beauté : l’argent est la norme suprême : pourquoi ne pas remplacer l’Arc de Triomphe par un immeuble de rapport ? La technique passe en priorité : elle « rapporte » ! La masse triomphe : elle est l’inverse de la qualité et donc de la beauté. L’ego est le sujet de l’art, lequel ignore le monde et sa beauté. Comme l’écrit Jean-François Mattéi, le monde cède la place à l’im-monde ! Salvador Dali a dit de son côté : « quand on ne croit à rien, on peint à peu près rien ».</p>
<p>On a tous des exemples de ce déclin de la beauté avec la modernité : architecture « soviétique » (il y  en a plein en Occident, réalisée souvent par des maires « de droite »), artistes contemporains minimalistes (Dali disait : il faut les payer de façon minimaliste), mises en scène d’opéra visant à détruire le monde du compositeur (on représentera Wotan en capitaliste et les géants en ouvriers exploités dans l’Or du Rhin de Wagner.)</p>
<p> <strong>2/ la barbarie de la culture, le goût face à l’utilité</strong></p>
<p><strong> </strong>C’est le titre d’un des chapitres de l’excellent ouvrage du philosophe Jean-François Mattéi, « la barbarie intérieure » (PUF 2004). Selon lui, « l’ancienne culture de l’âme, celle de Cicéron, de Montaigne ou de Pascal, qui définissait les traits universels de l’honnête homme, a été vidée de sa substance pour se réduire à la culture formelle de cet être nouveau : l’homme des masses (..) un type d’homme hâtivement bâti sur quelques pauvres abstractions qui ne se définit plus à ses propres yeux par sa pensée, mais par ses appétits indiscernables de ceux des autres hommes masses. » Citant Otega y Gasset, Mattéi ajoute : « alors que l’homme de la culture classique, l’homme civilisé, cherche à s’enrôler au service d’une règle qui lui est extérieure, qui lui est supérieure, l’homme masse se satisfait d’une vie médiocre ou inerte qui, statiquement, le referme sur elle-même, se condamne à une perpétuelle immanence ». Signe de tout cela : le loisir (entertainment) se substitue à la culture.</p>
<p> La colonne est pour Mattéi le symbole de la culture : « il y a plusieurs façons d’attenter à la noblesse d’une colonne, c’est-à-dire de l’ordre qui, depuis les temples doriques, régit l’architecture de pierre comme l’architecture d’esprit de l’Europe. On peut la jeter dans la fange du mépris et rester indifférent à son élévation qui exalte le ciel ; on peut la maculer d’un tag rageur qui dit toute la détresse de la terre</p>
<p>On peut la souiller d’une parole qui est un affront à la langue des dieux ; on peut enfin la dénigrer par la pensée en oubliant qu’elle a été édifiée à la mesure de l’homme. A chaque reprise, la barbarie du regard ou du geste récuse dans la colonne toute la puissance du temps et toute la mémoire du monde. Aussi Zarathoustra demande-t-il à son compagnon de ne pas se détourner du miroir de sa propre grandeur et d’acquiescer à la venue de la beauté : tu dois imiter la vertu de la colonne : elle devient toujours plus belle et plus fine à mesure qu’elle s’élève mais plus dure et plus résistante intérieurement ». L’impératif de Nietzsche est l’impératif du monde dont le temple ordonné par le nombre et les proportions de ses colonnes recueille le sens du sacré qui prendra plus tard le nom de culture. Pour toutes les grandes civilisations de l’Inde à ‘Egypte, des Grecs aux Romains ou aux Mayas, la colonne a été le symbole premier de l’élévation de l’homme à la hauteur du divin ».</p>
<p> </p>
<p>«  Un grande partie de la culture contemporaine a rejeté avec la vertu de la colonne nietzschéenne l’appel à à l’élévation dans son désir d’avilir et de souiller le visage de l’homme »</p>
<p> </p>
<p>« les auteurs (Deleuze et Guattari) s’étonnent que l’arbre et donc la colonne aient dominé la culture de l’Occident : les colonnes doriques du Parthénon ou les colonnes gothiques de Notre Dame, l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance, les colonnes d’Hercule et les colonnes de Buren. Mais c’est ainsi : les barbares n’aiment pas les arbres : ils préfèrent aux forêts et aux champs les steppes et les déserts qui tracent l’horizon sans dresser de hauteur ou encore les plateaux où ils peuvent nomadiser sans jamais prendre souche et monter au soir leur regard vers le ciel. Que reste-t-il alors de la culture de l’Occident, toute hauteur abolie,  lorsqu’on a détruit le fût de la colonne et déraciné le tronc de l’arbre ? »  « Privé du sens de la hauteur l’être humain s’affaisse sur lui-même s’ensable et ses décompose comme si on lui avait ôté sa colonne vertébrale pour le réduire à l’état de sujet rampant et nauséeux »</p>
<p> </p>
<p>La culture produit aujourd’hui des êtres à carapace, durs à l’extérieur mais mous et gluant à l’intérieur ». L’ intelligence analytique sert à détruire le monde affectif au profit des seuls instincts reptiliens.</p>
<p> </p>
<p>La culture traditionnelle bâtit un monde, ordonné, séparé et autonome.. Comme ouverture d’un monde la culture véritable est toujours élévation</p>
<p> </p>
<p>Matt2i cite « la crise de la culture de Hannah Ahrendt où elle explique : « ce n’est pas l’intérêt mais le goût qui juge de ce que l’on appelle la culture, car la culture dans tous les sens du terme, n’a aucun intérêt et elle n’a aucun intérêt parce qu’elle a de par elle-même un monde (..) le goût suspend la subjectivité du sujet pour permettre à l’homme d’entrer dans le monde commun du sens où il rencontre le goût des autres hommes. C’est bien le partage des œuvres qui nous appelle au monde de la culture en nous arrachant aux processus de la vie sociale (arraisonnement utilitaire !) et aux cycles de la vie corporelle tout en nous imposant la sagesse de ses limites. Tout en effet n’est pas œuvre tout n’est pas sens, tout n’est pas beau !</p>
<p> </p>
<p><strong>3/ La culture et l’immonde</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>La décadence de l’art est expliquée par Mattéi à partir d’une analyse empruntée à Heidegger. « Dans la mesure où la vie humaine est comprise depuis Descartes comme subjectum et certitude de l’égoïsme subjectif, l’art, entrant dans l’horizon de l’esthétique, donc de la sensibilité du sujet, est désormais relevable de la subjectivité. (..) L’œuvre d’art se retire du monde. S’inscrivant désormais dans la sphère de la subjectivité, elle menace à tout instant de basculer dans l’immonde, entendons dans la déréalisation totale du monde à laquelle aboutit le nomadisme du sujet. </p>
<p> </p>
<p>Georges Steiner aussi décrit un monde plat sans transcendance  et sans lien à l’être, où la culture se dissout. Antoine Compagnon dans ses « cinq paradoxes de la modernité » décrit ainsi la culture moderne : superstition, du nouveau, religion du futur, manie théoricienne, appel à la culture de masse, passion du reniement. Tout cela se rapporte à un sujet vide incapable de s’insérer dans le monde. On occulte l’homme, le monde et Dieu pour se perdre dans la subjectivité. « D’indifférent, l’art devient proprement immonde quand il se cantonne dans un procédé de négation, de dévastation et de destruction à seule fin de procurer au barbare un frisson nouveau. La Modernité n’est autre que la dilatation du sujet. Comme disait Dali : œuvre minimale, ego maximal ! On délaisse le chant du monde dans son enracinement terrestre et son élévation céleste. Le choc, qui satisfait le seul cerveau primitif reptilien est devenu la norme !</p>
<p> Malevitch explique que Michel Ange en sculptant David a fait violence au marbre qu’il a mutilé ! et Mattéi commente : «  Le renversement de l’œuvre est porté ici à sa perfection : c’est l’artiste classique qui souille par son choix de créer une œuvre qui fait sens la pierre innocente alors que l’artiste abstrait se donne le droit par son objection qui est aussi une abjection de nier les œuvres antérieures, d’exalter l’immonde et d’instaurer le rien ».</p>
<p> Jean Baudrillart a scandalisé en disant que l’art contemporain est nul et pourtant celui-ci avalise la disparition de l’œuvre. « La désacralisation du monde est la rançon de la fétichisation du sujet qui, désormais seul sur terre, peut régner librement sur son vide intérieur.</p>
<p> On arrive à l’idée américaine que tout est bon « anything goes » : le relativisme est produit par le subjectivisme qui pose que le sujet n’a pas à se soumettre à une autorité extérieure. L’idée d’excellence est abolie et tout vaut tout.</p>
<p> <strong>4/ L’origine de l’œuvre d’art</strong></p>
<p><strong> </strong>Heidegger a écrit un texte extraordinaire qui s’intitule « l’origine de l’œuvre d’art ». Il montre que l’œuvre d’art authentique est bien plus qu’un artifice décoratif. Il prend l’exemple du temple grec. Le temple grec ne représente rien qui existe déjà dans la nature. Il est construit en vue d’une cause finale, la religion grecque. Il est la maison d’un Dieu et à ce titre ressemble à une maison grecque. Le temple grec, explique Heidegger, crée une patrie et élève un monde. L’homme va habiter dans ce monde et sur cette patrie. Il y a une tension entre cette patrie et ce monde qui en est tiré et qui conduit à la transcendance. Ce processus de création d’une oeuvre d’art est ce que Heidegger appelle « la mise en œuvre de la vérité ». La vérité ici entendue n’est pas scientifique mais existentielle. C’est une vérité vécue, celle des légendes religieuses de la Grèce qui forme l’esprit grec.</p>
<p> Le temple grec, comme la cathédrale de Paris ou le château de Versailles créé une patrie qui n’existait pas auparavant. On va dès lors habiter dans l’ombre de cette patrie qui fait sens, qui donne de l’enracinement à la vie.</p>
<p> Si on prend au sérieux cette analyse, on est conduit à voir différemment la construction de mosquées et de minarets sur notre territoire. L’œuvre d’art musulmane, dont la cause finale est l’islam, crée une « patrie » islamique » sur notre territoire en même temps qu’elle édifie un « monde » différent du notre. C’est une grave erreur métaphysique que de confondre le minaret avec un tas de pierre sans signification collective. Ce n’est pas un bâtiment purement utilitaire comme un hangar ou un grand magasin. Mais le monde moderne du « Gestell » dans lequel nous vivons est si matérialiste qu’il considère tous les bâtiments comme interchangeables. C’est par l’œuvre d’art au sens de Heidegger que l’homme édifie son habitat historique sur la terre, qui est constitutif d’une vérité, d’un dévoilement de son être propre. La beauté est une des façons dont cette vérité se manifeste alors. Or cette vérité n’a rien à voir avec les objets utilitaires. Elle constitue l’essence d’une civilisation. C’est pourquoi le peuple suisse a voté contre la construction des minarets. Il ne veut pas empêcher les Musulmans d’exercer leur culte en privé mais refuse de voir changer le paysage familier qui est l’essence même de la patrie dans sa dimension matérielle.</p>
<p> L’art entendu dans ce sens élevé est créateur de civilisation. Les œuvres d’Homère ou les Evangiles relèvent de cette catégorie. Aucun ouvrage scientifique ne peut faire de même car ce n’est pas son objet. Quand Wagner créé la tétralogie, il change le monde spirituel des Allemands. Il crée du nouveau sur la base de légendes anciennes et édifie une vision du monde sur une patrie renouvelée. L’œuvre d’art en ce sens n’a rien à voir avec l’objet d’art contemporain qui ne fonde rien.</p>
