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	<title>Institut Neo Socratique &#187; Conférences</title>
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	<description>Le site de l&#039;Institut Neo Socratique</description>
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		<title>Quatrième conférence : L&#8217;enlaidissement du monde</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 16:01:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[   Quatrième conférence : 
 L’enlaidissement du monde (matériel et moral)
 L’enlaidissement du monde est une conséquence de la prise du pouvoir par le « Gestell » et ses oligarques. Celui-ci, selon Heidegger, est « le dispositif d’arraisonnement utilitaire ». Dans ce dispositif qui fait des hommes ses matières premières sans qu’ils en soient très conscients, le « fonctionnel » et non le Beau, domine les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">  <strong><span style="text-decoration: underline;"> Quatrième conférence : </span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> L’enlaidissement du monde (matériel et moral)</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong>L’enlaidissement du monde est une conséquence de la prise du pouvoir par le « Gestell » et ses oligarques. Celui-ci, selon Heidegger, est « le dispositif d’arraisonnement utilitaire ». Dans ce dispositif qui fait des hommes ses matières premières sans qu’ils en soient très conscients, le « fonctionnel » et non le Beau, domine les préoccupations. L’état d’esprit est d’exploiter le monde, non de l’aimer.</p>
<p> A vrai dire, l’homme s’est toujours tourné vers ce qui est utile, mais cela n’excluait pas une démarche poétique associée. Ainsi, des aviateurs de la première guerre mondiale parmi les meilleurs allaient saluer en battant des ailes la tombe d’un aviateur ennemi tombé au champ d’honneur. Ce n’était pas « utile » mais c’était beau. Les deux ne s’excluaient pas. Dans le « Gestell », l’utile envahit tout et le beau est marginalisé, quand il n’est pas détruit. Beaucoup de villes de banlieue traduisent cet état d’esprit dans leur architecture. Le but n’est pas le bien être de l’habitant mais l’obéissance à des normes administratives et financières qui déterminent le type d’architecture adoptée. Lorsque l’architecte a une marge de manœuvre pour l’esthétique, il va faire prévaloir sa volonté de puissance et son subjectivisme, et non les goûts des futurs habitants où des références à des racines communes pourraient être évoquées.</p>
<p> <span id="more-149"></span></p>
<p><strong>1/ L’amour et la beauté</strong></p>
<p><strong> </strong>Cela nous conduit à un petit détour par la philosophie pour comprendre ce qui se passe sous nos yeux.</p>
<p>Heidegger estime que les grandes passions sont des modes de « présence à l’être » car ils ne dépendent pas d’un calcul utilitariste. Elles sont liées à la liberté, qui est notre essence et cette liberté entre toujours en résistance face à l’être. La passion rassemble donc notre puissance et notre impuissance. Dans l’amour, l’autre reste opaque mais rien n’interdit de ce passionner pour lui. En cela, l’amour nous advient, comme l’être et le temps. Heidegger a beaucoup apprécié cette phrase de Saint Augustin que lui a envoyé Hanna Arendt : « je t’aime ! Je veux que tu sois ce que tu es ». L’amour prend l’allure d’un destin où un autre vous est confié. Aimer, c’est accepter librement ce qui advient (et auquel on ne peut rien). C’est pourquoi on peut écrire : « <strong>l’amour offre l’être à la pensée et la pensée offre alors un poème (une beauté) à l’amour. »</strong> (correspondance entre Arendt et Heidegger lors de leurs retrouvailles en 1950).</p>
<p> La déchristianisation du monde moderne conduit ainsi à un abandon de l’amour de l’être, et de Dieu comme étant suprême. La civilisation occidentale est fondée sur l’amour (agapè en grec) non seulement depuis le Christianisme mais déjà chez les Grecs, chez Platon (le Banquet) ou chez Sophocle (Antigone). A présent, on ne s’intéresse qu’aux étants de façon utilitaire et on n’a plus de gratitude envers ce qui advient (l’être). D’où une rupture de continuité dans notre civilisation. On construit plus Notre-Dame de Paris mais des « maisons de la culture » en béton, comme dans l’ex Union soviétique.</p>
<p> Sans amour, pas de beauté ! (Voir la citation en gras ci-dessus). Le monde moderne, indifférent à l’être, veut exploiter l’étant. La beauté n’est donc plus le but. On le voit dans l’art : un fan de musique contemporaine m’a dit un jour : « le but de la musique n’est pas le beau, c’est le jeu mathématique ! »</p>
<p> Dans ce monde du Gestell, les quatre idoles qui structurent le monde évacuent la beauté : l’argent est la norme suprême : pourquoi ne pas remplacer l’Arc de Triomphe par un immeuble de rapport ? La technique passe en priorité : elle « rapporte » ! La masse triomphe : elle est l’inverse de la qualité et donc de la beauté. L’ego est le sujet de l’art, lequel ignore le monde et sa beauté. Comme l’écrit Jean-François Mattéi, le monde cède la place à l’im-monde ! Salvador Dali a dit de son côté : « quand on ne croit à rien, on peint à peu près rien ».</p>
<p>On a tous des exemples de ce déclin de la beauté avec la modernité : architecture « soviétique » (il y  en a plein en Occident, réalisée souvent par des maires « de droite »), artistes contemporains minimalistes (Dali disait : il faut les payer de façon minimaliste), mises en scène d’opéra visant à détruire le monde du compositeur (on représentera Wotan en capitaliste et les géants en ouvriers exploités dans l’Or du Rhin de Wagner.)</p>
<p> <strong>2/ la barbarie de la culture, le goût face à l’utilité</strong></p>
<p><strong> </strong>C’est le titre d’un des chapitres de l’excellent ouvrage du philosophe Jean-François Mattéi, « la barbarie intérieure » (PUF 2004). Selon lui, « l’ancienne culture de l’âme, celle de Cicéron, de Montaigne ou de Pascal, qui définissait les traits universels de l’honnête homme, a été vidée de sa substance pour se réduire à la culture formelle de cet être nouveau : l’homme des masses (..) un type d’homme hâtivement bâti sur quelques pauvres abstractions qui ne se définit plus à ses propres yeux par sa pensée, mais par ses appétits indiscernables de ceux des autres hommes masses. » Citant Otega y Gasset, Mattéi ajoute : « alors que l’homme de la culture classique, l’homme civilisé, cherche à s’enrôler au service d’une règle qui lui est extérieure, qui lui est supérieure, l’homme masse se satisfait d’une vie médiocre ou inerte qui, statiquement, le referme sur elle-même, se condamne à une perpétuelle immanence ». Signe de tout cela : le loisir (entertainment) se substitue à la culture.</p>
