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6ème conférence: L’idéologie de justification de l’oligarchie

16 février 2010
par Yvan Blot

 

6ème conférence : L’idéologie de justification de l’oligarchie

 Les oligarques qui règnent sur le « Gestell », et qui ne poursuivent d’autre objectif que la puissance pour la puissance, sont bien obligés de trouver une justification de leur pouvoir. C’est là, selon Heidegger, le rôle des « idées » et des « valeurs » affirmées de façon subjective et arbitraire car elles n’ont pas de fondement dans l’être.

 Le Gestell ou « dispositif utilitaire » a remplacé ce monde dans lequel nous habitions par un im-monde fondé sur 4 idoles : l’ego, l’argent, la masse et la technique. Cela donne le schéma ci-dessous :

Argent

                                                                                             Ego  ←  im-monde    → Masse

Technique

  1.  Les hommes font de ces quatre choses (l’ego, l’argent, les masses, la technique) des idoles. Mais les hommes du dispositif utilitaire (nos contemporains tombés dans l’oubli de l’être) ne sont pas conscients véritablement d’avoir adopté ces quatre idoles. Il est vrai qu’ils méditent peu et se consacrent à poursuivre les idoles sans réfléchir au sens de leur vie. Le dispositif utilitaire fait tout par ailleurs pour empêcher cette prise de conscience. Les quatre idoles sont donc masquées par un habillage idéologique qui a pour but de faire perdre au citoyen la conscience de son être véritable afin qu’il soit une véritable « matière première » pour l’économie etla politique : consommateur ou électeur interchangeable.

 L’habillage (les soi-disant « valeurs ») qui permet de justifier le pouvoir des oligarques qui gouvernent l’Occident correspond au schéma ci-dessous :

 

 Egalitarisme

                                                      Droits de l’hommisme  ← justification →  gouvernance dite démocratique

Progrès

 Nous touchons là aux dogmes « sacrés » de notre société dite laïque et moderne qui s’identifie au dispositif utilitaire.

 1/ L’idéologie du « progrès »

 Quoi de plus « sacré » pour le monde actuel que le « progrès » fondé sur les techniques et les sciences ? On a oublié la prédiction de Nietzsche juste avant les deux guerres mondiales et la terreur des totalitarismes : « un monde de barbarie s’avance et la science se mettra à son service ». Les communistes notamment étaient persuadés d’avoir une vision « scientifique » de l’histoire et de la politique. Que leur « science » soit fausse ne change rien au fait qu’ils en aient fait une idole.

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KOINON l’essence du communisme

1 janvier 2010
par Yvan Blot

 

L’essence du communisme

Présentation du texte « Koinon »

Le texte présenté ici du philosophe existentiel Heidegger de façon inédite en français est vraiment extraordinaire au sens plein du terme. Il s’intitule « Koinon » du mot grec qui veut dire  « communauté » Aucun autre texte, à notre connaissance, ne pénètre aussi profondément l’essence du régime communiste. Il montre comment le communisme a pu naître de la démocratie, ce qui surprend toujours l’amateur d’histoire. Il montre les racines communes au totalitarisme et à la démocratie, ce qui a permis un jour à Heidegger de dire : l’Union soviétique et les Etats-Unis sont métaphysiquement semblables, formule qui dans un premier temps peut scandaliser.

 Politiquement, sociologiquement, idéologiquement, l’URSS n’a jamais été semblable à l’Amérique et Heidegger le sait autant que nous. Mais métaphysiquement, il en est autrement. Qu’est ce que la métaphysique ? C’est la question qui porte sur l’être de tout ce qui existe (tout ce qui existe s’appelle « l’étant »). L’essence de l’histoire du monde moderne actuel, son être, est, selon Heidegger, la poursuite de la puissance pour la puissance dans un monde déserté par la Divinité. Dans ce monde, le « moi » est devenu l’idole suprême et la volonté de puissance du moi est donc ce qui est déterminant. Dans un tel monde, la politique, liée à la puissance prend un rôle envahissant.

 La puissance ne tolère le monde (réduit à l’état d’objet) que s’il est utilisable pour elle. Il en est de même de l’homme. La mobilisation implique que tous soient interchangeables d’où l’importance de l’idéal égalitaire : il permet de détruire ce qui empêche les hommes d’être interchangeables : les identités nationales, religieuses, ethniques, voire familiales ou sexuelle (le différence entre l’homme et la femme) sont autant d’obstacles.