<p> L’essence de l’art est poésie, écrit Heidegger. Mais poésie dans ce sens est « fondation de la vérité », dévoilement d’une œuvre nouvelle qui porte un sens avec elle. Or fonder signifie ici trois choses : donner, enraciner et commencer (schenken, gründen, anfangen). Fonder consiste à donner un sens à quelque chose de nouveau. Mais ce don ne vient pas de nulle part et il s’enracine dans un fondement, un socle qui a ses propres racines. La cathédrale gothique est quelque chose de nouveau au 12<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p> Mais ce nouveau s’enracine dans du préexistant architectural, religieux notamment. Il ne fait pas apparaître une nouvelle religion même s’il en exprime une sensibilité particulière, qui fait date ! La vérité dévoilée est dévoilée à un homme historiquement situé, jeté dans l’histoire :on n’est pas dans l’arbitraire. Il y a donc dans l’œuvre d’art deux choses en tension l’une avec l’autre : une création pure (le don) et l’enracinement dans un héritage. Création et enracinement créée les conditions d’un vrai « commencement ». Le commencement, explique Heidegger, n’est pas le primitif. Le primitif auquel manquent l’héritage et la richesse du don, n’a pas d’avenir. Il reste primitif dans l’éternel. Le commencement est porteur d’histoire et de postérité. Ainsi, l’œuvre d’art produit de l’histoire tout en déployant un monde nouveau sur une patrie renouvelée. L’origine de l’œuvre d’art est à la fois l’art et l’artiste. L’artiste n’est artiste qu’à travers son art. Cette origine est à la fois héritage de l’ancien (ur en allemand) et un saut dans la nouveauté (sprung en allemand). Le mot allemand « Ursprung » exprime donc bien que l’oeuvre d’art nait  du déploiement d’une œuvre sur une patrie qu’il renouvelle.</p>
<p> Heidegger dit que sa philosophie apporte l’espace nécessaire à l’œuvre, le chemin nécessaire au créateur, le lieu nécessaire à la conservation. Sommes nous à l’époque présente à l’origine (Ursprung) ? Comprenons nous le sens du mot origine ? Ou sommes nous en relation avec l’art comme des gens cultivés devant quelque chose de passé ? De passé sans retour (vergangen) opposé au passé qui règne toujours dans le présent et l’avenir (gewesen). Heidegger conclut sur ces vers du poète Hölderlin : « on quitte le lieu avec difficultés et souffrance, dès lors qu’on est encore proche du sens de l’origine ». C’est ce qui est arrivé aux Suisses : on se résigne mal à voir disparaître son paysage familier de la petite patrie lorsqu’on a encore le sens de son histoire et de sa propre origine. A cet égard, beaucoup de nos dirigeants ne peuvent être pour nous qu’un objet d’inquiétude et d’effroi : ils sont les fonctionnaires du Gestell et nullement les représentants du peuple ! Ils le sont formellement (gradés dans la classe politique) matériellement (ils touchent pour cela des revenus) mais sont-ils des agents moteurs de notre identité en marche, font-ils œuvre de fondation, enracinement et commencement ? (cause motrice). Quant à la cause finale, ont-ils une cause finale autre que leur propre volonté de puissance ? Si la réponse est « non », on est bien en présence de « fonctionnaires du Gestell » donc au service de l’oubli de l’être !</p>
<p> <strong>5/ beauté et laideur morale</strong></p>
<p><strong> </strong>Nous avons parlé du danger et de la réalité de l’enlaidissement du monde par la domination de l’arraisonnement fonctionnel des hommes dans le Gestell. Nous avons parlé de la crise de l’art dans un monde subjectiviste dominé par l’oubli de l’être, donc l’absence de gratitude envers la Création. Mais le monde extérieur et notre monde intérieur ne sont pas vraiment séparables et interagissent l’un sur l’autre. Pour les Grecs, la notion de beauté était aussi morale : cet acte est beau ou il est laid. On le dit encore dans notre langue.</p>
<p> L’utilitarisme effréné  est-il beau ? Madoff est-il beau ? La réponse n’est pas douteuse ! Selon nos philosophes classiques, une vie belle est une vie harmonieuse où l’équilibre entre les contraires se réalise, comme aurait pu dire Héraclite d’Ephèse ! Il faut donc un équilibre entre ce que Nietzsche appelait « la vertu qui donne » (c’est un peu la charité des Chrétiens) et la vertu qui gagne, entre le soldat et le marchand. Notre société est devenue purement utilitariste parce qu’elle est purement marchande. C’est la victoire du monde « mercurien » comme dit le professeur Youri Slazkine dans son étonnant ouvrage « le siècle juif ». Slazkine oppose le monde mercurien des nomades et de l’astuce au monde apollinien des guerriers et du sens de l’honneur. Il faut les deux. Là encore, il faut démystifier le monde moderne qui est le monde du gain et non celui du don. Il y a certes des mouvements « humanitaires » mais sont-ils toujours si désintéressés ? Sont-ils prêts au martyr ? C’est là la pierre de touche. Le vrai soldat est prêt à donner sa vie pour sauver la patrie. Rien n’est plus important pour un mortel que de pouvoir donner sa vie ! Une société sans honneur militaire est une société où l’esprit religieux est évanescent. Les deux vont de pair contrairement aux enseignements d’un christianisme moderne terriblement dégénéré. Le Christ a dit : je ne suis pas venu apporter la paix mais l’épée ! Et sa seule grande colère fut contre les marchands du temple ! Aujourd’hui, les marchands du Temple dominent la place publique, La Divinité est marginalisée et l’on a honte de se servir encore de l’épée, là où il est impossible de faire autrement. La beauté morale ne consiste pas à être pacifiste dans un monde qui n’est pas de bonté. Il faut combattre pour le bien et la beauté ne peut donc pas exister moralement sans cette dimension combattante et héroïque. Là est sans doute le destin de l’Occident. Doit-il s’avachir dans une société de consommation immédiate et sans racines ? Ou doit-il devant les périls retrouver son sens du combat héroïque et donc son sens de l’honneur ? La société doit-elle reposer sur un équilibre entre la féminité et la virilité (les deux reposent sur le don de soi, même si c’est de façon différente)? Ou doit-elle reposer sur le seul appât du gain, la recherche de la puissance pour la puissance qui conduit comme dit Heidegger a la destruction de la terre, à l’obscurcissement du ciel, à la fuite de la Divinité et à la massification des hommes ?</p>
<p> Là encore, la réponse n’est pas donnée par la science mais la haute poésie, en l’occurrence celle de Hölderlin : « là ou est le danger, là aussi croît ce qui sauve ! »</p>
<p style="text-align: center;"> Yvan BLOT</p>
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		<title>La façon dont l’oligarchie traite l’homme : une matière première</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 10:19:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les régimes politiques qui dominent à présent l’Occident sont des oligarchies, bien plus que des démocraties, la Suisse étant sans doute la seule véritable exception. Mais qu’est-ce qu’une oligarchie ? Relisons à ce sujet Aristote. Dans le monde moderne toutefois, l’oligarchie gouverne selon une logique nouvelle qui est celle du « Gestell », de l’arraisonnement utilitaire, selon la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-145" title="oligarchie" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/11/oligarchie1-240x300.jpg" alt="oligarchie" width="240" height="300" />Les régimes politiques qui dominent à présent l’Occident sont des oligarchies, bien plus que des démocraties, la Suisse étant sans doute la seule véritable exception. Mais qu’est-ce qu’une oligarchie ? Relisons à ce sujet Aristote. Dans le monde moderne toutefois, l’oligarchie gouverne selon une logique nouvelle qui est celle du « Gestell », de l’arraisonnement utilitaire, selon la formule de Heidegger. La logique du Gestell conduit à traiter l’homme comme la plus précieuse des matières premières, et à rendre autant que possible tous les hommes interchangeables, en mobilisant pour cela les ressources des passions égalitaires. Enfin, pour achever le processus de domination oligarchique, il faut éliminer l’obstacle de la  démocratie au profit d’une « gouvernance » de soit disant experts, tout en gardant la fiction de la démocratie pour désarmer les oppositions. Il faut alors voir s’il est possible de se libérer de cet engrenage fatal.<span id="more-140"></span></p>
<h2><strong>L’oligarchie      régnante.</strong></h2>
<p><strong> </strong></p>
<p>Il y a bien des sortes d’oligarchies : militaires, marchandes, politiques, religieuses, voire ethniques. Mais elles répondent toutes à une définition unique : c’est le gouvernement de quelques uns dans leur intérêt propre et non dans l’intérêt du peuple. Si l’intérêt du peuple coïncide avec l’intérêt de l’oligarchie (assurer la croissance économique pour favoriser sa propre réélection), tant mieux ! S’il y a conflit d’intérêt, celui des oligarques l’emporte : on en a des exemples avec le niveau de la fiscalité, avec le laxisme en matière d’immigration, avec l’endettement public, avec la politique européenne entre autres. Dans une société où les valeurs militaires de l’aristocratie demeurent importante, le souci de l’intérêt général l’emporte souvent (gaullisme de la Résistance). Dans une société marchande où les fonctions altruistes (religieuses, militaires notamment) sont en retrait, l’oligarchie est le trait dominant du pouvoir car chacun ne cherche que son intérêt propre, le politicien comme les autres.</p>
<p>Dans la « Politique », Aristote note qu’il est fréquent que la constitution soit, selon la législation proclamée, démocratique, mais que par la coutume et la façon de conduire les affaires, le régime soit oligarchique<sup class='footnote'><a href='#fn-140-1' id='fnref-140-1'>1</a></sup>. C’est le cas que nous connaissons.</p>
<p>Pour Aristote, l’oligarchie est un régime stable tant que les oligarques sont solidaires entre eux. Le système se fragilise selon lui, dans deux cas  de figures : lorsque l’oligarchie traite injustement la masse populaire ou lorsque les oligarques « deviennent démagogues par jalousie »<sup class='footnote'><a href='#fn-140-2' id='fnref-140-2'>2</a></sup> et se combattent entre eux.</p>
<p>L’oligarchie actuelle n’est pas limitée à ce que l’on appelle la « classe politique ». Elle comprend la haute administration, les dirigeants salariés des grandes entreprises, les dirigeants des syndicats et des différents lobbies qui font pression sur le pouvoir, ainsi que les dirigeants des media. Elle est assez homogène idéologiquement. Ses valeurs et sont comportement sont essentiellement déterminés par la situation métaphysique dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Occident et que le philosophe Martin Heidegger a appelé le « Gestell » ou « arraisonnement utilitaire ».</p>
<h2>L’oligarchie moderne gouverne selon la logique du Gestell. <sup class='footnote'><a href='#fn-140-3' id='fnref-140-3'>3</a></sup></h2>
<p><strong> </strong></p>
<p>Selon Heidegger, le monde moderne est structuré par l’arraisonnement utilitaire. Prenons l’exemple du téléphone portable. Vous être pratiquement contraint d’en avoir un dès lors que tout le monde autour de vous en a un ! Bien sûr qu’il rend des services. Mais ce n’est plus votre choix. Vous être requis d’en avoir un ! Pour Heidegger, l’essence de la technique est cet arraisonnement. L’homme en est l’employé. Ce processus échappe à l’homme, surtout s’il n’en a pas conscience. L’homme lui-même est pris en main par le processus. Il devient un rouage du système d’ensemble (ein Stück und nicht ein Teil !). Cet utilitarisme exacerbé conduit l’homme à oublier son être propre. Les dirigeants sont des rouages de ce système. Pour Heidegger, le Gestell est pour l’homme le danger par excellence, car il déshumanise celui-ci. Au vingtième siècle, on a connu plusieurs formes politiques du Gestell.</p>
<p>Le communisme est une de ces formes. Il considère l’être humain comme une matière première au service de sa puissance. En cela, il est inhumain au sens propre du terme. Les dirigeants eux-mêmes sont arraisonnés au système. Il faut que l’échec patent de ce dernier soit réalisé pour que les hommes puissent s’échapper de cette machinerie. C’est ce qui s’est passé avec l’effondrement de l’URSS.</p>