<p> La colonne est pour Mattéi le symbole de la culture : « il y a plusieurs façons d’attenter à la noblesse d’une colonne, c’est-à-dire de l’ordre qui, depuis les temples doriques, régit l’architecture de pierre comme l’architecture d’esprit de l’Europe. On peut la jeter dans la fange du mépris et rester indifférent à son élévation qui exalte le ciel ; on peut la maculer d’un tag rageur qui dit toute la détresse de la terre</p>
<p>On peut la souiller d’une parole qui est un affront à la langue des dieux ; on peut enfin la dénigrer par la pensée en oubliant qu’elle a été édifiée à la mesure de l’homme. A chaque reprise, la barbarie du regard ou du geste récuse dans la colonne toute la puissance du temps et toute la mémoire du monde. Aussi Zarathoustra demande-t-il à son compagnon de ne pas se détourner du miroir de sa propre grandeur et d’acquiescer à la venue de la beauté : tu dois imiter la vertu de la colonne : elle devient toujours plus belle et plus fine à mesure qu’elle s’élève mais plus dure et plus résistante intérieurement ». L’impératif de Nietzsche est l’impératif du monde dont le temple ordonné par le nombre et les proportions de ses colonnes recueille le sens du sacré qui prendra plus tard le nom de culture. Pour toutes les grandes civilisations de l’Inde à ‘Egypte, des Grecs aux Romains ou aux Mayas, la colonne a été le symbole premier de l’élévation de l’homme à la hauteur du divin ».</p>
<p> </p>
<p>«  Un grande partie de la culture contemporaine a rejeté avec la vertu de la colonne nietzschéenne l’appel à à l’élévation dans son désir d’avilir et de souiller le visage de l’homme »</p>
<p> </p>
<p>« les auteurs (Deleuze et Guattari) s’étonnent que l’arbre et donc la colonne aient dominé la culture de l’Occident : les colonnes doriques du Parthénon ou les colonnes gothiques de Notre Dame, l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance, les colonnes d’Hercule et les colonnes de Buren. Mais c’est ainsi : les barbares n’aiment pas les arbres : ils préfèrent aux forêts et aux champs les steppes et les déserts qui tracent l’horizon sans dresser de hauteur ou encore les plateaux où ils peuvent nomadiser sans jamais prendre souche et monter au soir leur regard vers le ciel. Que reste-t-il alors de la culture de l’Occident, toute hauteur abolie,  lorsqu’on a détruit le fût de la colonne et déraciné le tronc de l’arbre ? »  « Privé du sens de la hauteur l’être humain s’affaisse sur lui-même s’ensable et ses décompose comme si on lui avait ôté sa colonne vertébrale pour le réduire à l’état de sujet rampant et nauséeux »</p>
<p> </p>
<p>La culture produit aujourd’hui des êtres à carapace, durs à l’extérieur mais mous et gluant à l’intérieur ». L’ intelligence analytique sert à détruire le monde affectif au profit des seuls instincts reptiliens.</p>
<p> </p>
<p>La culture traditionnelle bâtit un monde, ordonné, séparé et autonome.. Comme ouverture d’un monde la culture véritable est toujours élévation</p>
<p> </p>
<p>Matt2i cite « la crise de la culture de Hannah Ahrendt où elle explique : « ce n’est pas l’intérêt mais le goût qui juge de ce que l’on appelle la culture, car la culture dans tous les sens du terme, n’a aucun intérêt et elle n’a aucun intérêt parce qu’elle a de par elle-même un monde (..) le goût suspend la subjectivité du sujet pour permettre à l’homme d’entrer dans le monde commun du sens où il rencontre le goût des autres hommes. C’est bien le partage des œuvres qui nous appelle au monde de la culture en nous arrachant aux processus de la vie sociale (arraisonnement utilitaire !) et aux cycles de la vie corporelle tout en nous imposant la sagesse de ses limites. Tout en effet n’est pas œuvre tout n’est pas sens, tout n’est pas beau !</p>
<p> </p>
<p><strong>3/ La culture et l’immonde</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>La décadence de l’art est expliquée par Mattéi à partir d’une analyse empruntée à Heidegger. « Dans la mesure où la vie humaine est comprise depuis Descartes comme subjectum et certitude de l’égoïsme subjectif, l’art, entrant dans l’horizon de l’esthétique, donc de la sensibilité du sujet, est désormais relevable de la subjectivité. (..) L’œuvre d’art se retire du monde. S’inscrivant désormais dans la sphère de la subjectivité, elle menace à tout instant de basculer dans l’immonde, entendons dans la déréalisation totale du monde à laquelle aboutit le nomadisme du sujet. </p>
<p> </p>
<p>Georges Steiner aussi décrit un monde plat sans transcendance  et sans lien à l’être, où la culture se dissout. Antoine Compagnon dans ses « cinq paradoxes de la modernité » décrit ainsi la culture moderne : superstition, du nouveau, religion du futur, manie théoricienne, appel à la culture de masse, passion du reniement. Tout cela se rapporte à un sujet vide incapable de s’insérer dans le monde. On occulte l’homme, le monde et Dieu pour se perdre dans la subjectivité. « D’indifférent, l’art devient proprement immonde quand il se cantonne dans un procédé de négation, de dévastation et de destruction à seule fin de procurer au barbare un frisson nouveau. La Modernité n’est autre que la dilatation du sujet. Comme disait Dali : œuvre minimale, ego maximal ! On délaisse le chant du monde dans son enracinement terrestre et son élévation céleste. Le choc, qui satisfait le seul cerveau primitif reptilien est devenu la norme !</p>
<p> Malevitch explique que Michel Ange en sculptant David a fait violence au marbre qu’il a mutilé ! et Mattéi commente : «  Le renversement de l’œuvre est porté ici à sa perfection : c’est l’artiste classique qui souille par son choix de créer une œuvre qui fait sens la pierre innocente alors que l’artiste abstrait se donne le droit par son objection qui est aussi une abjection de nier les œuvres antérieures, d’exalter l’immonde et d’instaurer le rien ».</p>