 La politique prétend être l’incarnation suprême du destin des hommes, dans la mesure où elle est l’outil privilégié de la puissance. Cet état de chose est caché aux hommes à qui l’on fait croire que c’est le peuple qui est souverain. Comme l’écrit Heidegger : «  en réalité, la puissance n’est dans les mains de personne mais on prétend qu’elle est dans les mains de tous.

On croit naïvement que le dictateur totalitaire agit selon son bon plaisir : c’est faux. Il exécute les exigences de sa puissance. »

 C’est ce qui explique que les relations entre les dirigeants communistes ne sont pas fraternelles, ce que prétend l’idéologie. Chacun craint la perte du pouvoir et la peur règne dans la nomenklatura. L’homme, y compris le chef, n’est que l’exécutant de la prise du pouvoir par l’être de l’étant qui est volonté de puissance pour la puissance.

 D’où cette phrase terrible de Heidegger : « ce serait sous-estimer le communisme que de le concevoir comme un désir humain de vengeance, de bonheur ou de violence pure. La réalité est bien plus inquiétante car le communisme n’a en fait rien d’humain ». Toute résistance à la puissance doit être éliminée d’où la violence du régime : c’est la le fondement métaphysique de cette violence. Le discours idéologique masque l’essence de cette réalité. Or c’est un discours qui se veut « démocratique ». Le processus censé libéré l’homme mais qui en réalité assujettit l’homme à la puissance est celui de la « révolution ».

 Le nazisme comme totalitarisme n’est pas différent du communisme sauf que l’idéologie de justification est différente. Il n’utilise pas le mot de « démocratie » mais trouve pourtant bien sa légitimité dans la volonté du peuple, d’où l’importance des plébiscites. D’ailleurs Hitler, à l’inverse des communistes soviétiques à l’issue de la Révolution de 1917, a été élu démocratiquement et il s’en flatte.

 Là où les choses deviennent plus délicates, c’est que Heidegger montre que les démocraties occidentales ne sont pas indemnes face à cette machination de la puissance comme essence de l’histoire moderne. C’est tout l’Occident qui se fonde, même sans le savoir, sur une métaphysique qui fait du Sujet le centre du monde. Cela remonte à Descartes pour qui « je pense donc je suis ». Pour Heidegger, c’est parce que je suis d’abord, que je pense ensuite. L’être est primordial. La pensée humaine n’existe que parce qu’il y a de l’être.

 La démocratie, bien sûr, se dit non totalitaire car pluraliste. Mais elle prétend incarner la moralité, au dessus même du droit naturel. L’acceptation d’un droit naturel est une limite imposée à la démocratie par une tradition chrétienne laïcisée.

 Celle-ci ne connaît en principe d’autre autorité que la volonté du peuple. Comme l’écrit Heidegger : «  on fait comme si la puissance était dans les mains du peuple. Cette apparence est nécessaire au déploiement de la puissance politique. L’apparence politique est cultivée par les gouvernants comme par les gouvernés. » Ce mensonge est plus patent dans les dictatures dites « démocratiques » ou se réclamant du peuple (dictatures du  XXème siècle) que dans les démocraties mais il existe aussi dans celle-ci.

 Les démocraties ne vont pas, contrairement au communisme jusqu’au bout de cette logique de la puissance. C’est pourquoi elles préservent certaines libertés. Mais leurs dirigeants sont soumis à la logique de la recherche de la puissance en soi, d’où la décadence des idéologies. La puissance en soi s’exprime plus par l’argent que par le pouvoir physique. L’acquisition de la puissance pour la puissance par l’argent nécessite la mobilisation des hommes dans des processus de massification : production de masse, consommation de masse, mass media. Le processus est très différent de celui du régime communiste mais on saisit bien les ressemblances déjà remarquées dans les années 1950-1960 par ce libéral lucide et sceptique qu’était Raymond Aron, à la suite de Tocqueville.

 Dans un tel schéma métaphysique, le souci de l’homme est largement évacué. Non pas que l’on ne fasse pas « d’humanitaire », car l’humanitaire améliore l’image et conforte la puissance, mais l’homme est réduit à une matière première de l’économie, à une « ressource humaine » au service du « dispositif utilitaire » que Heidegger appelle le « Gestell ».