<p>Pour Heidegger, le nazisme, surtout à sa fin, est devenu une autre forme d’application de la logique du Gestell. Mais l’Occident n’est pas indemne. Le signe en est la façon de faire la guerre. La logique purement utilitaire du Gestell conduit dans une guerre à tuer autant les civils que les soldats car les civils sont aussi un rouage de l’appareil ennemi. C’est ainsi que les alliés ont décidé de bombarder au phosphore des milliers de femmes et d’enfants dans les villes allemandes. Pour Heidegger, tant Roosevelt que Hitler ou Staline ont décidé pour des raisons utilitaires liés à leur volonté de puissance de tuer massivement des civils !</p>
<p>Pour Heidegger, l’Amérique et l’Union soviétique furent après 1945  les deux bastions du Gestell ! Politiquement totalement différentes, elles avaient une métaphysique commune, celle du Gestell, celle de l’utilitarisme déchainé de la technique au service de la volonté de puissance ! Curieusement Arnold Gehlen,<sup class='footnote'><a href='#fn-140-4' id='fnref-140-4'>4</a></sup> un philosophe d’une autre tradition qu’Heidegger, celle de l’anthropologie philosophique, écrivit la même chose : « il est très remarquable que les manifestations les plus évidentes de la culture industrielle apparaissent en Amérique du Nord et en Russie, sur des sols où n’a jamais pris naissance une grande culture d’ancien style ! »</p>
<p>L’arraisonnement utilitaire est donc le danger par excellence pour la survie même de l’homme en tant qu’homme. Mais c’est au sein même de ce danger que le « tournant » peut advenir ! « C’est le danger qui permet l’apparition de ce qui sauve », selon un vers d’Hölderlin que cite Heidegger. Encore faut-il prendre conscience de l’existence de l’arraisonnement utilitaire et du danger qu’il représente !</p>
<h2><strong>L’homme, matière première, l’homme interchangeable</strong></h2>
<p><strong> </strong></p>
<p>L’homme, dans ce système lié à l’époque et qui n’a pas été voulu en tant que tel, n’est apprécié que pour son utilité économique. Il devient alors « la plus précieuse des matières premières » ! Dans le langage des sociétés, on a remplacé le mot « personnel » (avec la racine personne) par le terme de « ressource humaine » : cela traduit bien la déshumanisation à peine consciente de notre vocabulaire ! L’homme est un « Stück », un élément utilisable au même titre qu’un boulet de charbon dans un stock d’anthracite ! Il doit avant tout être interchangeable pour pouvoir être requis le plus facilement qui soit !</p>
<p>L’oligarchie régnante, qui administre la logique du Gestell, pour son profit et pour satisfaire sa volonté de puissance,   va donc appliquer sa « gouvernance » à rendre le plus possible les hommes interchangeables : toutes les distinctions essentielles doivent s’effacer, à commencer par celles entre les hommes et les femmes. C’est là la source de l’obsession de la fameuse « parité » : on s’acharne à vouloir que les listes de candidats aux élections soient composées pour moitié d’hommes et de femmes et on se garde bien d’évoquer les vrais questions politiques, à savoir que les élus sont dessaisis de leurs pouvoirs par l’administration et que le citoyen est devenu totalement impuissant à influencer le système de décision de la gouvernance politique. On détourne les débats vers des sujets sans importance mis en avant de façon artificielle.</p>
<p>Tout ce qui distingue les êtres humains doit être éliminé dès lors que cela peut gêner le caractère interchangeable que les hommes doivent avoir pour être de parfaites matières premières.</p>
<p>L’homme du Gestell doit donc avoir quatre caractéristiques :</p>
<ul>
<li>ne pas avoir de racines (ni race, ni  nation, ni religion notamment) ;</li>
<li>ne pas avoir d’idéal : il doit être un consommateur et un producteur matérialiste et relativiste prêt à gober tous les produits lancés sur le marché (y compris les produits bancaires permettant de l’endetter et donc de mieux le soumettre) ;</li>
<li>ne pas avoir de religion hors celle de son propre ego, pour être plus facilement isolé donc manipulable ;</li>
<li>ne pas avoir de personnalité afin de se fondre dans la masse (il doit donc être éduqué de façon purement technique et utilitaire sans culture générale lui permettant de se situer comme homme libre) ;</li>
</ul>
<p>Cyniquement, l’idéologie des droits de l’homme est utilisée pour détruire tout ce qui fait la spécificité des hommes, pour mieux asservir l’homme aux besoins du Gestell en prétendant protéger ses libertés fondamentales ! Un des exemples les plus emblématiques fut le cas de cette femme députée néerlandaise menacée de mort par l’islamisme radical. Ses voisins ont obtenu l’expulsion de celle-ci de son logement au nom des droits de l’homme parce qu’elle faisait subir un risque d’attentat sur eux. Ecœurée, celle-ci a quitté les Pays-Bas !</p>
<p>L’homme idéal souhaité par le Gestell n’a rien à voir avec le citoyen animé par l’esprit civique, la conscience de ses libertés et l’amour de sa patrie, qui est le porteur de la démocratie bien comprise. Il ressemble à ce « dernier homme annoncé par Nietzsche dans « Ainsi Parlait Zarathoustra » !</p>
<p>«  Hélas ! Vient le temps du plus méprisable des hommes qui ne sait plus se mépriser lui-même ! Voyez ! Je vous montre le dernier homme. Qu’est-ce que l’amour ? Qu’est-ce que créer ? Qu’est-ce que la nostalgie ? Qu’est-ce qu’une étoile ? demande le dernier homme et il cligne de l’œil !</p>
<p>La terre est devenue plus petite et sur elle sautille le dernier homme qui rend tout plus petit. Sa race est aussi solide que celle du puceron. Le dernier homme est celui qui vit le plus longtemps. Nous avons inventé le bonheur » disent les derniers hommes et ils clignent de l’œil.  Ils ont abandonné les pays où la vie était dure, car on aime la chaleur. On aime encore son voisin et on se frotte à lui car on a besoin de chaleur. Devenir malade ou méfiant passe chez eux pour un péché : on respecte avant tout le principe de précaution. Fou celui qui butte encore sur les pierres et sur les hommes ! Un peu de poison de ci delà qui procure des rêves agréables. Et beaucoup de poison au final pour avoir une mort agréable. On travaille encore car c’est une distraction. Mais on a soin que la distraction reste modérée. On ne devient plus ni riche ni pauvre. Les deux sont trop astreignants. Qui veut encore commander ? Qui veut encore obéir ? Tout cela est trop fatigant.</p>
<p>Pas de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose et tous sont égaux ; qui pense autrement sera interné !</p>
<p>Autrefois, tout le monde avait tout faux disent les plus malins et ils clignent de l’œil. On est malin et l’on sait tout ce qui est arrivé : on n’en fini pas de se moquer. On se querelle mais on se réconcilie bientôt de peur que cela ne gâte l’estomac ! On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on honore la santé !</p>
<p>Nous avons trouvé le bonheur, disent les derniers hommes et ils clignent de l’œil ! »</p>
<p>Ici s’arrête le discours de Zarathoustra qui est interrompu par les cris de la foule : donne-nous ce dernier homme, ô Zarathoustra ! Nous te ferons quitte du surhomme ! Et tout le peuple se réjouissait et claquait de la langue ! Zarathoustra devint triste et  dit : je ne suis pas la bouche faite pour ces oreilles (..) Ils me regardent et rient, mais dans leur rire, ils me haïssent ; il y a de la glace dans leur rire »<sup class='footnote'><a href='#fn-140-5' id='fnref-140-5'>5</a></sup></p>
<p>Ces derniers hommes sont les citoyens passifs idéaux pour l’oligarchie régnante ! Tout le système médiatique et éducatif est là pour modifier la personnalité des Français et les transformer en outils interchangeables du Gestell. On pense apprivoiser ces animaux sauvages que seraient les citoyens par la consommation de biens matériels et en flattant l’égalitarisme. La politique est celle du gardien de zoo !</p>
<h2><strong> Eliminer l’obstacle de la démocratie</strong></h2>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour que l’homme soit une matière première docile, il est finalement nécessaire d’éliminer l’obstacle de la démocratie. La monarchie ne permettait certes pas l’interchangeabilité absolue des hommes et l’oligarchie, pour s’installer, a du l’abattre, en se trouvant pour elle-même, une nouvelle légitimité : la démocratie fut alors mise en avant au 19<sup>ème</sup> siècle. Mais par la suite, la démocratie fondée sur la nation et la participation active des citoyens s’est montré un obstacle à l’interchangeabilité mondiale des hommes, donc à l’utilitarisme au service de l’oligarchie.</p>
<p>Il a donc fallu vider la démocratie de son contenu réel. Cela consiste à dissoudre le cadre national qui est un cadre d’enracinement, le cadre historique d’enracinement de la démocratie. Le parlementarisme a été affirmé et en même temps vidé de son contenu : il n’y a plus de séparation des pouvoirs et le soit disant pouvoir législatif est totalement dominé par l’exécutif. Le vrai pouvoir est dans les mains des dirigeants oligarchiques des grands partis politiques en liaison avec de puissants lobbies syndicaux, bancaires, culturels et cultuels. La démocratie directe est bannie (sauf en Suisse et avec de grandes restrictions aux USA, en Italie et en Allemagne) car le citoyen doit être réduit à la condition de spectateur, non d’acteur, de la politique. Le citoyen est magnifié en paroles mais il est réduit dans les faits à n’être qu’un agent économique, une matière première de premier choix, un « animal technicisé » (autre formule de Heidegger).</p>
<p>Tout d’abord, l’oligarchie, jouant les apprentis sorciers, cherche à enlever aux hommes leurs racines pour les rendre plus interchangeables ; c’est ce que Heidegger appelle « la destruction de la terre » produite par le Gestell. La race a été la première à être mise aux gémonies, au nom des horreurs commises lors de la deuxième guerre mondiale. Puis c’est le tour de la nation, de son histoire (qui doit devenir l’occasion de repentance), de la famille (dont l’existence serait une insulte aux homosexuels, semble-t-il) ! L’immigration a été encouragée pour affaiblir ce qui restait de racines. Les résistants ont été diabolisés, traités de « populistes » voir de « racistes », l’accusation suprême. Tout cela se fait au nom d’une morale politique imposée qui n’a jamais fait l’objet du moindre référendum ! Sous ces prétextes moraux, il y a en réalité la volonté de ramener l’homme à sa condition sujette de matière première disponible pour le pouvoir oligarchique.</p>
<p>L’oligarchie assiste complice au déclin des valeurs transcendantes, et l’argent devient peu à peu la seule valeur suprême. Les politiques de lutte contre la discrimination n’ont pas d’autre but : on ne doit jamais faire de distinction entre les hommes, sauf par l’argent, seul critère de discrimination reconnu !</p>
<p>Bien sûr, tout cela a des conséquences négatives : la montée du crime tout d’abord. L’immense majorité des crimes et des délits sont commis pour de l’argent : les grands trafics mondiaux criminels, trafic de drogue, trafic d’être humains, trafic d’armes, n’ont pas d’autre objet que de rapporter de l’argent. Comme l’écrivait plaisamment Sigmund Freud : dès qu’il s’agit d’argent, le surmoi en Amérique devient très tolérant : aujourd’hui, cela atteint tout l’Occident ! Les crimes et délits sont passés de 1,5 millions en France, chiffre stable de 1946  à 1966  à 4,5 millions aujourd’hui !</p>
<p>Le philosophe Arnold Gehlen a dénoncé l’effondrement de la culture en Occident, laissant la place à un monde où la cruauté s’unit avec le bien être matériel. En effet, l’homme est naturellement chaotique.<sup class='footnote'><a href='#fn-140-6' id='fnref-140-6'>6</a></sup> « L’instabilité intérieure de la vie pulsionnelle humaine apparaît sans limites. Ce sont des formes d’inhibition rigides et toujours limitatives,  découvertes par l’expérience au cours des siècles et des millénaires, comme le droit, la propriété, la famille monogamique, La division précise du travail, qui ont imposé leur marque  à nos pulsions, et à nos pensées, qui les ont façonnées selon les hautes exigences exclusives et sélectives que nous appelons la culture. Ces institutions, le droit, la famille monogamique, la propriété ne sont nullement naturelles et sont très fragiles. Tout aussi peu naturelle est la culture de nos instincts et de nos pensées qui doit bien plutôt être rigidifiée , soutenue et tirée vers le haut par l’action extérieure de ces institutions. Et si l’on retire ces appuis, nous retournons très vite à la primitivité. »</p>