<p> Jean Baudrillart a scandalisé en disant que l’art contemporain est nul et pourtant celui-ci avalise la disparition de l’œuvre. « La désacralisation du monde est la rançon de la fétichisation du sujet qui, désormais seul sur terre, peut régner librement sur son vide intérieur.</p>
<p> On arrive à l’idée américaine que tout est bon « anything goes » : le relativisme est produit par le subjectivisme qui pose que le sujet n’a pas à se soumettre à une autorité extérieure. L’idée d’excellence est abolie et tout vaut tout.</p>
<p> <strong>4/ L’origine de l’œuvre d’art</strong></p>
<p><strong> </strong>Heidegger a écrit un texte extraordinaire qui s’intitule « l’origine de l’œuvre d’art ». Il montre que l’œuvre d’art authentique est bien plus qu’un artifice décoratif. Il prend l’exemple du temple grec. Le temple grec ne représente rien qui existe déjà dans la nature. Il est construit en vue d’une cause finale, la religion grecque. Il est la maison d’un Dieu et à ce titre ressemble à une maison grecque. Le temple grec, explique Heidegger, crée une patrie et élève un monde. L’homme va habiter dans ce monde et sur cette patrie. Il y a une tension entre cette patrie et ce monde qui en est tiré et qui conduit à la transcendance. Ce processus de création d’une oeuvre d’art est ce que Heidegger appelle « la mise en œuvre de la vérité ». La vérité ici entendue n’est pas scientifique mais existentielle. C’est une vérité vécue, celle des légendes religieuses de la Grèce qui forme l’esprit grec.</p>
<p> Le temple grec, comme la cathédrale de Paris ou le château de Versailles créé une patrie qui n’existait pas auparavant. On va dès lors habiter dans l’ombre de cette patrie qui fait sens, qui donne de l’enracinement à la vie.</p>
<p> Si on prend au sérieux cette analyse, on est conduit à voir différemment la construction de mosquées et de minarets sur notre territoire. L’œuvre d’art musulmane, dont la cause finale est l’islam, crée une « patrie » islamique » sur notre territoire en même temps qu’elle édifie un « monde » différent du notre. C’est une grave erreur métaphysique que de confondre le minaret avec un tas de pierre sans signification collective. Ce n’est pas un bâtiment purement utilitaire comme un hangar ou un grand magasin. Mais le monde moderne du « Gestell » dans lequel nous vivons est si matérialiste qu’il considère tous les bâtiments comme interchangeables. C’est par l’œuvre d’art au sens de Heidegger que l’homme édifie son habitat historique sur la terre, qui est constitutif d’une vérité, d’un dévoilement de son être propre. La beauté est une des façons dont cette vérité se manifeste alors. Or cette vérité n’a rien à voir avec les objets utilitaires. Elle constitue l’essence d’une civilisation. C’est pourquoi le peuple suisse a voté contre la construction des minarets. Il ne veut pas empêcher les Musulmans d’exercer leur culte en privé mais refuse de voir changer le paysage familier qui est l’essence même de la patrie dans sa dimension matérielle.</p>
<p> L’art entendu dans ce sens élevé est créateur de civilisation. Les œuvres d’Homère ou les Evangiles relèvent de cette catégorie. Aucun ouvrage scientifique ne peut faire de même car ce n’est pas son objet. Quand Wagner créé la tétralogie, il change le monde spirituel des Allemands. Il crée du nouveau sur la base de légendes anciennes et édifie une vision du monde sur une patrie renouvelée. L’œuvre d’art en ce sens n’a rien à voir avec l’objet d’art contemporain qui ne fonde rien.</p>
<p> L’essence de l’art est poésie, écrit Heidegger. Mais poésie dans ce sens est « fondation de la vérité », dévoilement d’une œuvre nouvelle qui porte un sens avec elle. Or fonder signifie ici trois choses : donner, enraciner et commencer (schenken, gründen, anfangen). Fonder consiste à donner un sens à quelque chose de nouveau. Mais ce don ne vient pas de nulle part et il s’enracine dans un fondement, un socle qui a ses propres racines. La cathédrale gothique est quelque chose de nouveau au 12<sup>ème</sup> siècle.</p>
<p> Mais ce nouveau s’enracine dans du préexistant architectural, religieux notamment. Il ne fait pas apparaître une nouvelle religion même s’il en exprime une sensibilité particulière, qui fait date ! La vérité dévoilée est dévoilée à un homme historiquement situé, jeté dans l’histoire :on n’est pas dans l’arbitraire. Il y a donc dans l’œuvre d’art deux choses en tension l’une avec l’autre : une création pure (le don) et l’enracinement dans un héritage. Création et enracinement créée les conditions d’un vrai « commencement ». Le commencement, explique Heidegger, n’est pas le primitif. Le primitif auquel manquent l’héritage et la richesse du don, n’a pas d’avenir. Il reste primitif dans l’éternel. Le commencement est porteur d’histoire et de postérité. Ainsi, l’œuvre d’art produit de l’histoire tout en déployant un monde nouveau sur une patrie renouvelée. L’origine de l’œuvre d’art est à la fois l’art et l’artiste. L’artiste n’est artiste qu’à travers son art. Cette origine est à la fois héritage de l’ancien (ur en allemand) et un saut dans la nouveauté (sprung en allemand). Le mot allemand « Ursprung » exprime donc bien que l’oeuvre d’art nait  du déploiement d’une œuvre sur une patrie qu’il renouvelle.</p>
<p> Heidegger dit que sa philosophie apporte l’espace nécessaire à l’œuvre, le chemin nécessaire au créateur, le lieu nécessaire à la conservation. Sommes nous à l’époque présente à l’origine (Ursprung) ? Comprenons nous le sens du mot origine ? Ou sommes nous en relation avec l’art comme des gens cultivés devant quelque chose de passé ? De passé sans retour (vergangen) opposé au passé qui règne toujours dans le présent et l’avenir (gewesen). Heidegger conclut sur ces vers du poète Hölderlin : « on quitte le lieu avec difficultés et souffrance, dès lors qu’on est encore proche du sens de l’origine ». C’est ce qui est arrivé aux Suisses : on se résigne mal à voir disparaître son paysage familier de la petite patrie lorsqu’on a encore le sens de son histoire et de sa propre origine. A cet égard, beaucoup de nos dirigeants ne peuvent être pour nous qu’un objet d’inquiétude et d’effroi : ils sont les fonctionnaires du Gestell et nullement les représentants du peuple ! Ils le sont formellement (gradés dans la classe politique) matériellement (ils touchent pour cela des revenus) mais sont-ils des agents moteurs de notre identité en marche, font-ils œuvre de fondation, enracinement et commencement ? (cause motrice). Quant à la cause finale, ont-ils une cause finale autre que leur propre volonté de puissance ? Si la réponse est « non », on est bien en présence de « fonctionnaires du Gestell » donc au service de l’oubli de l’être !</p>