 Le Gestell est ainsi structuré :      argent (relativisme des valeurs)

               Idolâtrie du Moi    ← Gestell → massification des hommes

Technique

 

Heidegger ne veut pas dire que le moi, l’argent, la technique, la masse, sont sans importance mais que le moi s’est substitué à la Divinité, l’argent aux valeurs transcendantales (vrai, beau et bien), la masse aux personnes humaines et la technique à l’art d’habiter la terre. Nous sommes donc dans « l’oubli de l’être » qui conduit les hommes à mener des vies « inauthentiques ».

 A ce monde dominé par le Gestell dont l’être est la puissance pour la puissance, Heidegger oppose un nouveau commencement où l’homme occidental surmontera la métaphysique « moderne ». Ce nouveau commencement se caractérise par un retour du Sacré. L’homme n’est plus conçu comme « ressource humaine » c’est-à-dire la première des matières premières, conception utilitaire dérivée de l’homme vu comme « animal rationnel ».

 Cet humanisme actuel ramène en effet l’homme à un animal dont il faut satisfaire les besoins par le calcul qui permet de maîtriser le monde : telle est la conception du monde moderne (et pas seulement des communistes qui sont une fraction de ce monde moderne). Pour Heidegger, l’homme dans son essence est bien plus que cela car il prend ses distances par rapport aux choses et se situe dans l’histoire contrairement à l’animal. Il est donc créateur et en cela plus proche de la Divinité que de l’animal.

 L’homme conscient de son essence d’existant tragique (existant donc créateur, tragique car mortel) est donc apte à être selon Heidegger « le berger de l’être », plutôt que le maître de l’étant (l’exploitant de tout ce qui existe considéré comme un stock). Il ménagera alors le « quadriparti », c’est-à-dire le monde dans ses quatre dimensions issues d’Aristote : les racines , l’idéal, la Divinité et l’homme. On sera alors sorti non seulement du communisme mais de la métaphysique dite moderne qui aura permis son existence et sur laquelle repose la pseudo-démocratie dans laquelle nous vivons.

 Yvan BLOT

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Quatrième conférence : L’enlaidissement du monde

26 décembre 2009
par Yvan Blot

   Quatrième conférence : 

 L’enlaidissement du monde (matériel et moral)

 L’enlaidissement du monde est une conséquence de la prise du pouvoir par le « Gestell » et ses oligarques. Celui-ci, selon Heidegger, est « le dispositif d’arraisonnement utilitaire ». Dans ce dispositif qui fait des hommes ses matières premières sans qu’ils en soient très conscients, le « fonctionnel » et non le Beau, domine les préoccupations. L’état d’esprit est d’exploiter le monde, non de l’aimer.

 A vrai dire, l’homme s’est toujours tourné vers ce qui est utile, mais cela n’excluait pas une démarche poétique associée. Ainsi, des aviateurs de la première guerre mondiale parmi les meilleurs allaient saluer en battant des ailes la tombe d’un aviateur ennemi tombé au champ d’honneur. Ce n’était pas « utile » mais c’était beau. Les deux ne s’excluaient pas. Dans le « Gestell », l’utile envahit tout et le beau est marginalisé, quand il n’est pas détruit. Beaucoup de villes de banlieue traduisent cet état d’esprit dans leur architecture. Le but n’est pas le bien être de l’habitant mais l’obéissance à des normes administratives et financières qui déterminent le type d’architecture adoptée. Lorsque l’architecte a une marge de manœuvre pour l’esthétique, il va faire prévaloir sa volonté de puissance et son subjectivisme, et non les goûts des futurs habitants où des références à des racines communes pourraient être évoquées.

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La façon dont l’oligarchie traite l’homme : une matière première

23 novembre 2009
par Yvan Blot

oligarchieLes régimes politiques qui dominent à présent l’Occident sont des oligarchies, bien plus que des démocraties, la Suisse étant sans doute la seule véritable exception. Mais qu’est-ce qu’une oligarchie ? Relisons à ce sujet Aristote. Dans le monde moderne toutefois, l’oligarchie gouverne selon une logique nouvelle qui est celle du « Gestell », de l’arraisonnement utilitaire, selon la formule de Heidegger. La logique du Gestell conduit à traiter l’homme comme la plus précieuse des matières premières, et à rendre autant que possible tous les hommes interchangeables, en mobilisant pour cela les ressources des passions égalitaires. Enfin, pour achever le processus de domination oligarchique, il faut éliminer l’obstacle de la  démocratie au profit d’une « gouvernance » de soit disant experts, tout en gardant la fiction de la démocratie pour désarmer les oppositions. Il faut alors voir s’il est possible de se libérer de cet engrenage fatal. lire la suite…