<p>« Quand les sécurités, les stabilisateurs que contiennent les traditions établies tombent et sont détruites, notre comportement perd toute forme, il est déterminé par les affects, devient pulsionnel, imprévisible, on ne peut se fier à lui. Et dans la mesure où normalement le progrès de la civilisation exerce une action destructrice, c’est-à-dire qu’il érode les traditions, les droits, les institutions, il rend l’homme naturel et le rend primitif et le rejette à l’instabilité naturelle de sa vie instinctive. Le mouvement conduisant à la décadence est toujours naturel et vraisemblable, le mouvement vers la grandeur, l’exigence et le catégorique est toujours imposé, difficile et invraisemblable. (..) La culture est l’invraisemblable, c’est-à-dire le droit, la moralité, la discipline, l’hégémonie de la morale. (..) Quand les jongleurs intellectuels, les dilettantes, s’imposent au premier plan, quand souffle le vent de la pitrerie universelle, les institutions les plus anciennes et les corporations professionnelles rigides se défont elles aussi, le droit devient élastique (laxiste), l’art nervosité, la religion sentimentalité. Alors l’œil expérimenté aperçoit sous l’écume la tête de Méduse, l’homme devient naturel et tout devient possible (voir les crimes de masse du 20<sup>ème</sup> siècle). Il faut alors dire : retournons à la culture ! » Car nous retournons vers une nature chaotique, celle « de la faiblesse de la nature humaine qui n’et pas protégée par des formes strictes ».</p>
<p>Après les racines et les valeurs culturelles, voyons ce qu’il en est dans le domaine du sacré et de la religion. Tocqueville a montré comment le socle religieux permettait à la démocratie américaine de fonctionner. L’oligarchie au service de l’arraisonnement utilitaire se méfie du religieux et veut le cantonner à la sphère intérieure de l’individu. Il importe que l’homme soit centré sur son ego, sur ses plaisirs et qu’il soit ainsi un consommateur parfaitement inoffensif. On a vu comment un candidat à la commission européenne Rocco Buttiglione a été éliminé pour avoir fait savoir ses convictions religieuses ! Le sacré est quelque chose qui peut s’opposer à l’interchangeabilité des hommes et doit donc être éliminé ou cantonné dans la sphère privée. Par ailleurs, dès lors que l’utilitarisme règne tout sens du sacrifice lié au sacré est quelque chose de parasite qu’il convient de marginaliser. Le sacré doit disparaître car le prosaïque, avec le Gestell, devient totalitaire.</p>
<p>Enfin, Si la démocratie est fondée sur des racines nationales, des valeurs morales transcendantes et un sens du sacré, elle repose aussi sur l’idée du citoyen responsable, qui veut participer au destin de sa patrie. Or, on n’a plus besoin d’une démocratie de citoyen et le citoyen est prié de devenir un simple spectateur des media. Les politiciens deviennent des pitres, des comédiens pour amuser la galerie. Les choses sérieuses relèvent d’une « gouvernance » réservée aux experts. C’est d’ailleurs une telle gouvernance d’experts achetés d’avance qui nous a menés à la grande crise financière venue des Etats Unis l’an dernier ! La gouvernance d’antichambres se substitue au pouvoir des chambres. Nos régimes ne sont parlementaires que de façon fictive. La réalité du pouvoir est dans les mains du seul exécutif, qui a vassalisé le parlement et qui gouverne en réseau avec les patrons des puissants lobbies syndicaux, patronaux, cultuels et culturels. Dans cet esprit, la démocratie directe n’est pas envisagée car elle risquerait de mettre en échec, non le pouvoir des chambres parlementaires qui est réduit mais le pouvoir bien réel des antichambres et des lobbies.</p>
<h2><strong>Résistance et libération</strong></h2>
<p><strong> </strong></p>
<p>L’oligarchie au pouvoir est la traduction politique du Gestell, lequel n’est pas une création volontaire de l’être humain mais une figure imposée par ce que Heidegger appelle l’histoire de l’Etre. Cette oligarchie ne peut donc être renversée que si des conditions objectives le permettent. Ces conditions comme ce fut le cas pour l’URSS sont l’effondrement démographique, économique et financier. C’est du danger que vient ce qui sauve, a écrit le poète Hölderlin. Mais il n’est pas interdit de préparer le tournant qui doit marquer la sortie du Gestell nécessaire à la survie même de l’humanité. Les deux piliers de cette préparation sont la prise de conscience et la mobilisation.</p>
<p>La prise de conscience consiste à réaliser qu’on n’est absolument pas en démocratie mais en oligarchie. C’est la prise de conscience politique indispensable. Il y a aussi la prise de conscience métaphysique de ce qu’est le Gestell et du danger qu’il représente pour l’être même de l’homme, notamment de l’homme occidental. Le Gestell comme l’écrit Heidegger, détruit notre terre et nos racines, obscurcit notre ciel et nos valeurs, fait fuir la Divinité et le sacré et massifie totalement les hommes. Tout se qui va dans le sens opposé est donc bienvenu : la défense des racines et des valeurs, la référence à un sacré en dehors de l’ego et la résistance à la massification barbare accomplie par les media (et l’urbanisme, entre autres !).</p>
<p>Outre la prise de conscience qui suppose la plus large diffusion de nos analyses, il y a la mobilisation. Il existe en effet dans notre société des forces de résistances, celles de tous les milieux sociaux qui ne sont pas soumis à la seule logique purement utilitaire à court terme. C’est le cas des victimes du Gestell : victimes de la délinquance, victimes du déracinement, victimes de la dictature fiscale et de l’inefficacité économique, victimes de la mauvaise éducation de leurs enfants etc…</p>
<p>Mais les victimes en soi ne sont pas porteuses d’histoire si elles ne sont pas elle-même mobilisées parce que j’appelle les héros. Les héros, ce sont tous ceux qui se dévouent au bien commun, souvent pour un profit modique : soldats des corps d’élite, policiers qui chassent le crime, magistrats anti terroristes, professeurs amoureux de la vérité, prêtres courageux et j’en passe ! Ces forces varient selon les pays. Malheureusement ; je ne suis pas sûrs qu’elles soient les plus puissantes en France. Elles existent aussi aux USA  bien que ce soit le centre du Gestell à présent. En Europe, elles sont plus fortes dans un quadrilatère alpin entre Zurich, Munich, Vienne et Milan : on le voit aussi politiquement à la force des mouvements qualifiés de populistes en Italie du Nord, en Suisse,  en Autriche ou en Bavière. On le voit aussi à la force des traditions populaires et des valeurs traditionnelles dans ces pays qui sont en même temps à la pointe du progrès technologique et économique. On le voit à la force de leur sociologie fondée sur un tissu puissant de petites et moyennes entreprises assises souvent sur une structure familiale de la propriété. Il faudrait qu’une solidarité active s’organise entre ces forces qui restent aujourd’hui dispersées.</p>
<p>Prise de conscience et mobilisation : voici ce qu’il y a à proposer aujourd’hui ! Merci de votre attention.</p>
<p><DIV style="BORDER-TOP: #cccccc 3px dotted"></DIV></p>
<h5>Notes de bas de page</h5>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-140-1'>Aristote ; les Politiques, livre 4, chapitre5 p. 297 ; GF Flammarion 1990 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-140-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-140-2'>Ibidem, chapitre 6  page 363 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-140-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-140-3'>Das Gestell : exposé fait à Brême publié dans la « Gesamte Ausgabe » (œuvres complètes) volume 79  chez Klostermann  (Frankfurt am Main) 2005 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-140-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-140-4'>Arnold Gehlen ; Anthropologie et psychologie sociale; PUF  1990 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-140-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-140-5'>Also sprach Zarathustra ; Friedrich Nietzsche ; Kröner Verlag; Stuttgart; 1969  : traduit de l’allemand par Yvan Blot <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-140-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-140-6'>Arnold gehlen ; ibidem pages 67  et 68 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-140-6'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Les valeurs cardinales du Système</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 09:51:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence N° 3 de l’INSOC du 15 novembre 2009
Nous avons vu que le système oligarchique qui règne sous l’apparence démocratique traite les êtres humains comme « la plus importante des matières premières » (Heidegger). A ce titre, ils doivent être le plus possible interchangeables, donc déracinés. L’égalitarisme, qui s’appui sur les forces primitives de la jalousie et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><img class="alignleft size-medium wp-image-136" title="oligarchie" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/11/oligarchie-246x300.jpg" alt="oligarchie" width="246" height="300" /><em>Conférence N° 3 de l’INSOC du 15 novembre 2009</em></p>
<p>Nous avons vu que le système oligarchique qui règne sous l’apparence démocratique traite les êtres humains comme « la plus importante des matières premières » (Heidegger). A ce titre, ils doivent être le plus possible interchangeables, donc déracinés. L’égalitarisme, qui s’appui sur les forces primitives de la jalousie et de l’envie, est enseigné et propagé dans ce but. L’idéal égalitaire est depuis toujours le moyen privilégié des tyrans pour mettre un peuple en servitude ; il permet de pousser les citoyens à sacrifier leurs libertés au nom de la sacro-sainte égalité.</p>
<p>Pour étudier la configuration de cette idéologie égalitaire, nous allons utiliser les outils intellectuels mis au point par le philosophe Martin Heidegger.</p>
<p><span id="more-125"></span></p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">1/ Le quadriparti</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Heidegger a montré que les hommes vivent dans un « monde » qui donne sens à leur vie. Le monde est dans cet esprit moins un ensemble d’objets qu’un ensemble de significations. Ce qui distingue le plus l’homme de l’animal est sa capacité à configurer des mondes signifiants. L’animal, lui, est très pauvre en monde et la pierre n’a pas de « monde ». Dans « der Ursprung des Kunstwerkes » (l’origine de l’œuvre d’art), Heidegger prend l’exemple du temple grec. Le temple est une « œuvre d’art » : il ne représente rien de ce qui existe dans la nature. Par contre, il déploie un monde de signification dans le cadre de la religion grecque de l’époque. En même temps, qu’il déploie ce monde, il « crée » une patrie. Heidegger utilise les mots de « ciel » et de terre » à la place des mots de monde et de patrie. En même temps, les hommes situés dans ce monde et sur cette patrie, sous ce ciel et sur cette terre, organisent leur cité face aux dieux qui sont en quelque sorte leur miroir idéalisé. On a donc une configuration du réel que Heidegger appelle le « Geviert », le quadriparti, écartelé entre quatre pôles : la terre, le ciel, les hommes et les dieux. Dans ce Geviert, les hommes mènent leur existence qui est bien plus qu’une simple vie biologique.</p>