<p> <strong>5/ beauté et laideur morale</strong></p>
<p><strong> </strong>Nous avons parlé du danger et de la réalité de l’enlaidissement du monde par la domination de l’arraisonnement fonctionnel des hommes dans le Gestell. Nous avons parlé de la crise de l’art dans un monde subjectiviste dominé par l’oubli de l’être, donc l’absence de gratitude envers la Création. Mais le monde extérieur et notre monde intérieur ne sont pas vraiment séparables et interagissent l’un sur l’autre. Pour les Grecs, la notion de beauté était aussi morale : cet acte est beau ou il est laid. On le dit encore dans notre langue.</p>
<p> L’utilitarisme effréné  est-il beau ? Madoff est-il beau ? La réponse n’est pas douteuse ! Selon nos philosophes classiques, une vie belle est une vie harmonieuse où l’équilibre entre les contraires se réalise, comme aurait pu dire Héraclite d’Ephèse ! Il faut donc un équilibre entre ce que Nietzsche appelait « la vertu qui donne » (c’est un peu la charité des Chrétiens) et la vertu qui gagne, entre le soldat et le marchand. Notre société est devenue purement utilitariste parce qu’elle est purement marchande. C’est la victoire du monde « mercurien » comme dit le professeur Youri Slazkine dans son étonnant ouvrage « le siècle juif ». Slazkine oppose le monde mercurien des nomades et de l’astuce au monde apollinien des guerriers et du sens de l’honneur. Il faut les deux. Là encore, il faut démystifier le monde moderne qui est le monde du gain et non celui du don. Il y a certes des mouvements « humanitaires » mais sont-ils toujours si désintéressés ? Sont-ils prêts au martyr ? C’est là la pierre de touche. Le vrai soldat est prêt à donner sa vie pour sauver la patrie. Rien n’est plus important pour un mortel que de pouvoir donner sa vie ! Une société sans honneur militaire est une société où l’esprit religieux est évanescent. Les deux vont de pair contrairement aux enseignements d’un christianisme moderne terriblement dégénéré. Le Christ a dit : je ne suis pas venu apporter la paix mais l’épée ! Et sa seule grande colère fut contre les marchands du temple ! Aujourd’hui, les marchands du Temple dominent la place publique, La Divinité est marginalisée et l’on a honte de se servir encore de l’épée, là où il est impossible de faire autrement. La beauté morale ne consiste pas à être pacifiste dans un monde qui n’est pas de bonté. Il faut combattre pour le bien et la beauté ne peut donc pas exister moralement sans cette dimension combattante et héroïque. Là est sans doute le destin de l’Occident. Doit-il s’avachir dans une société de consommation immédiate et sans racines ? Ou doit-il devant les périls retrouver son sens du combat héroïque et donc son sens de l’honneur ? La société doit-elle reposer sur un équilibre entre la féminité et la virilité (les deux reposent sur le don de soi, même si c’est de façon différente)? Ou doit-elle reposer sur le seul appât du gain, la recherche de la puissance pour la puissance qui conduit comme dit Heidegger a la destruction de la terre, à l’obscurcissement du ciel, à la fuite de la Divinité et à la massification des hommes ?</p>
<p> Là encore, la réponse n’est pas donnée par la science mais la haute poésie, en l’occurrence celle de Hölderlin : « là ou est le danger, là aussi croît ce qui sauve ! »</p>
<p style="text-align: center;"> Yvan BLOT</p>
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		<title>Les valeurs cardinales du Système</title>
		<link>http://www.insoc.fr/2009/11/les-valeurs-cardinales-du-systeme/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 09:51:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence N° 3 de l’INSOC du 15 novembre 2009
Nous avons vu que le système oligarchique qui règne sous l’apparence démocratique traite les êtres humains comme « la plus importante des matières premières » (Heidegger). A ce titre, ils doivent être le plus possible interchangeables, donc déracinés. L’égalitarisme, qui s’appui sur les forces primitives de la jalousie et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><img class="alignleft size-medium wp-image-136" title="oligarchie" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/11/oligarchie-246x300.jpg" alt="oligarchie" width="246" height="300" /><em>Conférence N° 3 de l’INSOC du 15 novembre 2009</em></p>
<p>Nous avons vu que le système oligarchique qui règne sous l’apparence démocratique traite les êtres humains comme « la plus importante des matières premières » (Heidegger). A ce titre, ils doivent être le plus possible interchangeables, donc déracinés. L’égalitarisme, qui s’appui sur les forces primitives de la jalousie et de l’envie, est enseigné et propagé dans ce but. L’idéal égalitaire est depuis toujours le moyen privilégié des tyrans pour mettre un peuple en servitude ; il permet de pousser les citoyens à sacrifier leurs libertés au nom de la sacro-sainte égalité.</p>
<p>Pour étudier la configuration de cette idéologie égalitaire, nous allons utiliser les outils intellectuels mis au point par le philosophe Martin Heidegger.</p>
<p><span id="more-125"></span></p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">1/ Le quadriparti</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Heidegger a montré que les hommes vivent dans un « monde » qui donne sens à leur vie. Le monde est dans cet esprit moins un ensemble d’objets qu’un ensemble de significations. Ce qui distingue le plus l’homme de l’animal est sa capacité à configurer des mondes signifiants. L’animal, lui, est très pauvre en monde et la pierre n’a pas de « monde ». Dans « der Ursprung des Kunstwerkes » (l’origine de l’œuvre d’art), Heidegger prend l’exemple du temple grec. Le temple est une « œuvre d’art » : il ne représente rien de ce qui existe dans la nature. Par contre, il déploie un monde de signification dans le cadre de la religion grecque de l’époque. En même temps, qu’il déploie ce monde, il « crée » une patrie. Heidegger utilise les mots de « ciel » et de terre » à la place des mots de monde et de patrie. En même temps, les hommes situés dans ce monde et sur cette patrie, sous ce ciel et sur cette terre, organisent leur cité face aux dieux qui sont en quelque sorte leur miroir idéalisé. On a donc une configuration du réel que Heidegger appelle le « Geviert », le quadriparti, écartelé entre quatre pôles : la terre, le ciel, les hommes et les dieux. Dans ce Geviert, les hommes mènent leur existence qui est bien plus qu’une simple vie biologique.</p>