Les valeurs cardinales du Système

23 novembre 2009
par Yvan Blot

oligarchieConférence N° 3 de l’INSOC du 15 novembre 2009

Nous avons vu que le système oligarchique qui règne sous l’apparence démocratique traite les êtres humains comme « la plus importante des matières premières » (Heidegger). A ce titre, ils doivent être le plus possible interchangeables, donc déracinés. L’égalitarisme, qui s’appui sur les forces primitives de la jalousie et de l’envie, est enseigné et propagé dans ce but. L’idéal égalitaire est depuis toujours le moyen privilégié des tyrans pour mettre un peuple en servitude ; il permet de pousser les citoyens à sacrifier leurs libertés au nom de la sacro-sainte égalité.

Pour étudier la configuration de cette idéologie égalitaire, nous allons utiliser les outils intellectuels mis au point par le philosophe Martin Heidegger.

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Le système oligarchique : conférence le 14/09/09

11 septembre 2009
par Yvan Blot

insoc-1J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine conférence, se tiendra le :

Le lundi 14 septembre 2009 à 19H 30
A l’Hôtel Néva (rez-de-chaussée)
14 rue Brey – 75017 PARIS (près de l’étoile)

Thème général :
Le Système oligarchique ;
comment il nous domine et comment s’en libérer !

Vous trouverez ci-dessous le thème et la liste des conférences pour l’année. Elles auront toutes lieu le lundi à 19h30, à l’hôtel Néva.

A bientôt et bien amicalement

Yvan BLOT

Conférence inaugurale le 14 septembre 2009

Le thème de la conférence inaugurale, comme vous l’avez constaté sera :

Notre démocratie de façade cache une oligarchie ;

Origine historique de cette situation

Voici la thématique qui sera abordée le 14 septembre :

L’histoire de l’humanité est en grande partie l’histoire de ses classes dirigeantes. Dans toutes les sociétés sauf les sociétés très primitives, des classes dirigeantes sont apparues (Spencer) et ont cherché à justifier leur domination, en général avec succès. Ce succès reposait principalement sur leurs prestations, protéger la société du désordre intérieur et des ennemis extérieurs, notamment.

Très tôt, les anciens philosophes grecs perçurent que les dirigeants pouvaient rechercher leur intérêt propre et trahir le bien commun. La classification classique des régimes politiques d’Aristote vient de là : la monarchie vise le bien commun à l’inverse de la tyrannie. L’aristocratie vise le bien commun à l’inverse de l’oligarchie. Dans le langage actuel, la démocratie (Aristote disait : politeia que l’on traduit par république) vise le bien commun, ce qui n’est pas le cas du gouvernement démagogique.

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Heidegger face à Freud : l’homme est-il plus qu’un animal ?

18 juillet 2009
par Yvan Blot
Martin Heidegger

Martin Heidegger

Faire répondre à Freud par Heidegger peut sembler étrange car il n’y a pas eu, semble-t-il, de contacts entre ces deux hommes. Toutefois, un article est sorti dans la revue américaine « Political Psychology » intitulé « Heidegger and Freud » montrant qu’Heidegger a discuté avec de nombreux psychanalystes suisses, reprochant à ces derniers leur vision positiviste et mécaniciste de l’homme. Par ailleurs, le psychanalyste suisse Ludwig Binswanger, correspondant de Freud, s’est éloigné de la psychanalyse sous l’influence de Heidegger pour développer la « daseinsanalyse » ou « analyse existentielle ». Il traite le positivisme scientiste de Freud (qui repose sur la scission sujet-objet) de « cancer de la psychiatrie ».

Il nous semble qu’opposer Heidegger à Freud est pertinent car Freud voit dans l’homme essentiellement un animal alors que Heidegger voit « l’essence » de l’homme comme totalement étrangère à celle de l’animal. Pour Heidegger, l’homme est capable de prendre du recul par rapport aux objets immédiats, il est « ouvert à l’être » et il sait à l’avance qu’il va mourir. L’animal est « pauvre en monde » : il ne voit du monde que ce que ses instincts lui permettent de percevoir. Au contraire, l’homme est non seulement « être au monde », riche en monde mais encore mieux : créateur de monde. En cela, l’homme est proche du Divin.