<p>Ces quatre pôles correspondent aux quatre causes de la métaphysique d’Aristote. La cause matérielle correspond à ce que Heidegger appelle « la terre », c’est-à-dire nos racines biologiques, familiales, nationales et culturelles. La cause formelle correspond à ce qu’il appelle « le ciel », les valeurs qui conduisent notre comportement, la morale, l’idéal, etc.. La cause motrice, ce sont les hommes et la cause finale est la Divinité. Dans le cas du temple grec cité plus haut, la cause matérielle, ce sont les pierres, la cause formelle le plan de l’architecte, la cause motrice, les ouvriers et la cause finale, la religion. Sans ces quatre causes, il n’y a pas de temple.</p>
<p align="center"><strong>Schéma <sup class='footnote'><a href='#fn-125-1' id='fnref-125-1'>1</a></sup></strong></p>
<p align="center"><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-127" title="img-1" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/11/img-1.gif" alt="img-1" width="500" height="400" /></strong></p>
<p>Ce schéma permet des analyses plus complètes que celles qui sont faites habituellement, notamment par les administrations qui ne prennent en compte la plupart du temps que les seules causes matérielles et formelles (le budget à augmenter et les lois à changer ; on néglige les causes motrices (les hommes) et finales (finalités nationales) : cette réduction de la pensée a deux causes sur quatre est typique du mode de pensée dit « technocratique » des gouvernements d’aujourd’hui, qu’ils soient de droite ou de gauche ; cela correspond à la logique du « Gestell »<sup class='footnote'><a href='#fn-125-2' id='fnref-125-2'>2</a></sup>, du dispositif utilitaire arraisonnant qui domine l’être à notre époque.</p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">2/ La figure centrale du Gestell : l’égalitarisme</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Le monde moderne est celui du « Gestell », mot allemand qu’Heidegger utilise pour décrire le monde de « l’arraisonnement utilitaire » des hommes par l’essence de la technique au service de la volonté de puissance. Ce « Gestell » s’est mis en place progressivement surtout à partir de Descartes, puis avec la déification de la raison utilitaire du 18<sup>ème</sup> siècle au 20<sup>ème</sup> siècle. Au 20<sup>ème</sup> siècle, le déchaînement du Gestell s’est traduit par deux guerres mondiales et les régimes totalitaires à prétention « scientifique ». Mais après 1945, nous sommes restés dans le « Gestell ». C’est ce système du Gestell qui conduit selon Heidegger l’Europe à se poignarder en permanence : « cette Europe qui dans un incurable aveuglement, se trouve toujours sur le point de se poignarder elle-même, est prise aujourd’hui dans un étau entre la Russie d’une part et l’Amérique de l’autre. La Russie et l’Amérique sont toutes deux au point de vue métaphysique, <sup class='footnote'><a href='#fn-125-3' id='fnref-125-3'>3</a></sup> la même chose ; la même frénésie sinistre de la technique déchaînée, et de l’organisation sans racines de l’homme normalisé. »<sup class='footnote'><a href='#fn-125-4' id='fnref-125-4'>4</a></sup> L’Union soviétique s’est effondrée en 1989  et nous sommes à présent aux prises avec le seul Gestell sous sa forme occidentale. (la Russie étant ralliée à ce modèle même si c’est sous une forme un peu différente, avec un bémol nationaliste).</p>
<p>Le Gestell a besoin de réduire l’homme à une matière première interchangeable, et donc à le faire vivre dans l’oubli de l’être, comme simple outil fonctionnel : la raison calculatrice au service de la volonté de puissance nihiliste efface l’autre raison, la « raison d’être » ou « raison méditante » qui donne un sens humain au monde. Le constat de Heidegger est sévère, c’est le jugement que l’on peut porter sur le Gestell et son masque idéologique qu’est l’égalitarisme. « La décadence spirituelle de la terre est déjà si avancée que les peuples sont menacés de perdre la dernière force spirituelle qui leur permettrait du moins de voir et d’estimer comme telle cette décadence conçue dans sa relation au destin de l’être. Cette simple constatation n’a rien à voir avec un pessimisme concernant la civilisation, rien non plus avec un optimisme ; car l’obscurcissement du monde, la fuite des dieux, la destruction de la terre, la grégarisation de l’homme, la suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre, tout cela a atteint de telles proportions que des catégories aussi enfantines que pessimisme et optimisme sont depuis longtemps devenues ridicules. »<sup class='footnote'><a href='#fn-125-5' id='fnref-125-5'>5</a></sup> On reconnaîtra les quatre pôles (monde, terre, dieux et hommes) auxquels Heidegger ajoute comme catégorie centrale la haine du libre créateur, ce qui est la marque véritable de l’égalitarisme.</p>
<p>L’égalitarisme est une passion idéologique qui n’a rien à voir avec l’égalité devant la loi. L’égalitarisme est d’ailleurs en général défendu par des oligarchies qui se placent d’emblée au-dessus du peuple avec les privilèges que cela suppose, y compris les passe-droits.</p>
<p>Pour Heidegger, on ne sortira du Gestell que par un « tournant » dans notre attitude à l’égard de l’être (le considérer comme un don et non simplement comme un objet à exploiter). Mais notre sujet pour l’instant est de décrire le monde des idoles qui caractérise ce « Gestell ».</p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">3 / Les quatre idoles de la société du « Gestell »</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Dans ce système, les racines (la « terre » ou la « patrie » selon le vocabulaire de Heidegger) sont remplacées par la technique et sa logique purement fonctionnelle. On gagne en efficacité immédiate mais on perd en humanité. La raison calculatrice efface la pensée « poétique » c’est-à-dire pour Heidegger, créatrice de sens. L’Iliade pour les Grecs ou le Nouveau Testament pour les Chrétiens était ce qui faisait sens et donnait sa cohérence à l’existence, son être en quelque sorte ! L’électricité ou la chirurgie moderne ou le nucléaire, quelque soient leurs bienfaits, n’apporte rien de particulier dans le domaine du « sens de l’existence » ; c’est pourquoi Heidegger a dit : « la science ne pense pas » !</p>
<p>Le ciel, le domaine des valeurs et des idéaux est remplacé par la seule valeur de l’argent et tout est converti en argent. Là aussi, il ne s’agit pas de dénigrer l’argent, pas plus que la technique comme instrument, mais l’argent converti en cause formelle  de toute notre action sur terre. On voit bien ce qui se passe lorsque l’argent devient la norme suprême. La prostitution n’est pas l’amour ! On perd là aussi en humanité et l’existence devient impropre. Dans la grande criminalité, l’argent est le motif supérieur de toute action qu’il s’agisse du trafic de drogue ou d’être humains.</p>
<p>Dans le domaine de la cause motrice, celui des hommes, la masse se substitue à la personne humaine. La personnalité, formée de façon classique par la culture générale, est quelque chose de dangereux pour le système qui a besoin d’être humains normés et interchangeables, donc égaux en inculture (mais très compétents techniquement, bien sûr !) La société du Gestell dispose de l’instrument qui porte bien son nom, les mass media, pour conditionner les esprits et les ramener à une norme médiocre et instrumentalisable. Tout historien sait qu’avant la guerre, il y avait bien plus de liberté de parole en France. Il y avait aussi plus de véritables personnalités qui s’exprimaient dans leur originalité. Il suffit de lire par exemple les débats à l’assemblée nationale avant guerre et aujourd’hui. Les discours sont devenus de plus en plus techniques, convenus et plats. La pression conformiste de la masse a pris l’importance que Tocqueville avait prévue autrefois et qu’il considérait comme une dérive grave de la démocratie en Amérique.</p>
<p>Quant à la cause finale, qui était d’ordre divin dans toutes les sociétés traditionnelles, elle est devenue l’ego lui-même de l’individu. Cet ego est un composé de raison calculatrice et d’instincts reptiliens au détriment du cerveau intermédiaire, siège de l’affectivité et de l’identité personnelle. Les caprices de l’ego deviennent en quelque sorte sacrés et quiconque s’y oppose est un réactionnaire « fasciste » qui devra répondre devant les tribunaux. C’est ainsi que le député de Tourcoing, Vanneste, qui est agrégé de philosophie par ailleurs a été condamné en première instance puis en appel pour avoir osé dire que l’homosexualité avait moins de valeur que l’hétérosexualité du point de vue de l’humanité <sup class='footnote'><a href='#fn-125-6' id='fnref-125-6'>6</a></sup>. Il s’était fondé sur Kant pour qui une règle morale se reconnaît à ce qu’elle est universalisable. Le vol, par exemple, n’est pas moral car si tout le monde vole, la société n’est plus viable. Or si tout le monde devient homosexuel, l’humanité va disparaître : ce n’est donc pas universalisable donc sa valeur morale est nulle. Vanneste a été condamné pour propos discriminatoires donc attentatoire aux valeurs de l’égalitarisme mais aussi parce son propos risquait de mettre des bornes aux caprices de l’ego, ce qui est inadmissible dans le « Gestell » où l’homme est une matière première et ne doit donc pas être sujet à des contraintes autres que celles qui permettent de le rendre utile comme matière première de l’économie !</p>
<p>Le Gestell est donc un système où règnent quatre idoles : la technique, l’argent, la masse et l’ego. On connaît tous des individus dont les intérêts se limitent à cela. Entendons nous bien : il ne s’agit pas de décrier la technique, l’argent, voire même la masse et l’ego. Ce sont des réalités nécessaires, et qui ont leur côté bénéfique. Ce qui est inquiétant et dangereux pour l’humanité même de l’homme <sup class='footnote'><a href='#fn-125-7' id='fnref-125-7'>7</a></sup>, c’est d’en faire des idoles et des absolus, et d’éliminer les valeurs qui devraient coexister avec ces réalités et les circonscrire.</p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">Schéma du « Gestell »</span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"><img class="aligncenter size-full wp-image-128" title="img-2" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/11/img-2.gif" alt="img-2" width="500" height="400" /><br />
</span></strong></p>
<p align="center">
<h2><span style="text-decoration: underline;">4/  les quatre masques idéologiques du « Gestell »</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Naturellement, la nature du Gestell est masquée à l’homme. Le schéma ci-dessus n’est avoué que par quelques esprits cyniques tel ce directeur de chaîne télévisée en France qui disait à peu près qu’il vendait de l’espace mental préfabriqué à ses clients.</p>
<p>Ainsi, officiellement, le régime n’avoue pas que la raison calculatrice (qui fonde l’esse,ce de la technique) est son socle métaphysique sans racines : cette réalité est masquée par l’idée de « progrès » sur lequel on ne revient pas ! Dans l’Union soviétique, on appelait cela « l’avenir radieux » ! On veut nous persuader exactement comme dans les sociétés communistes qu’il y a une nécessité historique du progrès, lequel est défini de façon arbitraire mais toujours en connexion avec l’égalitarisme : la parité hommes/ femmes serait par exemple un de ces « progrès » ou bien la « diversité ethnique » : ce sont des dogmes qui ne se discutent pas, et tant pis pour la démocratie affirmée de façon mensongère par ailleurs ! L’antiracisme joue d’ailleurs la même fonction de « progrès » au service du Gestell : rendre les hommes déracinés et interchangeables. Le mythe du « progrès justifie tous les laxismes, la facilité, le nivellement et la primauté du cerveau reptilien !</p>
<p>Le régime n’admet pas que l’on dise que l’argent est sa norme suprême. Ce fait bien réel est masqué par l’égalitarisme : on va d’ailleurs supprimer tout ce qui distingue les individus sauf l’argent. Vous pouvez sélectionner les hommes par l’argent (en recrutant une femme de ménage à un salaire double de la normale, toujours possible à justifier en raison de qualifications spéciales, par exemple parler le Russe) mais vous ne pouvez pas recruter pour votre grand-mère une dame de compagnie de race blanche ou même chrétienne : ce serait discriminatoire et condamnable au pénal !</p>