<p>Ces quatre pôles correspondent aux quatre causes de la métaphysique d’Aristote. La cause matérielle correspond à ce que Heidegger appelle « la terre », c’est-à-dire nos racines biologiques, familiales, nationales et culturelles. La cause formelle correspond à ce qu’il appelle « le ciel », les valeurs qui conduisent notre comportement, la morale, l’idéal, etc.. La cause motrice, ce sont les hommes et la cause finale est la Divinité. Dans le cas du temple grec cité plus haut, la cause matérielle, ce sont les pierres, la cause formelle le plan de l’architecte, la cause motrice, les ouvriers et la cause finale, la religion. Sans ces quatre causes, il n’y a pas de temple.</p>
<p align="center"><strong>Schéma <sup class='footnote'><a href='#fn-125-1' id='fnref-125-1'>1</a></sup></strong></p>
<p align="center"><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-127" title="img-1" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/11/img-1.gif" alt="img-1" width="500" height="400" /></strong></p>
<p>Ce schéma permet des analyses plus complètes que celles qui sont faites habituellement, notamment par les administrations qui ne prennent en compte la plupart du temps que les seules causes matérielles et formelles (le budget à augmenter et les lois à changer ; on néglige les causes motrices (les hommes) et finales (finalités nationales) : cette réduction de la pensée a deux causes sur quatre est typique du mode de pensée dit « technocratique » des gouvernements d’aujourd’hui, qu’ils soient de droite ou de gauche ; cela correspond à la logique du « Gestell »<sup class='footnote'><a href='#fn-125-2' id='fnref-125-2'>2</a></sup>, du dispositif utilitaire arraisonnant qui domine l’être à notre époque.</p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">2/ La figure centrale du Gestell : l’égalitarisme</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Le monde moderne est celui du « Gestell », mot allemand qu’Heidegger utilise pour décrire le monde de « l’arraisonnement utilitaire » des hommes par l’essence de la technique au service de la volonté de puissance. Ce « Gestell » s’est mis en place progressivement surtout à partir de Descartes, puis avec la déification de la raison utilitaire du 18<sup>ème</sup> siècle au 20<sup>ème</sup> siècle. Au 20<sup>ème</sup> siècle, le déchaînement du Gestell s’est traduit par deux guerres mondiales et les régimes totalitaires à prétention « scientifique ». Mais après 1945, nous sommes restés dans le « Gestell ». C’est ce système du Gestell qui conduit selon Heidegger l’Europe à se poignarder en permanence : « cette Europe qui dans un incurable aveuglement, se trouve toujours sur le point de se poignarder elle-même, est prise aujourd’hui dans un étau entre la Russie d’une part et l’Amérique de l’autre. La Russie et l’Amérique sont toutes deux au point de vue métaphysique, <sup class='footnote'><a href='#fn-125-3' id='fnref-125-3'>3</a></sup> la même chose ; la même frénésie sinistre de la technique déchaînée, et de l’organisation sans racines de l’homme normalisé. »<sup class='footnote'><a href='#fn-125-4' id='fnref-125-4'>4</a></sup> L’Union soviétique s’est effondrée en 1989  et nous sommes à présent aux prises avec le seul Gestell sous sa forme occidentale. (la Russie étant ralliée à ce modèle même si c’est sous une forme un peu différente, avec un bémol nationaliste).</p>
<p>Le Gestell a besoin de réduire l’homme à une matière première interchangeable, et donc à le faire vivre dans l’oubli de l’être, comme simple outil fonctionnel : la raison calculatrice au service de la volonté de puissance nihiliste efface l’autre raison, la « raison d’être » ou « raison méditante » qui donne un sens humain au monde. Le constat de Heidegger est sévère, c’est le jugement que l’on peut porter sur le Gestell et son masque idéologique qu’est l’égalitarisme. « La décadence spirituelle de la terre est déjà si avancée que les peuples sont menacés de perdre la dernière force spirituelle qui leur permettrait du moins de voir et d’estimer comme telle cette décadence conçue dans sa relation au destin de l’être. Cette simple constatation n’a rien à voir avec un pessimisme concernant la civilisation, rien non plus avec un optimisme ; car l’obscurcissement du monde, la fuite des dieux, la destruction de la terre, la grégarisation de l’homme, la suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre, tout cela a atteint de telles proportions que des catégories aussi enfantines que pessimisme et optimisme sont depuis longtemps devenues ridicules. »<sup class='footnote'><a href='#fn-125-5' id='fnref-125-5'>5</a></sup> On reconnaîtra les quatre pôles (monde, terre, dieux et hommes) auxquels Heidegger ajoute comme catégorie centrale la haine du libre créateur, ce qui est la marque véritable de l’égalitarisme.</p>
<p>L’égalitarisme est une passion idéologique qui n’a rien à voir avec l’égalité devant la loi. L’égalitarisme est d’ailleurs en général défendu par des oligarchies qui se placent d’emblée au-dessus du peuple avec les privilèges que cela suppose, y compris les passe-droits.</p>
<p>Pour Heidegger, on ne sortira du Gestell que par un « tournant » dans notre attitude à l’égard de l’être (le considérer comme un don et non simplement comme un objet à exploiter). Mais notre sujet pour l’instant est de décrire le monde des idoles qui caractérise ce « Gestell ».</p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">3 / Les quatre idoles de la société du « Gestell »</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Dans ce système, les racines (la « terre » ou la « patrie » selon le vocabulaire de Heidegger) sont remplacées par la technique et sa logique purement fonctionnelle. On gagne en efficacité immédiate mais on perd en humanité. La raison calculatrice efface la pensée « poétique » c’est-à-dire pour Heidegger, créatrice de sens. L’Iliade pour les Grecs ou le Nouveau Testament pour les Chrétiens était ce qui faisait sens et donnait sa cohérence à l’existence, son être en quelque sorte ! L’électricité ou la chirurgie moderne ou le nucléaire, quelque soient leurs bienfaits, n’apporte rien de particulier dans le domaine du « sens de l’existence » ; c’est pourquoi Heidegger a dit : « la science ne pense pas » !</p>