Freud a beaucoup inspiré le mode de vie matérialiste et hédoniste de l’Occident moderne. Or, Heidegger condamne ce mode de vie de la façon la plus nette : il le considère comme « inauthentique » car fondé sur « l’oubli de l’être » au profit d’un utilitarisme totalitaire. Pour Heidegger, l’homme moderne tourne en rond dans une vie sans signification, polarisée par quatre « idoles » : la technique, l’argent, la masse et l’ego. Le plaisir de l’ego est la « cause finale » du comportement moderne. L’argent et la technique sont au service de l’ego mais cet ego, à la fois orgueilleux et sans consistance, se perd dans la mode, le prêt à penser, le « on » (je pense comme « on » pense), bref, la masse ! C’est la fin de toute personnalité authentique. L’homme n’est plus humain : il n’est guère qu’une matière première pour l’économie (« une ressource humaine ») : affreuse expression qui ravale l’homme au rang du pétrole !). Pour bien jouer ce rôle de « matière première », il doit être interchangeable : foin des races, des nations, des familles et des lignées, des traditions culturelles qui pourraient être un obstacle à ce caractère interchangeable des hommes voués à l’utilitarisme ! C’est pour cette raison, outre la jalousie fortement ancrée au cœur de l’homme, que l’égalitarisme est si populaire dans la pseudo-démocratie[1] d’aujourd’hui !

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Freud et la révolution des années soixante en Occident

18 juillet 2009
par Yvan Blot

Sigmund Freud

Sigmund Freud

Après le prophète de la révolution religieuse Voltaire, le prophète de la révolution politique, Rousseau, le prophète de la révolution économique et sociale, Marx, nous avons le prophète de la révolution de la morale et du sexe, Freud.

Rousseau et Marx ont engendré des révolutions totalitaires qui ont conduit à des crimes de masse. Il n’en est pas ainsi de Freud, mais ses épigones ont réussi à provoquer une révolution « silencieuse » comme on dit au Québec, dans les années soixante, dont les conséquences sont si graves qu’elles peuvent entraîner la mort démographique, donc la mort tout court, de l’Occident et des peuples blancs (j’ose le terme puisqu’on parle de peuple noir sans provoquer de scandale semble-t-il) . C’est sans doute Freud le plus actuel de nos quatre faux prophètes et son influence explique largement les particularités de la désagrégation sociale développée dans les années soixante.

Qui fut ce Schlomo Sigismund Freud, né en 1856  à Freiberg, aujourd’hui Pribor, en république tchèque, et mort à Londres par suicide assisté en 1939 ? Le père de Freud était un commerçant juif ruiné en 1859 ; La Famille, très religieuse, s’installe à Vienne. Freud y fait ses études. Au lycée, il lit Feuerbach et conservera de ses lectures de profondes convictions matérialistes, athées et scientistes. Il fait des études de médecine. Il traduit en 1880 quatre essais de Stuart Mill, le libéral anglais à tendances sociales. En 1882, il épouse Martha Bernays, la fille du grand rabbin de Hambourg. Il devient médecin et Breuer l’intéresse à un cas d’hystérie. En 1885, il soigne à la cocaïne son ami Fleischl qu’il intoxique gravement. Il va voir Charcot à Paris pour suivre des cours. En 1895 avec Breuer, il publie des études sur l’hystérie à Vienne. Il rédige l’esquisse d’une psychologie scientifique et adresse à Fliess un schéma sur la sexualité.

En 1895 encore, il adhère à l’association maçonnique juive B’nai B’rith. Il semble que cette société l’ait beaucoup aidé d’après l’allocution de lui qui fut lue par son frère le 6 mai 1926, à la loge « Vienne », Freud étant malade. Freud prononça entre 1897 et 1917  vingt et une conférences aux B’nai B’rith, notamment sur les rêves et l’inconscient mais aussi sur Emile Zola et Anatole France. Voici quelques citations de son allocution de remerciements de Freud aux B’nai B’rith publiée dans les œuvres complètes (volume 18) parues en français  aux PUF à Paris. Freud leur est d’une grande reconnaissance et s’explique ainsi : « d’une part, j’étais parvenu pour la première fois à pénétrer dans les profondeurs de la vie pulsionnelle humaine (..) d’autre part, la communication de mes découvertes déplaisantes eut pour résultat de me faire perdre la plus grande partie de mes relations humaines d’alors ; je me sentais comme proscrit, évité de tous. Dans cet esseulement s’éveilla en moi le désir d’un cercle d’hommes choisi, à l’esprit élevé, qui m’accueilleraient amicalement en dépit de ma témérité. Votre association me fut désignée comme le lieu où pouvaient se trouver de tels hommes. »

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