<p>Le régime n’avouera pas qu’il fait la promotion de la masse au détriment de la personnalité : mais c’est bien ce qu’il fait lorsqu’il se fixe des objectifs du genre : tout le monde doit avoir le bac ! On favorisera sans le dire la baisse de niveau, la facilité, les goûts vulgaires de la foule au nom de l’égalité. Le sociologue d’extrême gauche Bourdieu n’avait-t-il pas condamné la « distinction » au motif que c’était selon lui un motif de discrimination des bourgeois contre le peuple ? On pourrait trouver bien d’autres exemples. L’oligarchie n’a pas besoin de citoyens lucides et responsables : ce serait dangereux pour elle ; elle a besoin d’une masse passive et conformistes de citoyens spectateurs : c’est bien pourquoi elle s’est toujours opposée à l’introduction dans notre pays de la démocratie directe à la Suisse !.</p>
<p>Enfin, il importe de remplacer la divinité et toute forme de sacré par l’ego. Là, Freud a joué un grand rôle. Plus les citoyens sont isolés par leur égoïsme, moins ils sont dangereux pour l’oligarchie. Le régime condamne le moindre écart de langage considéré comme discriminatoire mais est une tolérance immense pour la pornographie. Plus l’individu s’enferme dans les plaisirs immédiats, panem et circenses, moins il se mêlera des affaires de l’Etat. La primauté de l’ego est flatteuse et aboutit à abrutir le peuple de façon à ce qu’il ne puisse plus opposer de résistance. Toutefois, il ne faut pas officiellement avouer cette primauté donnée à l’ego : il est bien préférable de masquer cette réalité par l’idéologie des droits de l’homme.</p>
<p>Cette idéologie va bien au delà de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 adoptée alors que la France était encore une monarchie, on l’oublie trop souvent. Il s’agit des droits de l’homme comme instrument de destruction des normes dites « bourgeoises », ces droits de l’homme que Staline avaient volontiers signé lors de la fondation de l’ONU ! Il s’agit des « droits de l’homme » instrumentalisés pour empêcher la nation de se défendre elle-même, dans les questions d’immigration par exemple. Il s’agit de droits « catégoriels » donnant des privilèges à tel ou tel groupe de citoyens au détriment par exemple de la liberté d’expression ! (affaire Vanneste citée plus haut ). Il s’agit des droits dit « sociaux » qui sont des créances sur la société et qui vont justifier l’intervention de l’Etat pour accroître la pression fiscale et réduire les libertés des citoyens (droit à l’emploi, au logement, aux loisirs, que sais-je : qui paiera ?)</p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">5/ Conséquences réelles du Gestell : retour à la barbarie</span></h2>
<p><DIV style="BORDER-TOP: #cccccc 3px dotted"></DIV></p>
<h5>Notes de bas de page</h5>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-125-1'>On trouve ce type de schémas dans « l’introduction à la métaphysique » de Heidegger ; tel ; Gallimard <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-2'>Voir la deuxième conférence de Brème de Heidegger : la question de la technique in « Essais et Conférences » ; tel ; Gallimard <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-3'>Et non politique ! <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-4'>Introduction à la métaphysique, op cit p. 49 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-5'>Ibidem, page 49 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-6'>Il a gagné en Cassation <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-6'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-7'>Voir Martin Heidegger ; « lettre sur l’humanisme » ; Aubier ; 1983  pour la troisième édition <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-7'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<item>
		<title>Le système oligarchique : conférence le 14/09/09</title>
		<link>http://www.insoc.fr/2009/09/le-systeme-oligarchique-prochaine-conference-le-140909/</link>
		<comments>http://www.insoc.fr/2009/09/le-systeme-oligarchique-prochaine-conference-le-140909/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 07:57:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.insoc.fr/?p=110</guid>
		<description><![CDATA[J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine conférence, se tiendra le :




Le lundi 14 septembre 2009 à 19H 30
A l’Hôtel Néva (rez-de-chaussée)
14 rue Brey – 75017 PARIS (près de l’étoile)
Thème général :
 Le Système oligarchique ;
comment il nous domine et comment s’en libérer !



Vous trouverez ci-dessous le thème et la liste des conférences [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-122" title="insoc-1" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/09/insoc-1.jpg" alt="insoc-1" width="600" height="397" />J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine conférence, se tiendra le :</p>
<table style="border-collapse:collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="14" width="100%" bgcolor="#F2F1F1">
<tbody>
<tr>
<td style="border-width: 2px; border-color: #000; border-style: dashed;" width="80%">
<p style="text-align: center;"><strong>Le lundi 14 septembre 2009 à 19H 30</strong><br />
A l’Hôtel Néva (rez-de-chaussée)<br />
14 rue Brey – 75017 PARIS (près de l’étoile)</p>
<p style="text-align: center;">Thème général :<br />
<strong> Le Système oligarchique ;<br />
comment il nous domine et comment s’en libérer !</strong></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Vous trouverez ci-dessous le thème et la liste des conférences pour l’année. Elles auront toutes lieu le lundi à 19h30, à l’hôtel Néva.</p>
<p>A bientôt et bien amicalement</p>
<p>Yvan BLOT</p>
<h1>Conférence inaugurale le 14 septembre 2009</h1>
<p>Le thème de la conférence inaugurale, comme vous l’avez constaté sera :</p>
<p>Notre démocratie de façade cache une oligarchie ;</p>
<p>Origine historique de cette situation</p>
<p>Voici la thématique qui sera abordée le 14 septembre :</p>
<p>L’histoire de l’humanité est en grande partie l’histoire de ses classes dirigeantes. Dans toutes les sociétés sauf les sociétés très primitives, des classes dirigeantes sont apparues (Spencer) et ont cherché à justifier leur domination, en général avec succès. Ce succès reposait principalement sur leurs prestations, protéger la société du désordre intérieur et des ennemis extérieurs, notamment.</p>
<p>Très tôt, les anciens philosophes grecs perçurent que les dirigeants pouvaient rechercher leur intérêt propre et trahir le bien commun. La classification classique des régimes politiques d’Aristote vient de là : la monarchie vise le bien commun à l’inverse de la tyrannie. L’aristocratie vise le bien commun à l’inverse de l’oligarchie. Dans le langage actuel, la démocratie (Aristote disait : politeia que l’on traduit par république) vise le bien commun, ce qui n’est pas le cas du gouvernement démagogique.</p>
<p><span id="more-110"></span></p>
<p>Plusieurs critères permettent de distinguer les élites dévouées au bien commun et celles qui ne le sont pas :</p>
<p>Les propriétaires, rois ou aristocrates, ont une vision à long terme de la gestion de leurs biens, ce qui est beaucoup moins le cas des gérants salariés nommés pour une période courte. A l’heure actuelle, ce sont les gérants salariés, les « managers » qui gouvernent non seulement l’Etat mais aussi la plupart des grandes entreprises et les médias. C’est le règne de l’intérêt à court terme.</p>
<p>Un deuxième critère peut être le caractère plus ou moins « héroïque » des gouvernants, c&#8217;est-à-dire leur capacité à se sacrifier eux-mêmes pour autrui. Cette capacité est plus grande, par vocation même, chez les religieux ou les militaires, ou encore chez les savants ou professeurs amoureux de la vérité ou les juges et policiers amoureux de la justice.</p>
<p>Autrefois, l’aristocratie occupait les postes supérieurs de l’Etat. Elle n’avait pas que des mérites mais elle avait celui d’être d’essence militaire : le soldat est prêt à mourir, à donner sa vie pour son roi ou son pays. L’éthique du sacrifice ne lui était pas étrangère. Les gouvernants actuels ont une éthique de carrière bien différente.</p>
<p>Au vingtième siècle, on peut dire que les aristocraties ont été remplacées par des oligarchies. Ce n’est pas la version de l’histoire officielle car les oligarchies ont prétendu se battre pour la démocratie. On fait croire aux foules occidentales qu’elles vivent en démocratie, laquelle aurait remplacé les monarchies d’autrefois et leurs aristocraties nobiliaires. En réalité, nous vivons en oligarchies sous le nom de démocraties dites « représentatives ». Essayez donc d’être candidat à une élection sans être membre d’un parti politique puissant : votre chance de vous faire élire est nulle ! Essayez donc de proposer une loi sur un sujet qui vous est cher. Il n’y a aucune procédure pour cela sauf dans les rares pays qui pratiquent la démocratie directe : la Suisse  et l’Italie, au niveau national et local, l’Allemagne et l’ouest des Etats-Unis, au niveau local seulement (Il faut lui ajouter la petite monarchie constitutionnelle du Liechtenstein, seul exemple d’un régime qui concilie monarchie réelle et démocratie directe).</p>
<p>Les vraies démocraties sont aujourd’hui celles qui combinent démocratie directe et démocratie représentative.</p>
<p>Pour les démocraties purement représentatives, le bilan n’est pas bon. Des études économiques très poussées, notamment du professeur suisse Kirchgässner, ont montré que les pays à démocratie directe ont des impôts 30%  plus faibles, des dépenses publiques 30%  plus réduites et une dette publique 50%  plus faibles que les démocraties représentatives. Le PNB est plus élevé en moyenne.</p>
<p>De plus, du point de vue politique, les démocraties directes satisfont leurs citoyens (80%  des Suisses sont satisfaits de leurs institutions. Dans les démocraties purement représentatives comme la France, les citoyens n’ont absolument pas le sentiment d’avoir une influence sur la politique de leur pays. Ils ne peuvent pas initier de référendums. Ils peuvent élire les députés présentés et sélectionnés par les grands partis politiques et c’est tout. Les programmes des partis se ressemblent de plus en plus. Le citoyen n’a plus guère de choix. D’après une enquête lourde menée par les politologues Bréchon et Tchernia, 40%  des Français font encore confiance au parlement, autant pour les syndicats et 18%  seulement font confiance aux partis politiques. Les Français n’ont pas l’impression que l’on gouverne en fonction des préoccupations et des intérêts du peuple.</p>
<p>Pour redonner du sens à la démocratie, il faut prendre conscience du caractère oligarchique du pouvoir actuel, qui est le pouvoir de gérants à court terme (rien à voir avec la gestion de vrais propriétaires). Il faut contrôler ces gérants : une seule voie pour cela : la démocratie directe.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-123" title="insoc-2" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/09/insoc-2.jpg" alt="insoc-2" width="600" height="455" /></p>
<table style="border-collapse:collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="14" width="100%" bgcolor="#F2F1F1">
<tbody>
<tr>
<td style="border-width:2; border-color:#3366ff; border-style:dashed;" width="80%">
<h2 style="text-align: center;">Programme 2009-20010</h2>
<p><strong>14 septembre 2009 :</strong><br />
Notre démocratie de façade cache une oligarchie ; origine historique du système</p>
<p><strong>19 octobre 2009 :</strong><br />
La façon dont l’oligarchie traite les hommes : une matière première</p>
<p><strong>16 novembre 2009 :</strong><br />
Les valeurs cardinales du système : la technique, l’argent, la masse, l’ego</p>
<p><strong>14 décembre 2009 :</strong><br />
L’enlaidissement du monde, matériel et moral</p>
<p><strong>Janvier 2010 :</strong><br />