<p>Le ciel, le domaine des valeurs et des idéaux est remplacé par la seule valeur de l’argent et tout est converti en argent. Là aussi, il ne s’agit pas de dénigrer l’argent, pas plus que la technique comme instrument, mais l’argent converti en cause formelle  de toute notre action sur terre. On voit bien ce qui se passe lorsque l’argent devient la norme suprême. La prostitution n’est pas l’amour ! On perd là aussi en humanité et l’existence devient impropre. Dans la grande criminalité, l’argent est le motif supérieur de toute action qu’il s’agisse du trafic de drogue ou d’être humains.</p>
<p>Dans le domaine de la cause motrice, celui des hommes, la masse se substitue à la personne humaine. La personnalité, formée de façon classique par la culture générale, est quelque chose de dangereux pour le système qui a besoin d’être humains normés et interchangeables, donc égaux en inculture (mais très compétents techniquement, bien sûr !) La société du Gestell dispose de l’instrument qui porte bien son nom, les mass media, pour conditionner les esprits et les ramener à une norme médiocre et instrumentalisable. Tout historien sait qu’avant la guerre, il y avait bien plus de liberté de parole en France. Il y avait aussi plus de véritables personnalités qui s’exprimaient dans leur originalité. Il suffit de lire par exemple les débats à l’assemblée nationale avant guerre et aujourd’hui. Les discours sont devenus de plus en plus techniques, convenus et plats. La pression conformiste de la masse a pris l’importance que Tocqueville avait prévue autrefois et qu’il considérait comme une dérive grave de la démocratie en Amérique.</p>
<p>Quant à la cause finale, qui était d’ordre divin dans toutes les sociétés traditionnelles, elle est devenue l’ego lui-même de l’individu. Cet ego est un composé de raison calculatrice et d’instincts reptiliens au détriment du cerveau intermédiaire, siège de l’affectivité et de l’identité personnelle. Les caprices de l’ego deviennent en quelque sorte sacrés et quiconque s’y oppose est un réactionnaire « fasciste » qui devra répondre devant les tribunaux. C’est ainsi que le député de Tourcoing, Vanneste, qui est agrégé de philosophie par ailleurs a été condamné en première instance puis en appel pour avoir osé dire que l’homosexualité avait moins de valeur que l’hétérosexualité du point de vue de l’humanité <sup class='footnote'><a href='#fn-125-6' id='fnref-125-6'>6</a></sup>. Il s’était fondé sur Kant pour qui une règle morale se reconnaît à ce qu’elle est universalisable. Le vol, par exemple, n’est pas moral car si tout le monde vole, la société n’est plus viable. Or si tout le monde devient homosexuel, l’humanité va disparaître : ce n’est donc pas universalisable donc sa valeur morale est nulle. Vanneste a été condamné pour propos discriminatoires donc attentatoire aux valeurs de l’égalitarisme mais aussi parce son propos risquait de mettre des bornes aux caprices de l’ego, ce qui est inadmissible dans le « Gestell » où l’homme est une matière première et ne doit donc pas être sujet à des contraintes autres que celles qui permettent de le rendre utile comme matière première de l’économie !</p>
<p>Le Gestell est donc un système où règnent quatre idoles : la technique, l’argent, la masse et l’ego. On connaît tous des individus dont les intérêts se limitent à cela. Entendons nous bien : il ne s’agit pas de décrier la technique, l’argent, voire même la masse et l’ego. Ce sont des réalités nécessaires, et qui ont leur côté bénéfique. Ce qui est inquiétant et dangereux pour l’humanité même de l’homme <sup class='footnote'><a href='#fn-125-7' id='fnref-125-7'>7</a></sup>, c’est d’en faire des idoles et des absolus, et d’éliminer les valeurs qui devraient coexister avec ces réalités et les circonscrire.</p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;">Schéma du « Gestell »</span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="text-decoration: underline;"><img class="aligncenter size-full wp-image-128" title="img-2" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/11/img-2.gif" alt="img-2" width="500" height="400" /><br />
</span></strong></p>
<p align="center">
<h2><span style="text-decoration: underline;">4/  les quatre masques idéologiques du « Gestell »</span></h2>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Naturellement, la nature du Gestell est masquée à l’homme. Le schéma ci-dessus n’est avoué que par quelques esprits cyniques tel ce directeur de chaîne télévisée en France qui disait à peu près qu’il vendait de l’espace mental préfabriqué à ses clients.</p>
<p>Ainsi, officiellement, le régime n’avoue pas que la raison calculatrice (qui fonde l’esse,ce de la technique) est son socle métaphysique sans racines : cette réalité est masquée par l’idée de « progrès » sur lequel on ne revient pas ! Dans l’Union soviétique, on appelait cela « l’avenir radieux » ! On veut nous persuader exactement comme dans les sociétés communistes qu’il y a une nécessité historique du progrès, lequel est défini de façon arbitraire mais toujours en connexion avec l’égalitarisme : la parité hommes/ femmes serait par exemple un de ces « progrès » ou bien la « diversité ethnique » : ce sont des dogmes qui ne se discutent pas, et tant pis pour la démocratie affirmée de façon mensongère par ailleurs ! L’antiracisme joue d’ailleurs la même fonction de « progrès » au service du Gestell : rendre les hommes déracinés et interchangeables. Le mythe du « progrès justifie tous les laxismes, la facilité, le nivellement et la primauté du cerveau reptilien !</p>
<p>Le régime n’admet pas que l’on dise que l’argent est sa norme suprême. Ce fait bien réel est masqué par l’égalitarisme : on va d’ailleurs supprimer tout ce qui distingue les individus sauf l’argent. Vous pouvez sélectionner les hommes par l’argent (en recrutant une femme de ménage à un salaire double de la normale, toujours possible à justifier en raison de qualifications spéciales, par exemple parler le Russe) mais vous ne pouvez pas recruter pour votre grand-mère une dame de compagnie de race blanche ou même chrétienne : ce serait discriminatoire et condamnable au pénal !</p>