L’autodestruction à terme du système : l’économie du court terme ; la spirale de la mort (crise de la famille et le déclin démographique)</p>
<p><strong>Février 2010 :</strong><br />
L’idéologie de justification du système oligarchique : droit de l’hommisme, égalitarisme, pseudo démocratie ; mythes et réalités</p>
<p><strong>Mars 2010 :</strong><br />
Sociologie politique du système dans sa réalité : les composantes de la classe oligarchique ; la dictature des oligarques et le conditionnement médiatique</p>
<p><strong>Avril 2010 :</strong><br />
Les forces de résistance au système : héros et victimes ; leur expérience, base pour une future résistance populaire</p>
<p><strong>Mai 2010 :</strong><br />
Trois contrepoisons face à l’idéologie du système : l’information expérimentale contre le mimétisme médiatique ; la philosophie existentielle ; la réaffirmation de la souveraineté nationale.</p>
<p><strong>Juin 2010 :</strong><br />
La juste revendication de la démocratie directe</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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		<item>
		<title>Heidegger face à Freud : l’homme est-il plus qu’un animal ?</title>
		<link>http://www.insoc.fr/2009/07/heidegger-face-a-freud-l%e2%80%99homme-est-il-plus-qu%e2%80%99un-animal/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 13:49:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Faire répondre à Freud par Heidegger peut sembler étrange car il n’y a pas eu, semble-t-il, de contacts entre ces deux hommes. Toutefois, un article est sorti dans la revue américaine « Political Psychology » intitulé « Heidegger and Freud » montrant qu’Heidegger a discuté avec de nombreux psychanalystes suisses, reprochant à ces derniers leur vision positiviste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_72" class="wp-caption alignleft" style="width: 410px"><img class="size-full wp-image-72 " style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; margin-right: 15px;" title="Martin Heidegger" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/07/heidegger.jpg" alt="Martin Heidegger" width="400" height="280" /><p class="wp-caption-text">Martin Heidegger</p></div>
<p>Faire répondre à Freud par Heidegger peut sembler étrange car il n’y a pas eu, semble-t-il, de contacts entre ces deux hommes. Toutefois, un article est sorti dans la revue américaine « <em>Political Psychology</em> » intitulé « <em>Heidegger and Freud</em> » montrant qu’Heidegger a discuté avec de nombreux psychanalystes suisses, reprochant à ces derniers leur vision positiviste et mécaniciste de l’homme. Par ailleurs, le psychanalyste suisse Ludwig Binswanger, correspondant de Freud, s’est éloigné de la psychanalyse sous l’influence de Heidegger pour développer la « <em>daseinsanalyse</em> » ou « analyse existentielle ». Il traite le positivisme scientiste de Freud (qui repose sur la scission sujet-objet) de « cancer de la psychiatrie ».</p>
<p>Il nous semble qu’opposer Heidegger à Freud est pertinent car Freud voit dans l’homme essentiellement un animal alors que Heidegger voit « l’essence » de l’homme comme totalement étrangère à celle de l’animal. Pour Heidegger, l’homme est capable de prendre du recul par rapport aux objets immédiats, il est « ouvert à l’être » et il sait à l’avance qu’il va mourir. L’animal est « pauvre en monde » : il ne voit du monde que ce que ses instincts lui permettent de percevoir. Au contraire, l’homme est non seulement « être au monde », riche en monde mais encore mieux : créateur de monde. En cela, l’homme est proche du Divin.</p>
<p>Freud a beaucoup inspiré le mode de vie matérialiste et hédoniste de l’Occident moderne. Or, Heidegger condamne ce mode de vie de la façon la plus nette : il le considère comme « inauthentique » car fondé sur « l’oubli de l’être » au profit d’un utilitarisme totalitaire. Pour Heidegger, l’homme moderne tourne en rond dans une vie sans signification, polarisée par quatre « idoles » : la technique, l’argent, la masse et l’ego. Le plaisir de l’ego est la « cause finale » du comportement moderne. L’argent et la technique sont au service de l’ego mais cet ego, à la fois orgueilleux et sans consistance, se perd dans la mode, le prêt à penser, le « on » (je pense comme « on » pense), bref, la masse ! C’est la fin de toute personnalité authentique. L’homme n’est plus humain : il n’est guère qu’une matière première pour l’économie (« une ressource humaine ») : affreuse expression qui ravale l’homme au rang du pétrole !). Pour bien jouer ce rôle de « matière première », il doit être interchangeable : foin des races, des nations, des familles et des lignées, des traditions culturelles qui pourraient être un obstacle à ce caractère interchangeable des hommes voués à l’utilitarisme ! C’est pour cette raison, outre la jalousie fortement ancrée au cœur de l’homme, que l’égalitarisme est si populaire dans la pseudo-démocratie<a href="file:///C:/Documents%20and%20Settings/Etienne/Local%20Settings/Temporary%20Internet%20Files/Content.IE5/RDT2JYOM/Heidegger%20face%20%C3%A0%20Freud%20conf%C3%A9rence.doc#_ftn1">[1]</a> d’aujourd’hui !</p>
<p><span id="more-64"></span>Le « système » dans lequel nous vivons (Heidegger l’appelle « <em>Gestell</em> ») est l’ennemi du « <em>quadriparti </em>», ce véritable habitat pour l’homme qui est un jeu de miroir entre la terre, le ciel, les hommes et la divinité. Le « <em>Gestell </em>» est l’ennemi de la terre, c’est-à-dire de tout enracinement, attachement à sa lignée et à sa patrie. Il obscurcit notre ciel, en évacuant d’outre forme d’idéal au profit d’un plat utilitarisme. Il évacue  la Divinité et le Sacré au profit de l’ego, du moi, qui devient déifié malgré sa vacuité foncière. Il évacue les hommes en tant qu’hommes, c’est-à-dire en tant que mortels, conscients du caractère merveilleux mais aussi tragique de l’existence. Ce matérialisme occidental fait perdre à l’homme son côté combattif. Ce dernier devient une « bête de troupeau », certes pacifique mais inadapté à la confrontation avec les défis de l’histoire, celui du radicalisme islamiste par exemple.</p>
<p>Heidegger veut donner à l’homme une nouvelle chance d’habiter un environnement humain, celui du « <em>quadriparti </em>». L’homme a besoin de respecter ses racines et de servir un idéal, il a besoin de créer conformément à l’étincelle de Divinité qu’il recèle, il a besoin de se sacrifier, jusqu’à l’héroïsme si les circonstances l’exigent. C’est alors qu’il est vraiment un homme ! Sinon, il régresse vers une condition proche de l’animalité où il ne peut trouver aucun bonheur, aucune « sérénité » (<em>Gelassenheit</em>).</p>
<p>Si Heidegger offre une alternative à Freud, cela veut dire qu’il offre une alternative vraiment humaine à un monde occidental moderne déshumanisé, où l’homme n’est plus qu’une « bête technicisée » (<em>technisiertes Tier</em>) !</p>
<h3>1/ Brefs éléments de biographie</h3>
<p>Le philosophe allemand Martin Heidegger (26 septembre 1889 à Messkirch ; 26 mai 1976 à Freiburg) est en général considéré comme un des plus grands philosophes du monde, y compris par ses adversaires. Il a été professeur à Marbourg et à Fribourg et, période controversée, recteur de l’université de Fribourg sous le IIIème Reich de 1933  à 1934. Il démissionna alors de son poste, fait très rare sous ce régime. Il fut critiqué par des intellectuels nazis comme Ernst Krieck et fut même chassé de l’Université par les nazis à la fin de la guerre pour faire des terrassements. Malgré cela, Il perdit son poste après la guerre pendant quelques années, puis on lui reprochera son silence sur le troisième Reich. En réalité, il semble qu’il ait considéré l’Occident, l’URRS et le Troisième Reich comme des variantes d’un même dispositif métaphysique (le Gestell) et il estimait sans doute ne pouvoir condamner une variante sans condamner les autres. C’est un point de vue de philosophe attaché à l’être des choses, au delà de la politique proprement dite.</p>
<p>Heidegger a été influencé entre autres par Heraclite, Parmenide, Platon, Aristote, Saint Augustin, Thomas d’Aquin, Maître Eckhart, Pascal, Luther, Kant, Hegel, Kierkegaard, Nietzsche et Husserl. Il a influencé de façon décisive la philosophie contemporaine non anglo-saxonne avec Arendt, Lévinas, Marcuse, Gadamer, Sartre, Beaufret, Derrida, Ricoeur, Althusser, Foucault, Sloterdijk. Il a eu aussi une énorme influence au Japon où à l’université de Kyoto notamment, on étudie ses œuvres. Il fut enterré dans le rite catholique et fit lire sur sa tombe par son fils ainé des poèmes de Hölderlin. Sur sa tombe se trouve non pas une croix comme pour sa femme mais une étoile.</p>
<h3>2/ La méthode</h3>
<p>Heidegger, lorsqu’il analyse quelque chose ou quelque idée remonte en amont vers son origine : il utilise beaucoup l’étymologie. Par exemple, Quand il analyse la science, il cherche à savoir les présupposés qui permettent à la science de fonctionner. Ces présupposés ne sont pas scientifiques par définition, mais philosophiques. En ce sens, la science est fille de la philosophie, donc des Grecs. Pour comprendre son essence, il faut donc remonter aux premières hypothèses faites par les Grecs sur le monde.</p>
<p>De même, Heidegger analyse le communisme en recherchant le terreau qui a permis à celui-ci d’apparaître à savoir la métaphysique occidentale, dans son déploiement de Descartes à Hegel. Heidegger découvre donc que l’essence du communisme est dans la volonté de puissance, volonté de volonté, qui échappe à l’emprise humaine dans son déchainement. En cela, écrit-il, le communisme n’a rien d’humain et même ses chefs sont soumis à sa logique de puissance : ils ne font pas ce qu’ils veulent. En creusant son analyse, Heidegger montre que le terreau du communisme et de la démocratie occidentale est le même, ce qui le conduit à étudier notre société qui se croit libre comme un système qui s’impose à l’homme, le « Gestell » (dispositif utilitaire).</p>
<p>Heidegger critique alors la pensée occidentale en remettant en cause ses présupposés métaphysiques, comme Kant avait commencé à le faire. Par exemple, contrairement à Descartes qui a écrit : « je pense donc je suis », il affirme que l’être précède la pensée : je suis d’abord, ce qui me permet de penser. Ainsi, le sujet n’est plus au centre le la philosophie mais cède cette place à l’être. Cela a des conséquences considérables, y compris sur le plan politique.</p>
<p>Souvent, quand on a lu et compris Heidegger, on ne voit plus le monde de la même façon. Cette pensée est liée à la structure de la langue allemande qui permet un questionnement philosophique profond. Pour dire « il y a » (Cette formule du français qui utilise le verbe avoir et qui renvoie donc à un sujet), l’allemand dit « es gibt » (il donne) : c’est l’être qui vous apporte un objet en quelque sorte ! Le monde n’est plus centré sur le sujet mais le sujet s’ordonne par rapport au monde préexistant. Cela conduit Heidegger à remettre ainsi en cause toute la métaphysique occidentale, surtout sous sa forme moderne, qui affirme le primat du « sujet ». Il aboutit à une critique extrêmement radicale de la société moderne, notamment sous sa forme actuelle, dite « démocratique »..</p>
<p>On se limitera aujourd’hui à étudier la conception de l’homme de Heidegger et à évoquer quelques conséquences politiques venant de cette pensée qui, contrairement à celle de Freud, oppose radicalement l’homme à l’animal.</p>
<h2>
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		<title>Freud et la révolution des années soixante en Occident</title>
		<link>http://www.insoc.fr/2009/07/freud-et-la-revolution-des-annees-soixante-en-occident/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 13:40:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[
Après le prophète de la révolution religieuse Voltaire, le prophète de la révolution politique, Rousseau, le prophète de la révolution économique et sociale, Marx, nous avons le prophète de la révolution de la morale et du sexe, Freud.