<p>Le régime n’avouera pas qu’il fait la promotion de la masse au détriment de la personnalité : mais c’est bien ce qu’il fait lorsqu’il se fixe des objectifs du genre : tout le monde doit avoir le bac ! On favorisera sans le dire la baisse de niveau, la facilité, les goûts vulgaires de la foule au nom de l’égalité. Le sociologue d’extrême gauche Bourdieu n’avait-t-il pas condamné la « distinction » au motif que c’était selon lui un motif de discrimination des bourgeois contre le peuple ? On pourrait trouver bien d’autres exemples. L’oligarchie n’a pas besoin de citoyens lucides et responsables : ce serait dangereux pour elle ; elle a besoin d’une masse passive et conformistes de citoyens spectateurs : c’est bien pourquoi elle s’est toujours opposée à l’introduction dans notre pays de la démocratie directe à la Suisse !.</p>
<p>Enfin, il importe de remplacer la divinité et toute forme de sacré par l’ego. Là, Freud a joué un grand rôle. Plus les citoyens sont isolés par leur égoïsme, moins ils sont dangereux pour l’oligarchie. Le régime condamne le moindre écart de langage considéré comme discriminatoire mais est une tolérance immense pour la pornographie. Plus l’individu s’enferme dans les plaisirs immédiats, panem et circenses, moins il se mêlera des affaires de l’Etat. La primauté de l’ego est flatteuse et aboutit à abrutir le peuple de façon à ce qu’il ne puisse plus opposer de résistance. Toutefois, il ne faut pas officiellement avouer cette primauté donnée à l’ego : il est bien préférable de masquer cette réalité par l’idéologie des droits de l’homme.</p>
<p>Cette idéologie va bien au delà de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 adoptée alors que la France était encore une monarchie, on l’oublie trop souvent. Il s’agit des droits de l’homme comme instrument de destruction des normes dites « bourgeoises », ces droits de l’homme que Staline avaient volontiers signé lors de la fondation de l’ONU ! Il s’agit des « droits de l’homme » instrumentalisés pour empêcher la nation de se défendre elle-même, dans les questions d’immigration par exemple. Il s’agit de droits « catégoriels » donnant des privilèges à tel ou tel groupe de citoyens au détriment par exemple de la liberté d’expression ! (affaire Vanneste citée plus haut ). Il s’agit des droits dit « sociaux » qui sont des créances sur la société et qui vont justifier l’intervention de l’Etat pour accroître la pression fiscale et réduire les libertés des citoyens (droit à l’emploi, au logement, aux loisirs, que sais-je : qui paiera ?)</p>
<h2><span style="text-decoration: underline;">5/ Conséquences réelles du Gestell : retour à la barbarie</span></h2>
<p><DIV style="BORDER-TOP: #cccccc 3px dotted"></DIV></p>
<h5>Notes de bas de page</h5>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-125-1'>On trouve ce type de schémas dans « l’introduction à la métaphysique » de Heidegger ; tel ; Gallimard <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-2'>Voir la deuxième conférence de Brème de Heidegger : la question de la technique in « Essais et Conférences » ; tel ; Gallimard <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-3'>Et non politique ! <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-4'>Introduction à la métaphysique, op cit p. 49 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-5'>Ibidem, page 49 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-6'>Il a gagné en Cassation <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-6'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125-7'>Voir Martin Heidegger ; « lettre sur l’humanisme » ; Aubier ; 1983  pour la troisième édition <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125-7'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Le système oligarchique : conférence le 14/09/09</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 07:57:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Blot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine conférence, se tiendra le :




Le lundi 14 septembre 2009 à 19H 30
A l’Hôtel Néva (rez-de-chaussée)
14 rue Brey – 75017 PARIS (près de l’étoile)
Thème général :
 Le Système oligarchique ;
comment il nous domine et comment s’en libérer !



Vous trouverez ci-dessous le thème et la liste des conférences [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-122" title="insoc-1" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/09/insoc-1.jpg" alt="insoc-1" width="600" height="397" />J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine conférence, se tiendra le :</p>
<table style="border-collapse:collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="14" width="100%" bgcolor="#F2F1F1">
<tbody>
<tr>
<td style="border-width: 2px; border-color: #000; border-style: dashed;" width="80%">
<p style="text-align: center;"><strong>Le lundi 14 septembre 2009 à 19H 30</strong><br />
A l’Hôtel Néva (rez-de-chaussée)<br />
14 rue Brey – 75017 PARIS (près de l’étoile)</p>
<p style="text-align: center;">Thème général :<br />
<strong> Le Système oligarchique ;<br />
comment il nous domine et comment s’en libérer !</strong></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Vous trouverez ci-dessous le thème et la liste des conférences pour l’année. Elles auront toutes lieu le lundi à 19h30, à l’hôtel Néva.</p>
<p>A bientôt et bien amicalement</p>
<p>Yvan BLOT</p>
<h1>Conférence inaugurale le 14 septembre 2009</h1>
<p>Le thème de la conférence inaugurale, comme vous l’avez constaté sera :</p>
<p>Notre démocratie de façade cache une oligarchie ;</p>
<p>Origine historique de cette situation</p>
<p>Voici la thématique qui sera abordée le 14 septembre :</p>
<p>L’histoire de l’humanité est en grande partie l’histoire de ses classes dirigeantes. Dans toutes les sociétés sauf les sociétés très primitives, des classes dirigeantes sont apparues (Spencer) et ont cherché à justifier leur domination, en général avec succès. Ce succès reposait principalement sur leurs prestations, protéger la société du désordre intérieur et des ennemis extérieurs, notamment.</p>