 
Rousseau et Marx ont engendré des révolutions totalitaires qui ont conduit à des crimes de masse. Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">
<div id="attachment_70" class="wp-caption alignleft" style="width: 409px"><img class="size-full wp-image-70 " style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; margin-right: 15px;" title="Sigmund Freud" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/07/freud.jpg" alt="Sigmund Freud" width="399" height="291" /><p class="wp-caption-text">Sigmund Freud</p></div>
<p>Après le prophète de la révolution religieuse Voltaire, le prophète de la révolution politique, Rousseau, le prophète de la révolution économique et sociale, Marx, nous avons le prophète de la révolution de la morale et du sexe, Freud.</p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p>Rousseau et Marx ont engendré des révolutions totalitaires qui ont conduit à des crimes de masse. Il n’en est pas ainsi de Freud, mais ses épigones ont réussi à provoquer une révolution « silencieuse » comme on dit au Québec, dans les années soixante, dont les conséquences sont si graves qu’elles peuvent entraîner la mort démographique, donc la mort tout court, de l’Occident et des peuples blancs (j’ose le terme puisqu’on parle de peuple noir sans provoquer de scandale semble-t-il) . C’est sans doute Freud le plus actuel de nos quatre faux prophètes et son influence explique largement les particularités de la désagrégation sociale développée dans les années soixante.</p>
<p>Qui fut ce Schlomo Sigismund Freud, né en 1856  à Freiberg, aujourd’hui Pribor, en république tchèque, et mort à Londres par suicide assisté en 1939 ? Le père de Freud était un commerçant juif ruiné en 1859 ; La Famille, très religieuse, s’installe à Vienne. Freud y fait ses études. Au lycée, il lit Feuerbach et conservera de ses lectures de profondes convictions matérialistes, athées et scientistes. Il fait des études de médecine. Il traduit en 1880 quatre essais de Stuart Mill, le libéral anglais à tendances sociales. En 1882, il épouse Martha Bernays, la fille du grand rabbin de Hambourg. Il devient médecin et Breuer l’intéresse à un cas d’hystérie. En 1885, il soigne à la cocaïne son ami Fleischl qu’il intoxique gravement. Il va voir Charcot à Paris pour suivre des cours. En 1895 avec Breuer, il publie des études sur l’hystérie à Vienne. Il rédige l’esquisse d’une psychologie scientifique et adresse à Fliess un schéma sur la sexualité.</p>
<p>En 1895 encore, il adhère à l’association maçonnique juive B’nai B’rith. Il semble que cette société l’ait beaucoup aidé d’après l’allocution de lui qui fut lue par son frère le 6 mai 1926, à la loge « Vienne », Freud étant malade. Freud prononça entre 1897 et 1917  vingt et une conférences aux B’nai B’rith, notamment sur les rêves et l’inconscient mais aussi sur Emile Zola et Anatole France. Voici quelques citations de son allocution de remerciements de Freud aux B’nai B’rith publiée dans les œuvres complètes (volume 18) parues en français  aux PUF à Paris. Freud leur est d’une grande reconnaissance et s’explique ainsi : « d’une part, j’étais parvenu pour la première fois à pénétrer dans les profondeurs de la vie pulsionnelle humaine (..) d’autre part, la communication de mes découvertes déplaisantes eut pour résultat de me faire perdre la plus grande partie de mes relations humaines d’alors ; je me sentais comme proscrit, évité de tous. Dans cet esseulement s’éveilla en moi le désir d’un cercle d’hommes choisi, à l’esprit élevé, qui m’accueilleraient amicalement en dépit de ma témérité. Votre association me fut désignée comme le lieu où pouvaient se trouver de tels hommes. »</p>
<p><span id="more-57"></span>Freud ajoute : « le fait que vous soyez juifs ne pouvaient que répondre à mon souhait car j’étais moi-même juif et il m’avait toujours paru non seulement indigne mais franchement insensé de le dénier ».  Freud précise cependant qu’il est incroyant et insensible à l’orgueil national. Mais il avoue être attiré par le monde juif par « d’obscures puissances du sentiment, d’autant plus violentes qu’elles se laissaient moins saisir en des mots ». Et surtout « c’est parce que j’étais juif que je me trouvais libre de nombreux préjugés » ; il pensait que cela le rendait intellectuellement libre pour critiquer mœurs et traditions.</p>
<p>Il conclut en disant à ses amis juifs francs-maçons : « vous avez été mon premier auditoire (..) je suis allé chercher rafraîchissement et incitation dans le commerce avec vous (..) que vous ayez signifié beaucoup pour moi, et beaucoup fait dans les années où j’étais des vôtres » (avant d’être malade) «  c’est ce dont je me permets de vous assurer. Recevez donc pour autrefois comme pour aujourd’hui, mes remerciements les plus chaleureux. In W.B. und E  (in Wohlwollen, Bruderliebe und Eintracht (avec bienveillance, amour fraternel et harmonie : devise du B’Nai B’rith !) votre Sigmund Freud.</p>
<p>Il ne faut pas en tirer la conclusion que la relation de Freud avec la communauté juive était sans nuages. Certes, avec les franc-maçons juifs, du B’nai B’rith, tout allait bien. Mais Freud se nommait lui-même avec humour « the infidel Jew » et lorsqu’il publia vers la fin de sa vie « Moïse et la religion monothéïste », il suscita un tollé dans les milieux juifs. Le livre de René Major et Chantal Talagrand « Freud, biographie » montre à quel point Freud fut haï des juifs traditionnalistes ou même simplement conservateurs : « pour Abraham Yahuda, les paroles de Freud sont aussi  « haineuses pour Israël que celles du plus fanatique des Chrétiens (sic) ».  Martin Buber, spécialiste du hassidisme, parle à propos du livre sur Moïse (qui soutient notamment que Moïse est égyptien), d’un « ouvrage regrettable, non scientifique et fondé sur des hypothèses indémontrables » (..) A Max Eitington, qui s’ouvre à Freud de sa discussion avec Martin Buber, Freud répond (.) : « les phrases pieuses de Martin Buber ne feront pas de ma à mon livre « l’interprétation des rêves ». Le « Moïse » est bien plus vulnérable et je me prépare à un assaut des Juifs contre lui ». Outre les critiques juives, il y a aussi la critique des Chrétiens : le père Vincent McNabb  du « Catholic Herald » de Londres, juge par exemple qu’ « il ne peut citer certaines pages de « l’homme Moïse », des pages qui nous incitent à nous demander si l’auteur n’est pas un obsédé sexuel ».</p>
<p>En résumé, Freud se sent bien parmi les juifs irréligieux ; il apprécie le sionisme dans son côté laïc. Il est fier d’être juif parce que cela lui permet de tout critiquer librement, pense-t-il ! Mais  les juifs attachés à leur tradition en vu en lui un dangereux démolisseur de leur culture !</p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p>Reprenons sa vie : en 1896, il utilise pour la première fois le terme « psychoanalyse » dans un article sur les causes des névroses.  En 1897, il commence à interpréter la tragédie de Sophocle « Œdipe roi ». Il va en Italie mais n’ose pas aller à Rome : jeune, il détestait les Romains et admirait Hannibal, le héros « sémite » !</p>
<p>En 1902, l’empereur François-Joseph le nomme par décret professeur extraordinaire. En 1906, ses amis pour ses cinquante ans lui offre une médaille avec son profil gravé et au revers Œdipe !  Son ami Ferenczi, psychanalyste hongrois, écrit : « les Etats sexuels intermédiaires » qui prend la défense des homosexuels. En 1907, Jung crée à Zurich la société Freud ! Ce dernier s’en félicite car il a peur que la psychanalyse soit considérée comme une « science juive » or Jung n’est pas juif ! En 1912, avec l’accord de Freud, Jones crée un « Comité secret pour veiller à la diffusion de la cause psychanalytique ». En 1913, Freud rompt avec Jung qui relativise l’importance de la sexualité dans le psychisme et qui s’intéresse aux mentalités collectives des peuples. En 1927, Freud publie son livre anti-religieux : « l’avenir d’une illusion ». En 1935, il publie « Malaise dans la civilisation ». C’est l’année où le psychanalyste Rittmeister est exécuté par les nazis pour participation au réseau Orchestre Rouge, réseau de renseignement créé pour le compte de l’armée rouge de Staline.</p>
<p>En 1938, se sentant menacé par le régime nazi qui annexe l’Autriche, Freud quitte Vienne  pour Londres. C’est la même année qu’il publie le début de « l’homme Moïse et la religion monothéïste » qui sera tant critiqué dans les communautés juives. En 1939, 23 septembre, le médecin de Freud Max Schur lui donne la mort par injection de morphine.</p>
<p>Freud n’est pas qu’un médecin et l’inventeur de la psychanalyse. Il crée autour d’elle un véritable mouvement d’idées dont il pense d’ailleurs qu’il va révolutionner la civilisation.</p>
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