<p>Très tôt, les anciens philosophes grecs perçurent que les dirigeants pouvaient rechercher leur intérêt propre et trahir le bien commun. La classification classique des régimes politiques d’Aristote vient de là : la monarchie vise le bien commun à l’inverse de la tyrannie. L’aristocratie vise le bien commun à l’inverse de l’oligarchie. Dans le langage actuel, la démocratie (Aristote disait : politeia que l’on traduit par république) vise le bien commun, ce qui n’est pas le cas du gouvernement démagogique.</p>
<p><span id="more-110"></span></p>
<p>Plusieurs critères permettent de distinguer les élites dévouées au bien commun et celles qui ne le sont pas :</p>
<p>Les propriétaires, rois ou aristocrates, ont une vision à long terme de la gestion de leurs biens, ce qui est beaucoup moins le cas des gérants salariés nommés pour une période courte. A l’heure actuelle, ce sont les gérants salariés, les « managers » qui gouvernent non seulement l’Etat mais aussi la plupart des grandes entreprises et les médias. C’est le règne de l’intérêt à court terme.</p>
<p>Un deuxième critère peut être le caractère plus ou moins « héroïque » des gouvernants, c&#8217;est-à-dire leur capacité à se sacrifier eux-mêmes pour autrui. Cette capacité est plus grande, par vocation même, chez les religieux ou les militaires, ou encore chez les savants ou professeurs amoureux de la vérité ou les juges et policiers amoureux de la justice.</p>
<p>Autrefois, l’aristocratie occupait les postes supérieurs de l’Etat. Elle n’avait pas que des mérites mais elle avait celui d’être d’essence militaire : le soldat est prêt à mourir, à donner sa vie pour son roi ou son pays. L’éthique du sacrifice ne lui était pas étrangère. Les gouvernants actuels ont une éthique de carrière bien différente.</p>
<p>Au vingtième siècle, on peut dire que les aristocraties ont été remplacées par des oligarchies. Ce n’est pas la version de l’histoire officielle car les oligarchies ont prétendu se battre pour la démocratie. On fait croire aux foules occidentales qu’elles vivent en démocratie, laquelle aurait remplacé les monarchies d’autrefois et leurs aristocraties nobiliaires. En réalité, nous vivons en oligarchies sous le nom de démocraties dites « représentatives ». Essayez donc d’être candidat à une élection sans être membre d’un parti politique puissant : votre chance de vous faire élire est nulle ! Essayez donc de proposer une loi sur un sujet qui vous est cher. Il n’y a aucune procédure pour cela sauf dans les rares pays qui pratiquent la démocratie directe : la Suisse  et l’Italie, au niveau national et local, l’Allemagne et l’ouest des Etats-Unis, au niveau local seulement (Il faut lui ajouter la petite monarchie constitutionnelle du Liechtenstein, seul exemple d’un régime qui concilie monarchie réelle et démocratie directe).</p>
<p>Les vraies démocraties sont aujourd’hui celles qui combinent démocratie directe et démocratie représentative.</p>
<p>Pour les démocraties purement représentatives, le bilan n’est pas bon. Des études économiques très poussées, notamment du professeur suisse Kirchgässner, ont montré que les pays à démocratie directe ont des impôts 30%  plus faibles, des dépenses publiques 30%  plus réduites et une dette publique 50%  plus faibles que les démocraties représentatives. Le PNB est plus élevé en moyenne.</p>
<p>De plus, du point de vue politique, les démocraties directes satisfont leurs citoyens (80%  des Suisses sont satisfaits de leurs institutions. Dans les démocraties purement représentatives comme la France, les citoyens n’ont absolument pas le sentiment d’avoir une influence sur la politique de leur pays. Ils ne peuvent pas initier de référendums. Ils peuvent élire les députés présentés et sélectionnés par les grands partis politiques et c’est tout. Les programmes des partis se ressemblent de plus en plus. Le citoyen n’a plus guère de choix. D’après une enquête lourde menée par les politologues Bréchon et Tchernia, 40%  des Français font encore confiance au parlement, autant pour les syndicats et 18%  seulement font confiance aux partis politiques. Les Français n’ont pas l’impression que l’on gouverne en fonction des préoccupations et des intérêts du peuple.</p>
<p>Pour redonner du sens à la démocratie, il faut prendre conscience du caractère oligarchique du pouvoir actuel, qui est le pouvoir de gérants à court terme (rien à voir avec la gestion de vrais propriétaires). Il faut contrôler ces gérants : une seule voie pour cela : la démocratie directe.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-123" title="insoc-2" src="http://www.insoc.fr/wp-content/uploads/2009/09/insoc-2.jpg" alt="insoc-2" width="600" height="455" /></p>
<table style="border-collapse:collapse;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="14" width="100%" bgcolor="#F2F1F1">
<tbody>
<tr>
<td style="border-width:2; border-color:#3366ff; border-style:dashed;" width="80%">
<h2 style="text-align: center;">Programme 2009-20010</h2>
<p><strong>14 septembre 2009 :</strong><br />
Notre démocratie de façade cache une oligarchie ; origine historique du système</p>
<p><strong>19 octobre 2009 :</strong><br />
La façon dont l’oligarchie traite les hommes : une matière première</p>
<p><strong>16 novembre 2009 :</strong><br />
Les valeurs cardinales du système : la technique, l’argent, la masse, l’ego</p>
<p><strong>14 décembre 2009 :</strong><br />
L’enlaidissement du monde, matériel et moral</p>
<p><strong>Janvier 2010 :</strong><br />
L’autodestruction à terme du système : l’économie du court terme ; la spirale de la mort (crise de la famille et le déclin démographique)</p>
<p><strong>Février 2010 :</strong><br />
L’idéologie de justification du système oligarchique : droit de l’hommisme, égalitarisme, pseudo démocratie ; mythes et réalités</p>
<p><strong>Mars 2010 :</strong><br />
Sociologie politique du système dans sa réalité : les composantes de la classe oligarchique ; la dictature des oligarques et le conditionnement médiatique</p>
<p><strong>Avril 2010 :</strong><br />
Les forces de résistance au système : héros et victimes ; leur expérience, base pour une future résistance populaire</p>
<p><strong>Mai 2010 :</strong><br />
Trois contrepoisons face à l’idéologie du système : l’information expérimentale contre le mimétisme médiatique ; la philosophie existentielle ; la réaffirmation de la souveraineté nationale.</p>
<p><strong>Juin 2010 :</strong><br />
La juste revendication de la démocratie directe</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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